• DERNIÈRE MINUTE n° 44 – Où la sorcière aux dents vertes à encore empêché l’entrevue !

    De Santiago du Chili :

    L’entretien privé que le président de la République française avait réservé à M. Francisco Lopez pour dimanche à 14h 30, au fort de Brégançon, a été, une fois de plus, voué à l’échec. Pourtant soucieux d’être exact au rendez-vous, M. Francisco Lopez, seul au volant d’une 2 CV grand sport, aimablement prêtée par l’ambassade, avait pris le départ à 6h 45 pile. Il s’était tout à fait normalement engagé sur la nationale 7, puis, à la suite d’une manœuvre inexplicable, s’est perdu dans la banlieue de Lyon, est reparti au pifomètre pour se retrouver, après d’incroyables détours, dans un village de montagne proche de Briançon. L’approximative similitude de nom lui laissa à penser qu’il se trouvait enfin tout près de sa destination. Il demanda alors à un villageois où se trouvait le fort. Celui-ci après un court instant de réflexion, lui a répondu :

    - M. Fort, vous voulez dire ?
    C’est celui qui tient le café-tabac à 50 mètres d’ici…

    Aussitôt dit, aussitôt fait. Quelques instants plus tard, M. Francisco Lopez pénétrait dans le café et demandait qu’on l’annonçât au président de la République.
    Le prenant pour un déséquilibré, le brave commerçant a alerté la gendarmerie qui a aussitôt détaché un brigadier pour contrôler les papiers du pharmacien itinérant.
    Au vu du carton officiel signé de la propre main du président de la République française, il s’est empressé de téléphoner au fort de Brégançon.
    Le sous-chef adjoint au secrétariat général particulier et privé du directeur de cabinet,
    mis au courant de la situation, a répondu que monsieur le président de la République commençait à en avoir par-dessus l’inconditionnel de M. Francisco Lopez mais que, néanmoins, il lui accordait un nouveau rendez-vous pour le mercredi suivant à 19 heures
    au bar de l’Élysée-Matignon. 

    Le potard a ensuite repris la direction de Paris où il est arrivé vers 5 heures du matin. Il a alors trouvé son épouse en train de frapper à coups redoublés et avec une machette sur une table de bridge qu’on lui avait livrée dans la journée, en vociférant à tue-tête :

    - Gracias, señor Ségalot, eso es mueble !

    À suivre...


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  • DERNIÈRE MINUTE n° 43 – Où le deuxième entretien est reporté, bizarre, vous avez dit bizarre !!!

    De Santiago du Chili :

    On vient d’apprendre que l’entretien privé entre le président de la République française et M. Francisco Lopez, prévu à Paris mardi à 11h45, n’a pu avoir lieu par suite d’un insolite malentendu. En effet, M. Lopez, soucieux de rendre hommage à son hôte et de l’honorer, a cru bon de se présenter à l’Élysée en tenue de gala de grand chef sorcier inca.
    Coiffé d’un béret basque empanaché de plumes multicolores, il était chaussé de mocassins verts épinard, le torse drapé dans un poncho bigarré, sous lequel apparaissait une tunique de caporal des mobiles de l’Ardèche.
    Les jambes serrées dans un pantalon en poils de guanaco à pattes d’éléphant, fendu au genou et orné de motifs plus ou moins avouables, il portait également à la ceinture un lasso, un tomahawk de chez Hermès, un totem de la Samaritaine, un carquois contenant des flèches empoisonnées par sa belle-mère, plus, autour du cou et en sautoir, un collier d’oreilles séchées et quatre scalps d’Espagnols du temps de la conquête.
    Quelque peu interloqué, le sous-officier de garde à immédiatement alerté le directeur du protocole, lequel a aussitôt donné un coup de fil, suivi, cinq minutes plus tard, de l’arrivée d’un car de luxe de police secours « spécial V.I.P. ».
    Des agents ont courtoisement fait monter notre homme et l’ont conduit, toutes sirènes hurlantes, au cirque Pinder où il a été accueilli avec enthousiasme. Le directeur lui a proposé de l’engager sur-le-champ et de débuter le soir même dans un numéro de pharmacien sauvage avec des suppositoires en cuivre de 2,5 kilos chacun.
    Un coup de fil du ministre des Affaires étrangères en personne a mis fin à ce projet d’attraction. Dans les minutes qui ont suivi, M. Francisco Lopez a été reconduit
    à l’appartement 421 qu’il occupe à l’hôtel Matignon (carte Américan Express acceptées),
    où il a retrouvé sa charmante épouse.
    Le président de la République française mis au fait de l’évènement, l’a pris avec bonne humeur et a fixé un nouveau rendez-vous au trop consciencieux potard pour dimanche prochain, à 14h30 au fort de Brégançon.

    À suivre...

    Le guanaco est un ancien mammifère d’Amérique du sud, ancêtre du lama domestique.


