• L'assassinat d'Aurélien, aussi incongru qu'inopiné et surtout sans une seule motivation de prétendant à l'imperatorius purpura, laisse perplexe l'Armée qui se trouva fort dépourvue (comme la cigale quand la bise fut venue) de candidats à ce qui ressemble à une forme de suicide personnel. Au bout de deux mois, l'Armée refile la patate chaude au Sénat qui offre en septembre 275, le titre impérial à Tacite un sénateur de septante-cinq ans. 
    Plein aux as et sans héritier, il fourgue sa fortune de près de 300 millions de sesterces pour renflouer les caisses de l'Etat. Il promeut Probus un général bien vigoret, commandant de l'armée d'Orient pour assurer la protection des provinces de Syrie et d'Egypte. De son côté, avec son frangin Florien, il part guerroyer en Asie Mineure oùsque les Goths viennent d'atteindre la Cilicie. Victorieux, il n'a pas le temps de profiter de sa victoire qu'il chope une infection purulente et mortifère et donc dépote son géranium en juin 276. Aussi sec, Florien le remplace mais il se fait dégommer par ses soldats à Tarse en septembre, lesquels se rallient à l'armée d'Orient qui avait nommé Probus empereur dès le mois de juillet. Prudent, le Sénat ratifie le choix des militaires.

    Agé de 44 ans, l'empereur est un brillant stratège. Il se dirige vers la Gaule esbignée grave par les raids des Francs et des Alamans qu'il défait en 277 à leur retour vers le Rhin. La dérouillée est sévère avec plus de 400 000 barbares tués et 16 000 enrôlés dans l'armée romaine et tout le butin est récupéré. Sur sa lancée, en 278, il récupère les Champs Décumates entre Rhin et Danube, mettant ainsi la Gaule à l'abri des raids germains. L'année suivante, il poursuit ses campagnes victorieuses en Rhétie contre les Vandales et les Burgondes ainsi qu'en Thrace contre les bandes de Sarmates. De leur côté ses légats ramènent l'ordre en Isaurie (région des Monts Taurus en Turquie) et cerise sur le gâteau, la pacification s'achève par une trêve signée avec le roi de Perse Vahram II. C'était pas rien un cogne-mou le Probus ! Pour compléter le tableau, rajoutons les trois tentatives d'usurpation qui font long feu comme des pétards mouillés :
    En 280 Saturninus proclamé à Alexandrie, se fait assassiner par ses troupes assiégées à Apamée en Syrie par les légions fidèles à Probus. La même année, à Cologne, Bonosus un marque-mal avait sottement laissé les Germains incendier la flotte du Rhin. Pour ne pas se faire houspiller, le couyon avait cru bon de se proclamer empereur ; mais il se fait battre par Probus et choisit le suicide. En 281, les habitants de Lugdunum nomment Proculus un riche marchand empereur. Par Sainte Marie Alacoque, les gones avaient dû forcer sur le beaujolais car le gugusse est un rien pétochard puisqu'il file se réfugier chez les Francs dès qu'il apprend que l'armée régulière marche sur la ville. les Francs pas franchement ravi de l'encombrant personnage, le livrent à l'empereur qui manu militari le fait exécuter. Et un et deux et trois... zéros !

    Malgré les batailles, Probus prends aussi des mesures de rétablissement économiques notamment en faveur de l'agriculture. C'est à lui que nous devons nos beaux vignobles et Gnafron et son copain Guignol ne vont pas s'en plaindre. En effet, l'empereur autorise à nouveau la culture de la vigne et la production de vin en Gaule et en Pannonie, annulant l'édit Domitien promulgué deux siècles plus tôt et qui avait interdit la plantation de vignes.
    Il installe aussi des colons germains, Francs et Alamans sur des terres agricoles abandonnées. Il avait bien essayé avec les Goths qui à la première occasion se révoltaient et pillaient autour d'eux ce qui leur valu d'être massacrés et refoulés en dehors de l'empire. Enfin il lance des travaux de voirie, de drainage et de bonification des terres obligeant les propriétaires à entretenir les canaux d'irrigation.

