• Épisode 13 – Encore un essai manqué mais c’était moins une !

    Mon chat est pratiquant : le vendredi donnez-lui à choisir
    entre le ronron à la viande et le ronron au poisson,
    il choisira le ronron au poisson
    .
    Jean Carmet – Je suis le badaud de moi-même.

    Où Caroline sauve sa copine tandis que la reine fait une pause.

    Dirigeons notre caméra en direction du bruit de moteur pétaradant qui s’amplifie en arrivant vers la chaumière. Bon sang, mais c’est bien sûr, il s’agit bien de Caroline.
    Épisode 13 – Encore un essai manqué mais c’était moins une !Elle se pointe au volant de sa « Benz Vélo » la première voiture brevetée et commercialisée en série en 1886. Elle comporte deux roues arrière conductrices, un moteur à un cylindre horizontal avec un arbre à cames vertical. Ce bijou peut quand même atteindre des pointes de 25 kilomètres à l’heure.
    Arrivée devant le perron, elle actionne son klaxon à poire mais ne voyant pas sa copine sortir, elle descend de sa calèche motorisée. Intriguée par la fenêtre entrouverte, elle zyeute à l’intérieur et borgnotant sa pote, raide sur le carrelage, elle récupère dans le coffre de la tire, la trousse à pharmacie qui, à cause des pannes et des retours de manivelle, est livrée en sus d’un nécessaire de réparation.
    De son sac Prada, elle sort le rossignol que lui a offert son copain Arsène Lupin et déverrouille la porte d’entrée. Zieutant la princesse qui commence à bavocher, signe annonciateur que celle-ci va dévisser son billard. Caroline qui possède son brevet de secouriste, diagnostique un empoisonnement cutané.
    Elle repère la blessure superficielle au cuir chevelu, ce qui la rassure, car le poison vient à peine de commencer son infiltration. Elle le pompe avec l’aspi-venin et lui fait une piquouze de contre poison.
    Au bout de quelques minutes, la Princesse soulève ses mirettes en poussant un petit soupir. Elle sourit en reconnaissant sa voisine qui l’aide à se lever et à s’installer sur le canapé. Lorsqu’elle cause de sa mésaventure avec Mary Poppins, Caroline rebrique que c’n’est pas la vraie gouvernante, car celle-ci est toujours à Londres d’où elle lui a bigophoné la veille.

    - Il doit surement s’agir d’un nouveau stratagème de ta belle-doche déclare-t-elle car la mauvaise est plus tordue qu’un pied de vigne. Je te suggère de remettre nos soldes à plus tard. Préparons-nous un petit frichti pour nous remettre de nos émotions.

    Pendant ce temps, la marâtre qui a retrouvé son apparence, arrive au château. Elle s’enquille par l’entrée de la valetaille pour ne croiser personne. Une fois dans sa piaule, elle se torche un bon verre de whisky et clique sur la touche ‘’on’’ du miroir magique. En reluquant la sale bouille de Gastounet, elle pige qu’il y a encore du gravier dans les lentilles. Il a les chocottes comme un astibloche que l’on présente à un hameçon. Avant qu’il ne commence à bafouiller, la Reine Mère jacte :   

    Te caille pas le raisin, rien qu’à arnoucher ta face de carême, j’augure que tu vas encore déballer des salades pour noyer le poiscaille ! Autant te la ramener tout de suite à la case départ et t’allonger derechef sur ce qui c’est passé, ça nous fera un bonus.        

    Votre Grandeur est trop bonne ! Se répand le Génie trop heureux de se la jouer lèche-carpette.   Il poursuit : - Caroline, la bergère de Charles s’est radinée chez les rase-moquettes dès que tu avais mis les bouts. Elle a toujours du sérum anti venin depuis l’an passé lorsque Laura la pisseuse a débusqué un serpent à sonnette. La nouillette avait cru que c’était une des maracas oubliée par les Mariachis qui avaient donné un spectacle au village voisin de Trifouillis les Oyes. Heureusement, le crotale n’avait presque plus de venin, et la gosse soignée tout de suite en fut quitte pour une grosse fièvre.