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  • DERNIÈRE MINUTE n° 42 – Où le premier entretien s’avère de ‘’haute volée’’

    De Santiago du Chili :

    L’entretien privé entre le président de la République française et le pharmacien Lopez a eu lieu, comme prévu, hier à l’Élysée. À 15 heures précises, M. Francisco Lopez est entré dans le cabinet présidentiel. Il en est ressorti à 15h 04 minutes en vol plané, pour aller atterrir, à bonne distance, dans les jardins, au milieu d’un buisson d’aubépines du Népal.

    - Oh ! Oh ! a alors murmuré le chef des huissiers, les Chiliens volent pas ce soir.

    - Oui, c’est signe de verglas, a ajouté son subordonné préféré.

    Quant à M. Francisco Lopez, le visage largement épanoui,
    il a déclaré aux journalistes venant de suivre la scène :
    « 
    Le geste apparemment inamical du président de la République française est, au contraire, pour moi, hautement honorifique.  Le chef de l’État qui connaît admirablement les coutumes ancestrales de mon pays, a tenu à me recevoir en pratiquant, en mon honneur, le salut rituel des incas, sous la domination desquels le Chili se trouvait avant la conquête espagnole. Lorsqu’ils voulaient manifester leur amitié à des étrangers, ils les expédiaient d’un formidable coup de pied dans les fesses, le plus loin possible. Or, d’après mes calculs, votre président de la République m’a fait effectuer un saut de 65.72 mètres, alors que le grand roi Atabalippa*, un colosse régnant en 1531, n’a jamais pu envoyer à plus de 49 mètres les étrangers qu’il souhait honorer. C’est dire en quelle estime me tient monsieur le président de la République française. Il m’a d’ailleurs fixé un nouveau rendez-vous, à la française cette fois-ci, pour mardi 11h 45. »

    À l’issue de cette déclaration, M. Francisco Lopez s’en est allé rejoindre sa jeune épouse qui, en l’attendant, faisait une partie de craps à 3 escudos le point avec le chef bagagiste de l’hôtel Matignon (4 étoiles) où le couple pharmaceutique occupe l’appartement 421.

    À suivre...

    * 1497-1533 : Atahualpa, ou Atabalippa (prononciation espagnole), ou Atawallpa (en Quechua), est le dernier empereur de l'Empire inca indépendant, une région dont les principales villes sont à l'époque Quito et Tomebamba. Il s'empara du trône impérial de Cuzco après sa victoire lors de la guerre fratricide qui l'opposa à son demi-frère Huascar pour le pouvoir après la mort de leur père Huayna Capac. Sa victoire coïncida toutefois avec l'arrivée au Pérou des conquistadors espagnols.


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  • DERNIÈRE MINUTE n° 41 – Où le premier contact est particulièrement chaleureux

    De Santiago du Chili :

    Il est maintenant confirmé que, comme prévu, M et Mme Lopez sont arrivés à 12 heures à Paris, par le vol AF 112 en provenance directe de Santiago du Chili.
    À leur descente d’avion, ils ont été accueillis par M Joseph Isidore de Mollard du Smig, premier secrétaire adjoint au sous-directeur du protocole du palais de l’Élysée.
    Dès la fin des formalités traditionnelles, le couple a immédiatement pris la direction du faubourg Saint-Honoré à bord d’une fourgonnette bâchée décapotable, suivie par deux voitures officielles dans lesquelles s’entassaient huit motards d’escorte.
    En effet, encore embrumés par les fumées d’une fête organisée la veille à la caserne, ils avaient oublié leurs motos au garage.
    À l’Élysée, le président de la République française et son épouse ont chaleureusement accueilli leurs invités. Ces derniers ont ensuite remis à leurs hôtes de somptueux cadeaux, parmi lesquels une canne à sucre plombé à bout platinée et à manche recourbé en forme de condor des Andes, un châle de l’archipel de los Conos, entièrement tissé à quatre mains, en fil arachnéens de guano richement sulfaté.
    M. et Mme Lopez ont ensuite pris congé du couple élyséen, mais un nouveau rendez-vous a été pris entre le président de la République française et le pharmacien aux fins d’un entretien en tête à tête dont la durée prévue est actuellement de quarante-cinq minutes.

    Une information qui intrigue considérablement les milieux diplomatiques qui se demandent on ne sait trop pourquoi, mais se le demande néanmoins très sérieusement et tout aussi anxieusement. Et réciproquement.

     À suivre...


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  • DERNIÈRE MINUTE n° 40 – Où l’invitation du président de la République française se concrétise

    De Santiago du Chili :

    Nous venons d’apprendre que M. Francisco Lopez et madame
    s’embarquerons dans trois jours, à l’aeropuerto Los Carillos San Antonio,
    à bord d’un Boeing d’Air France, à destination de Paris.
    Le lendemain, le couple pharmaceutique sera officiellement reçu au palais de l’Elysée par le président de la République française pour fêter la Saint-Pruneau-Cuit-Pruneau-Cru.

    À suivre...


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