    Nous sommes en 281 et il peut enfin célébrer son triomphe à Rome où il donne des jeux magnifiques ; joutes de plus de 600 gladiateurs, décors de centaines d'arbres pour des "chasses" de milliers d'animaux exotiques. On lui doit cette phrase en référence au fait d'avoir pacifié l'empire : " Brevi milites necessarios non habebimos " " Sous peu nous n'aurons plus besoin de soldats ".
    En 282, il nomme Carus préfet du prétoire et lui confie la défense de l'Occident. Il se met en route vers l'Orient pour entreprendre la conquête de l'Arménie et de la Mésopotamie contre les Perses. 

    Pour donner une bonne image de l'armée impériale auprès des populations et parce qu'il n'aimait pas voir ses troupes désœuvrées, il avait pour habitude de les faire participer à des travaux divers comme la plantation de vigne, l'assèchement des marais ou le percement de canaux. Et c'est là que ça tourne en béchamel ; Apinchant des soldats qui se la jouent traine-savate, il les houspille et les légionnaires fatigués et surpris, pètent un câble et se transforment en mutins. Probus se réfugie dans une tour d'assaut, mais les légionnaires y mettent le feu le poursuivent et le trucident quand il s'échappe du brasier.

    Rapidement informée, la curie Romaine est choquée ; les mutins sont rapidement arrêtés et jugés et de nombreuses condamnations à mort sont prononcées pour l'exemple ainsi que des peines de travaux forcés dans les mines de Dacie. 
    Le règne de Probus s'annonçait pourtant long et glorieux : au moins une vingtaine d'années au lieu de six. Il laisse en héritage un empire sorti de crise aux fondations solides et bien administré. Il a certainement contribué à repousser d'un siècle la chute de l'empire romain et pourtant son action n'est pas évoquée dans les manuels d'histoire : "Ingratus de memoria" "la mémoire historique est ingrate". 

    En parlant d'ingratitude, la fable "le Loup et de la Cigogne" en est un bon exemple.

    Fin de l'épisode, à suivre... 

    Le Loup et la Cigogne

    Le loup c'est bien connu, est un fieffé glouton
    Qui baffre sans respirer les agneaux, les moutons
    En étant si pressé, il aurait pu crever
    D'un bout d'os de gigot planté dans le gosier

    Il avait, n'en déplaise, comme d'autres arsouilles
    Une bonne dose de bol, le cul bordé de nouilles
    Car notre amie Cigogne qui s'en venait par là
    Du loup tout gargouillant sans crainte s'approcha

    Arnouchant le tableau, elle oeuvra aussi sec
    Dans la gueule du loup, en y plongeant son bec
    Retira l'osselet, le montra pas peu fière
    Au loup ragaillardi, réclamant son salaire

    Te fourguer mon oseille, t'as fumé la moquette
    Ne t'ai-je pas, bon zig, laissée en vie minette
    Sans te croquer le cou si près de mes chaillottes
    Alors casse-toi ingrate ou sinon j'te boulotte


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  • La fin de l'Anarchie

    En 253 pas moins de quatre prétendants à la pourpre impériale entrent en compétition, chacun ayant reçu l’investiture de ses légions. Mais l’armée est versatile et du jour au lendemain elle défait ce qu’elle a créé. C’est Trébonien Galle qui le premier en fait les frais en se faisant zigouiller par sa propre troupe qui, pour faire bonne mesure envoie Valusien fumer les mauves par la racine.  Quand à Emilien qui s’est acoquiné avec Valérien, il lui prend idée de se la jouer traitre et se prépare à faire un petit dans le dos à l'empereur. Mal lui en prend, puisque lui aussi ferme son parapluie en se faisant trucider par ses soldats qui se rallient à Valérien.