    La reine commence à trépigner et Gaston reprend très vite :
    En fait, ton peigne empoisonné a ripé sur le serre-tête de Blanche Neige et l’écorchure a été trop superficielle pour que le venin agisse rapidos. C’est bien la scoumoune qui nous poursuit.

    Dépitée, la teigneuse éteint le miroir laissant Gaston songeur.

    Le génie se revoit postuler pour un job très sympa au palais de Shéhérazade. Hélas, son pote Ali le devança et le coiffa au poteau en le laissant baba, et du depuis, ça faisait déjà mille nuits qu'il savourait les histoires qu'elle racontait à son Seigneur et maître ; ce soir ce devrait être la mille et unième. Gaston avait ensuite réussi son entretien d'embauche pour s’installer au château du roi Stéphane, mais le miroir ne fut jamais livré, car la fille du roi victime d'un maléfice, s'était malencontreusement piqué le doigt avec le fuseau d'un rouet. En conséquence, toute la smala, le père, la mère, la fille, les courtisans et les domestiques comme les animaux ainsi que les plantes vertes s'endormirent pour cent ans. Dépité, le génie retourna à la case chômdu jusqu'à ce qu'il dégote ce bisness à la gomme.      

    Je me suis vraiment fait arnaquer, gémit-il !

    Pour se consoler et la reine s’étant retirée, il en profite pour passer un coup de grelot à son pottos Ali afin qu’il lui narre le mille et unième conte de Shéhérazade.
    De son côté, la teigneuse décide de laisser murir sa rebiffe jusqu’à temps que la Princesse, les bas-des-miches et la famille Ingalls relâchent leur niveau de sécurité.

    Pendant une semaine, elle joue (ou plutôt devrais-je dire elle triche) aux tarots avec Platt-Fuss, l’épongeant de cent sacs qu’il lui refile d’ailleurs en monnaie de singe avec des faux fafiots. Puis un soir…

    Fin de l’épisode, À suivre...

    Que va encore imaginer la mauvaise ?
    Réponse A : Injecter de la strychnine dans un régime de banane
    Réponse B : Injecter de la mort au rat dans une portion de boudin
    Réponse C : Injecter de la ciguë dans une pomme « royal gala »
    Réponse D : Injecter de l’arsenic dans un panier de cerises orné de vieilles dentelles « Mangez des fruits pour être en bonne santé ! » En est-on bien sur ?

    Glossaire 
    B
    orgnoterc’est regarder avec insistance.
    Dévisser son billard
    être à l’agonie, mourir.
    Belle-doche
    belle-mère.
    Frichti
    vient de l’alsacien fristick et du lorrain frichtick dérivé de l’allemand früchstück (déjeuner du matin), c’est en-cas, une nourriture simple.
    Piaule
    au XVIIème siècle il s’agissait d’une gargotte, un lieu malfamé avant de glisser petit à petit vers un appartement modeste. S’utilise aussi pour une chambre d’enfant toujours en désordre.
    Se torcher une boisson
    c’est boire un bon verre d’alcool, s’utilisait au début du XXème siècle pour prendre une cuite dans le sens familier, ironique : « se mettre propre ». Dans le Nord-Pas de Calais torcher en parler régional signifie saucer, essuyer son assiette.
    Du gravier dans les lentilles
    familièrement cette métaphore désigne une situation qui comporte un désagrément.
    Radiner
    les puristes de l’argot auraient écrit Caroline a radiné chez les nains car le verbe radiner est intransitif et signifie venir, arriver, s’amener. Peu à peu radiner est devenu se radiner en forme pronominale.
    Scoumoune
    nous connaissons tous ce terme qui désigne une forte malchance, il vient depuis 1930, des truands corses et marseillais, pour désigner la scomun qui dérive du latin excommunicare et l’excommunication était ce qui pouvait arriver de pire dans les autrefois.      


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