    Les Trente Tyrans

    Balle au centre, Valérien âgé de soixante ans  inaugure la période des Trente Tyrans en faisant reconnaître son fils Gallien comme Coempereur qu’il charge de veiller aux frontières de l’Occident tandis que lui se charge de l’Orient. Pour regonfler les caisses d l’Etat, Valérien mal conseillé, renoue avec la persécution des chrétiens, de 257 à 259, histoire de piquer leurs picaillons et financer ses campagnes militaires.  Fin 259, il se fait bêtement capturé par Shapur 1er et il périra en captivité puisque son fils refuse de verser la rançon. Gallien en 260 met un terme à la persécution des chrétiens proclamant par un édit de tolérance « La petite paix de l’église ». La situation de Rome n’en est pas moins tragique avec de nombreuses rebellions et usurpations : Postume en gaule et Odénat en Orient que l'empereur tolère pour parer au plus pressé. 
    Marius Cassianus Latinius Postumus  dit Postume général et gouverneur de la Gaule Belge remporte de brillantes victoires contre les Francs. Il dirige alors la Bretagne, l’Espagne, la Germanie inférieure et supérieure et repousse les attaques de Gallien en 261 et 266 créant l’Empire des Gaules et se comportant avec le soutien des élites gauloises en véritable empereur. Mais il ne marche pas sur Rome et bien qu'il périt au cours d’une sédition en 269, son empire sera ensuite dirigé par Marius puis Victorin et Tetricus avant que l’Empire des Gaules ne revienne dans le giron de Rome en 274 suite à la victoire d’Aurélien.

    Quand à Gallien, il parvient à stabiliser l’Orient en récupérant les provinces prises par les Parthes (Perses) tout en restant en bons termes avec Odenat qui, ayant pris la grosse tête, se fait appeler le Roi des rois. Victime d’un complot ourdi par sa fenotte Zénobie et son fils Vaballath, Odenat rejoint à son tour la grande faucheuse. Zénobie devient alors reine de la province de Palmyre qu'elle proclame autonome, mais sans rompre officiellement avec Rome.

    On ne change pas les habitudes et Gallien rejoint lui-aussi la camarde en septembre 268 alors qu’il assiégeait l’usurpateur Aureolus retranché dans Milan. Son successeur Claude II dit le Gothique, fait exécuter les séditieux et laisse Aureolus se faire massacrer par ses propres troupes. Brillant stratège il finit après quelques années de dures campagnes et escarmouches sanglantes à repousser les Goths à l’est du Danube en 270. Voué à un règne long et glorieux, il n’a que 56 ans, il dépote son géranium en août 270 victime de la peste à Sirmium en Serbie.  Son frère Quintillus est nommé par la troupe et le Sénat pour le remplacer, mais vlan ! Passe-moi l’éponge, la puissante armée de Pannonie lui préfère Aurélien. Quintillus qui se trouve en position de faiblesse se rallie à cette décision. Ce qui n’empêche pas qu’il dévisse son billard près d’Aquilée. D’aucuns disent qu’il s’est suicidé, mais de mauvaises langues prétendent qu’il a été estourbi par ses soldats.

    Aurélien réhabilite l'Empire

    Aurélien se lance dans la réunification de l’Empire. Il fait construire autour de Rome une enceinte solide « le mur d’Aurélien » que renforceront quelques autres empereurs. Il jugule les derniers envahisseurs goths, les Vandales et les Juthunges qu’il vainc à la bataille de Pavie. En 271 et 273 il récupère la province de Palmyre, la Syrie et l’Egypte, capture Zénobie et Vaballath. Puis il fait campagne pour reprendre La Gaule et la Bretagne et obtient la capitulation de Tetricus, sans résistance, près de Châlons-en-Champagne en 274. Il peut alors célébrer son Triomphe à Rome. Il prodigue cependant sa clémence à Zénobie et son fils qui sont assignés à résidence à Tibur où l’ancienne reine épouse un sénateur romain et Tetricus devient même sénateur et administrateur en Italie. En fait, Aurélien avait eu un songe qui lui prédisait la victoire s'il se montrait ensuite clément.

    Aurélien montre de véritables qualités d’homme d’état et il a surement ralenti la déliquescence de l’Empire en s’attaquant à la crise monétaire. Il développe les importations de produits précieux des différentes colonies  et l’exploitation de leurs ressources, améliore les rentrées fiscales. De même il rationalise le ravitaillement alimentaire des villes et organise les corporations des bateliers du Tibre, des boulangers, bouchers... attachant chaque métier à ses membres.

    La religion d'état

    Sa mère prêtresse du Soleil en Pannonie et son épouse Séverine une chenuse colombe, placée sous la protection du Soleil radié le conduisent à institutionnaliser le culte solaire de Sol Invictus, c’est-à-dire la religion zoroastrienne  de Mithra. Le 25 décembre est inscrit au calendrier comme fête de la naissance de Sol invictus.
    Nous assistons ici au dernier baroud d’honneur de cette religion qui n’ayant pas d’écrit se verra au cours des siècles à venir, boulottée petit à petit par le christianisme qui utilisera largement ses symboles comme la mitre et la crosse des évêques, l’eucharistie, la fête de noël... Tout ceci a été largement occulté au cours du moyen âge et la répression des Cathares en est un exemple comme celle des alchimistes qui maitrisaient des connaissances avancées en technologie et médecine. Si vous étudiez un tant soit peu les francs-maçons, vous seriez surpris des analogies avec cette religion qui actuellement sort à cha peu de l’ombre bien que ses mystères demeurent sous une chappe de silence. Mais rassurez-vous, je serais amené à vous en dévoiler d’avantage.

    30e épisode - De Valérien à Aurélien

    En 275, Aurélien part en campagne contre les Perses lorsque une conspiration trompe les officiers de son entourage, qui, craignant à tort pour leurs vies assassinent l’empereur. 

    Décidemment tu as beau chass30e épisode - De Valérien à Auréliener le naturel, il revient au galop soit dit en passant et pour reprendre le vers du poète latin Horace, vers qui a d'ailleurs été repris dans la fable de La Fontaine " la Chatte métamorphosée en femme "  qu'il avait d'ailleurs repris de la fable d'Ésope " Le Chat et Vénus ".
    Promis je vous écrirai la fable en argot populaire un de ces quatre, si j'en ai le temps, mais sachez que (comme disait Coluche) : c'est l'histoire d'un mec un peu bredin, amoureux de sa chatte que le Destin (Vénus pour Ésope) change en gisquette (pas le bredin, la chatte). Lorsqu'un soir, quelques souris font la foire et désensommeillent le couple, la donzelle redevient minette pour boulotter les mulots.

    La Fontaine conclut en disant du naturel :
    Qu'on lui ferme la porte au nez
    Il reviendra par les fenêtres


    Fin de l'épisode, à suivre

     


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  • Grande braderie - 238 Annus horribilis "l'année noire"

    Avec Maximin le Thrace qui est le premier empereur sans aptitude ni carrière politique, la chienlit s'installe. Ses victoires en Germanie en 235 puis sur le Danube et une situation militaire stabilisée en 237, n'empêche pas les révoltes intestines. Le 19 mars 238 Gordien se proclame empereur en associant son fils Gordien II ; le Sénat ratifie. Le 12 avril "Gordien II" est tué à Carthage par une légion restée fidèle à Maximin ; effondré, son père se suicide. Le 22 avril le Sénat élit alors Maxime Pupien et Babin pour leur succéder. Maximin que tout ce cirque gonffle, se fout en pétard et se dirige sur Rome, mais Il se fait assassiner le 24 juin par ses propres soldats devant Aquilée (province d'Udine). Dans la foulée, le 29 juillet, la garde prétorienne qui l'avaient mauvaise de s'être fait courcircuiter par les sénateurs, massacre Pupien et Balbin et proclame Gordien III (agé de 13 ans) empereur. 
    En moins de six mois nous avons donc cinq empereurs dans la sciure et un gamin placé sur le trône. 
    C'est pas Dieu poss' que d'y croire !

    De Gordien III à Trébonnien Galle

    Le gamin règne pendant tois ans sous la direction de sa parenté et de sénateurs fidèles. Il est sous la protection de Timésithée préfet du prétoire dont il épouse la fille. Il part en expédition et rétablit l'ordre sur la frontière du Danube avant d'aller mener une expédition contre le souverain sassanide Shapur 1er qui a conquis la Mésopotamie et s'attaque à la Syrie. Manque de pot, Gordien III meurt blessé au combat à Falloujah en Irak en 244.

    Philippe l'Arabe qui a remplacé Thimésithée décédé en 243 est désigné empereur par l'armée. Il négocie avec Shapur 1er la libération des soldats romains puis part guerroyer contre les Carpes sur le Danube. En 248 il fait célébrer avec faste les jeux séculaires qui correspondent au millénaire de la fondation de Rome. Profitant de l'occase, Jotapianus en Cappadoce et Pacatianus sur le Danube revendiquent le titre d'empereur. 
    Philippe envoi Dèce le préfet de Rome, réprimer les usurpateurs qui se font zigouller manu militari. Les soldats de Dèce l'acclament alors empereur. Belote, rebelote et dix de der, les deux empereurs s'affrontent à Vérone à l'automne 249. Dèce l'emporte et Philippe va rejoindre la Grande faucheuse, précédant son fils Phillipe II qui devait lui succéder et se fait estourbir à son tour par la garde prétorienne. 
    Dites-donc ça se bouscule méchant sur la barque du nautonnier des enfers pour la traversée de l'Achéron ! 

    Dèce appelé aussi Trajan Dèce associe progressivement ses deux fils, Herennus et Hostilien au pouvoir.Dans sa volonté affirmée de stabiliser l'État mais aussi de le sortir de la spirale de la crise idéologique et militaire, il relance les politiques urbaines : réfection du Colisée, construction de thermes très richement décorées, sur l'Aventin. Mais du fait des impératifs militaires et de la relative brièveté de son règne, l'empereur n'a pas fondamentalement changé les structures de la société.

    Persécution des chrétiens

    En restaurant le culte de l'empereur, le rendant obligatoire sous peine de mort, il provoque une nouvelle persécution des chrétiens qui refusent toujours d'adhérer au culte de l'empereur ; il en résulte l'exécution du pape Fabien à Rome et l'arrestation d'Origène à Césarée sans compter les émeutes antichrétienne à Carthage et Alexandrie.

    Le péril Goth

    En 250 les Carpes et les Goths sous le commandement de leur roi Cniva franchissent le Danube et envahissent les trois provinces de Dacie. L'armée goth se scinde aussitôt ; la première partie assiège Philippopolis tandis que la seconde, Cniva à leur tête, marche sur Nicopolis
    Le gouverneur Trébonien Galle parvient à repousser les Goths à Philippopolis, tandis que Dèce marche à la rencontre de Cniva. Le début de l'expédition est un succès : Nicopolis est sauvée et les Goths subissent de lourdes pertes. Mais Dèce subit à son tour, un revers à Beroe et Cniva marche à nouveau contre Philippopolis, la capitale de la province de Thrace. Le gouverneur de Thrace, Priscus, tente de s'allier avec les Goths. Il se proclame Auguste et rallie Cniva, Mais les Goths ravagent la ville, massacrent la population et exécutent Priscus. 
    Au début de l'année 251, Julius Valens Licinianus, un sénateur romain d'ascendance aristocratique jouissant d'une grande popularité auprès de la plèbe de Rome revêt la pourpre impériale à l'intérieur même de la ville éternelle. C'est sans compter sur la fidélité de Valérien, à qui Dèce avait confié la direction de l'administration impériale et qui met très vite fin à l'usurpation de Valens. Celui-ci est exécuté au mois de mars.

    La bataille d'Abrittus

    Après avoir pillé les villes de Thrace, de Mésie et de Pannonie, les Goths avec leur butin refluent vers leur territoire. En juin 251 Dèce parvient à couper la route à Cniva. L'affrontement a lieu dans la plaine de la Dobroudja. Les Goths effectuent un repli et attirent l'armée romaine dans le marécage d'Abrittus. Au cours du combat, le fils aîné de Dèce, Herennius, est mortellement touché par une flèche. Dèce périt lui-même peu après avec une grande partie de son armée. Le 1er juillet 251 les troupes survivantes proclament Trébonien Galle empereur, décision par la suite avalisée par le Sénat. L'une des premières décisions de Trébonien Galle est d'adopter Hostilien le fils survivant de Dèce. Celui-ci est aussitôt associé au pouvoir, mais meurt au bout d'un mois de règne de la peste.

    C'est chaud bouillant comme disent les petits. En cette moitié du 3ème siècle, Rome aurait pu se rendre compte qu'à force de se chicorner à longueur de temps, l'Empire fait rien qu'à se fissurer. On comprend mieux la déliquescence des empires qui s'obstinent à vouloir être les maîtres du monde et finissent toujours par introduire le ver dans le fruit, lequel finit par pourrir en implosant sur lui-même.

    Notre bon Lafontaine démontre bien le côté néfaste des excès dans sa fable que j'ai actualisée. Rappellez-vous : 
    La Grosse Nouille Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf
    .  

    Un jour une grenouille au bord de son étang
    Arnoucha un gros boeuf, en prit un coup de sang.

    - Saperlotte la belle bête, on dirait un sumo !
    J'veux comme lui être replète, gras du bide ex aequo
    Ronchonna la pauvrette en ouvrant son frigo.
    - J'attaque par la blanquette pour prendre quelques kilos !

    Et comme aux Amériques où l'art culinaire
    Fabrique des obèses au lieu des centenaires
    Elle s'empiffre de glaces, s'adonne à la malbouffe
    Vénère le hamburger, c'est dire si elle est loufe.

    Et quand sur sa balance où elle eut beau grimper,
    L'aiguille cette diablesse, refusait d'indiquer, 
    Le poids de l'animal qui broutait dans le pré
    Et se moquait, normal, de la désespérée.

    Elle devenait toute gonfle, ronde comme une barrique,
    Sans jamais dépasser le poid d'anorexique,
    Des défileuses de mode, tu sais les névrotiques,
    Les sacs d'os, gigots fins, ridicules, pathétiques,
    Qui remuent l'popotin, minaudent sur l'estrade
    Sous le regard acerbe de quelques vieilles pintades.

    Résultat la grenouille éclata c'est fatal
    D'avoir trop tortoré, d'un mal nombrilical.
    Et le mannequin clamsa de n'avoir rien bouffé,
    Pour satisfaire l'idiote, aux canons d'la beauté.

    Cette fable bien sûr ne manque pas de sel
    Mais va voir à Paris le jardin du Carroussel
    Tu trouveras là les statues de Maillol
    Qui exhibent aux passants de bien belles guiboles
    De celles qui font envie au lieu de faire pitié
    Et mettent en valeur, la vraie féminité.

    Grenouille ou Top modèle bannissez les excès
    Si vous avez des formes et juste ce qu'il faut
    Auprès de bien des hommes vous aurez du succès
    Et vous vivrez c'est sûr très bien dans votre peau.

    L'histoire continue !

    Fin de l'épisode, à suivre...


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  •  

    Depuis novembre, mon site www.fabulgone.com est en ligne. Il reprend l'intégral des épisodes de la fiction historique de ce blog qui poursuit son chemin pour ne pas perturber les habitués avec ci-dessous le 28e épisode

    Alexanius élevé par sa mère Mamamea et sa grand-mère Maesa n’a que quatorze ans lorsqu’il est nommé Auguste par le Sénat. Il devient empereur le onze mars 222 et comme ses prédécesseurs, il est crédité d’un cuchon de dénominations ce qui lui confère le nom à rallonge suivant : Imperator Caesar Marcus Aurelius Severus Alexander Plus Felix Augustus Percicius Maximus.  Pas étonnant que les scribes en charge de graver l’histoire sur le marbre avec les noms des empereurs, finissent tous en maladie professionnelle pour dépression et surmenage des boyaux du cerveau.

    Pour son entourage et officiellement, il est appelé Sévère Alexandre. Comme de bien s’accorde pour compenser les turpitudes de Caracalla il est paré de toutes les qualités et considéré comme un homme bon et aimable, ce que les historiens et notamment Hérodias, plus réservé qualifie de faiblesse et de manque d’autorité.

    Sa première mesure consiste à remettre en application le culte impérial, renvoyant à Emèse la pierre noire du culte solaire que les romains réprouvaient ; il s’agissait en fait de calmer le jeu. Il redonne au Sénat ses prérogatives et un rôle plus important en instaurant un conseil de régence de douze membres et nomme Ulpien le favori de Maesa commandant de la Garde impériale. Vous avez bien compris car vous n’êtes pas des marque-mal que la mémé d’Alexanius détient ainsi tous les leviers du pouvoir, un peu comme la Marie de Médicis la veuve d’Henri IV qui régna à la place de Louis XIII. Mais elle n’a pas eu le temps d’en profiter, car la sorcière aux dents vertes et la grande faucheuse envoyèrent Maesa chiquer les pissenlits par la racine en 223. Résultat des courses, les prétoriens se révoltent et trucident Ulpien sous les quinquets horrifiés de l’empereur qu’ils laissent en vie le jugeant inoffensif. L’Armée reprend le dessus et Sévère Alexandre entreprend une grande politique d’urbanisation ; on lui doit notamment les thermes du Champs de mars.

    Et voilà t’y pas que les bruits de bottes s’amplifient  en Orient. Les Perses sassanides qui ont refait leur unité sous la conduite du roi Ardachir 1er pillent la Mésopotamie en 227 et la Cappadoce en 231. L’empereur à la tête d’une armée considérable fait campagne pour remettre de l’ordre dans le chantier, mais son irrésolution conduit à des succès mitigés et à quelques révoltes sporadiques de ses troupes. Il rentre à Rome et organise des Jeux persiques qui ne parviennent pas à restaurer sa popularité en effaçant l’ardoise de sa couardise. Si les sondages d’opinion avaient existé, il aurait été dans le rouge d’autant qu’après avoir été sous la coupe de sa grand-mère, il tombe sous celle de sa maternelle qui le suit de partout.

    En 234, il se rend cette fois à Mogontiacum, nom latin d’origine celtique de Mayence, fondée par Nero Claudius Drusus en 13 av. J.C. et capitale de la Germanie. Il s’agissait de repousser les Alamans, mais toujours aussi timoré, il hésite et au lieu d’aller à la castagne, envisage d’acheter la paix. C’en est trop, c’est la goutte d’eau qui met le feu aux poudres, l’étincelle qui fait déborder le vase et le 18 mars 235 les légionnaires le zigouille sous sa tente ; pour faire bonne mesure ils ferment le parapluie de Mamamea l’envoyant rejoindre son fiston au royaume des sacs d’os.

    C’en est fini de la dynastie des Sévère qui s’achève comme elle a débuté, par un coup d’Etat. En proclamant Maximin, l’un des siens, l’Armée prend conscience de sa force et va jouer un rôle de premier plan dans la période qui s’ouvre devant elle.

    Mais ceci est une autre histoire…

    Voici tout de même une anecdote qui redore un peu le blason de l'empereur

    Au début de son règne, Sévère Alexandre eut à arbitrer un conflit qui opposait les Chrétiens de Rome à la puissante corporation des popinarii (tenanciers de bistrots-tavernes-bordels). Voilà de quoi il s'agissait : Lors des troubles qui avaient suivi la mort d'Élagabal, la foule déchaînée s'était emparée du pape Calixte et l'avait martyrisé en le jetant, du haut d'une fenêtre, pile au fond du puits d'une taverne. Or, les Chrétiens auraient bien voulu exproprier le cabaretier pour édifier un petit oratoire à cet endroit. Mais la corporation des bistrotiers, elle, défendait bec et ongle son camarade syndiqué, s'opposait fermement au projet immobilier chrétien et refusait de céder le terrain.
    Il revint à l'empereur Sévère Alexandre, de trancher le litige et son jugement fut, paraît-il, favorable aux Chrétiens : "Le culte de n'importe quel dieu vaut mieux qu'un bordel", aurait-il dit en substance.(Histoire Auguste, Sévère Alexandre,XLIX) 

    Fin de l'épisode, à suivre...


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  • Où quatre Julia vont interférer dans la marche de l'Empire.

    Macrin préfet du Prétoire, né en Maurétanie Césarienne (l'actuelle Algérie) est maure et il devient le premier empereur issu de l'ordre équestre. Pas porté sur la bigorne, il s'empresse de signer la paix avec les Parthes et offre au sénat de collaborer avec lui ce qui irrite un chouia les faucons de l'armée. Hélas, il n'aura pas le temps de se rendre à Rome. Il crèche à Antioche où il s'attire les foudres non pas de Jupiter mais de trois fenottes : Julia Maesa la soeur de Julia Domna (mère de Caracalla) qui s'est laissée mourir de faim et de chagrin après l'assassinat de son fils, et les deux filles de Maesa, Julia Soaemias et Julia Mamamea. Les trois princesses syriennes suspectent Macrin d'être le commanditaire du meurtre de Caracalla et donc lui font porter le chapeau de la triste fin de Domna. Elles sont respectées du peuple et surtout friquées comme Crésus. Elles n'hésitent donc pas à cracher au bassinet pour soulever les légions de Syrie qui suivent comme au poker et proclament Varius (petit-cousin de Caracalla et fils de Soaemias) empereur. Macrin se fout en rogne et rebelote pour la foire d'empoigne, les deux armées s'affrontent. Macrin est battu et il se fait assassiner en Bithynie. J'ai pas dit bikini mais bien Bithynie province romaine (une partie de la Turquie actuelle) limitée par la Paphlagonie à l'est, la Galatie et la Phrygie au sud, la Propontide et la Mysie à l'ouest et avec Nicée pour capitale. 

    Nous sommes en juin 218 et Varius âgé de quinze ans est intronisé sous l'appellation César Marc Aurèle Antonin. Il laisse les rênes du gouvernement à sa grand-mère Maesa et instaure le titre de clarissime à sa mère Soaemias, ce qui lui donne l'accès au sénat et le droit de prendre place à côté des consuls (elle fut la seule femme dans tout l'empire à accéder à ce poste). Les vieux Romains misogynes en sont horripilés et commencent à ruminer leur rebiffe. Pendant ce temps, l'empereur dispendieux et extravagant, un vrai marque-mal, s'adonne à ses turpitudes.

    On raconte qu'en été 219, il prit la route de Rome avec une procession qui transporte une pierre noire tombée du ciel sur un char tiré par des chevaux blancs qu'il conduit à reculons. Il arrive au Palatin où il fait construire un temple dédié à Héliogabale, le dieu du Soleil invincible dont il avait été nommé grand-prêtre à treize ans. Il y fait acheminer : la statue de Junon, le feu de Vesta, le Palladium (pas les godasses, la statue sacrée de Pallas Athéna en armes) et les douze boucliers sacrés d'airain dédiés au dieu Mars. il prend alors le surnom d'Elagabal.

    Un tantinet mystique, il veut promouvoir un culte unique inspiré de Mithra "le Sol Invictus", et fiche la paix aux chrétiens. Il scandalise à nouveau en enlevant la grande vestale Aquilia Severa pour que naissent de son union des enfants divins. Seulement voilà ! il était porté sur la gent masculine et ne la touche pas. Il s'en sépare et "épouse" Hieroclès puis Zoticos deux colosses grecs. Il se livre à des orgies homosexuelles offrant à ses invités des raffinements de table digne de Cléopâtre. Toujours aussi fol dingo, il leur offrait aussi des surprises redoutables. Il fallait voir la tronche de ceux qui se réveillaient de l'orgie en se retrouvant nez à museaux avec des lions ou des ours (apprivoisés donc inoffensifs) !

    Sa grand-mère le convainc de nommer césar le fils de sa tante, (la vraie, la soeur de sa mère : Julia Mamamea) sous l'appellation Septime Sévère. Flairant l'arnaque, Elagabal cherche à zigouiller son cousin. L'armée murmure ; il veut arrêter les meneurs lorsqu'une foule furieuse envahit le palais et le massacre. Son corps est trainé à travers les rues de Rome puis le populace tente de jeter le cadavre dans les égouts mais les conduits sont trop étroits alors il le jette dans le Tibre depuis le pont Aemilius. Nous sommes le 11 mars 222, Elagabal venait d'avoir dix-neuf ans.

    Comme de bien s'accorde, le sénat promulgua le damnatio memoriae c'est à dire la destruction de tout ce qui pourrait rappeler le souvenir d'Elagabal (statues, dédicaces...) Pourtant, il est une dédicace qui a échappé à la destruction. Elle a été retrouvée lors de la démolition du pont de la Guillotière à Lyon, un bloc de pierre de 57cm X 180cm X 55cm qui stipule : A l'empereur César Marc Aurèle Antonin, fils d'Antonin le Grand, petit-fils du divin Sévère, pieux, heureux, auguste, grand pontife, revêtu de la troisième puissance tribunitienne, consul pour la troisième fois, proconsul, père de la patrie, les citoyens romains résidant dans les trois provinces de Gaule, ont élevé cette statue officiellement, par les soins des alletis et à la fois summi curatores, Julius Saturnies de la province de Lyonnaise, Ilius Sabinus de la province de Belgique, Aventinius Verissimus de la province d'Aquitaine.

    Elagabal avait donc sa statue à Lugdunum et faisait l'objet du culte impérial au sanctuaire fédéral des Trois Gaules. Etonnant non !

     

    Fin de l’épisode, à suivre …


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