• Depuis novembre, mon site www.fabulgone.com est en ligne. Il est dédié à mes écrits mais pas que… Il sera aussi question de mes découvertes, livres, revues, spectacles, films, expositions, voyages… Il reprend l'intégral des épisodes de la fiction historique de ce blog qui poursuit son chemin pour ne pas perturber les habitués. 

    Bonne lecture si vous venez me rendre visite sur fabulgone.com qui évolue régulièrement.

    prenez soin de vous, ménagez-vous et quoi que vienne tenez tati

    Fab le gone du cintième. 


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  • Pôvre Lugdunum qui voit en cette triste année 197, son atelier monétaire à nouveau fermé (il avait été rouvert par Albinus en 196) et sa population se décaniller progressivement de la colline de Fourvière, pour se rendre soit en rive droite de la Saône, soit dans le quartier de Vaise et Gorge de Loup ou dans l’île de Canabae siège du commerce et de l’artisanat. La ville restera encore pour une petite centaine d’année, capitale des Gaules mais n’a plus le soutien impérial. La cohorte urbaine est remplacée par un détachement de la légion du Rhin. Lugdunum va alors « s’endormir » pour quelques temps jusqu’à tant qu’elle finisse par perdre son titre de capitale. Il est des choix lourds de conséquences pas vrai !

    Pendant ce temps, Septime Sévère durant son principat va considérablement améliorer le statut militaire tout d’abord en doublant la solde des légionnaires et bien sûr cela va se traduire par une considérable augmentation de l’anone, l’impôt pour l’armée. Il affaiblit les pouvoirs du sénat en remplaçant le commandement des légions par des chevaliers au lieu des sénateurs, fonde des collèges militaires pour permettre la promotion des soldats du rang auxquels il permet de se marier car jusqu’à présent, s’ils pouvaient fonder une famille elle restait illégitime jusqu’à leur démobilisation,…

    Sur le plan civil, il s’entoure d’une cour importante en plaçant aux postes clés des juristes et juristes-consultes parmi lesquels un cuchon d’Africains comme lui et d’Orientaux originaires de Syrie le pays de sa femme qu’il divise d’ailleurs en deux provinces. Il donne plus de pouvoir à l’institution judiciaire. Il déclare l’Egypte province libre, embellit Rome et sa ville natale Leptis Magna de monuments remarquables. Aux distributions habituelles de blé à la plèbe, il rajoute celles d’huile d’olive…

    En 208, il embarque ses fils Caracalla et Géta vers la province de Bretagne pour aller combattre les Calédoniens ; sans victoire décisive il fait consolider le mur d’Adrien de 130 km. Il meurt à 65 ans en février 211 affaibli par la goutte non sans avoir désigné ses deux fils pour le succéder. C’est là que ça se gâte !

    26e épisode – Caracalla un bien vilain goneLucius Septimius Bassianus était surnommé Caracalla, sobriquet qui vient d’un type de vêtement Gaulois à capuchon et manches longues qu’il avait coutume de porter dès l’âge de douze ans. Vous y voyez qu’il avait quand même gardé un souvenir de son éducation à Lugdunum. Seulement voilà, c’était un fourachaux et un salopiaud de première, au glaive massacreur à la moindre contrariété.

    Détestant son frelot et prétextant un complot, il trucide le 26 décembre 211 le pauvre Géta d’un coup de glaive dans la gorge quasi dans les bras de sa mère puis pour faire bonne mesure et se prémunir d’un retour de bâton, il se livre à des meurtres systématiques (plusieurs milliers) dans l’entourage et les partisans de son frangin. Comme cadeau de noël, je vous y dis : «  ça fait peine ! », même si à cette époque c’était la fête des saturnales et pas encore noël.

    Dès qu’ils en furent informés, les habitants d’Alexandrie, s’étaient gaussés du prétendu complot et ils s'en moquèrent avec une satire de l’empereur qu’ils considéraient comme un assassin. Caracalla offensé par l’insulte ruminait sa vengeance. Quatre ans plus tard en 215, lors d’un voyage officiel en Egypte, il fit massacrer la délégation de citoyens venus l’acclamer à son arrivée à Alexandrie puis il lâcha ses troupes sur la ville la mettant à sac et massacrant les habitants. Les flots de sang coulèrent dit-on jusqu’à l’embouchure du Nil.

    En 216, en guerre contre les Parthes et désirant conclure un armistice, il demande en mariage la fille d’Artaban, roi des Parthes. Bonne pomme celui-ci accepte et Caracalla se rend avec son armée en Mésopotamie pour célébrer les noces impériales à Ctésiphon la capitale. Même scénario, Caracalla donne un signal et aussi sec, les soldats romains se ruent sur les Parthes, les égorgeant en masse, Artaban s’échappe de justesse et jure de se venger de la duplicité romaine.

    Le 8 avril 217, Caracalla (il venait de fêter ses 29 ans) s’en va de nouveau faire la guerre en Mésopotamie ; Il se dirige vers Edesse, et s’approche du temple du dieu Lune lorsqu’il ressent des maux de ventre comme s’il avait la courante. Il fait arrêter le convoi et part pour se soulager, à l’écart de ses gardes, accompagné d’un seul serviteur, Martialis. Celui-ci profitant de l’occasion se rue sur l’empereur qui se trouvait sans défense et lui tournait le dos, d'autant que, parlant par respect, il était cul nu. En moins de temps qu'il n'en faut à un pickpocket pour te tirer ta tocante, il estourbit son patron d’un coup de glaive mortel au niveau de la clavicule gauche avant de se carapater illico presto. Mais il est rapidement rattrapé par des cavaliers germains fidèles à l’empereur qui s’empressent de le zigouiller sans autre forme de procès l’envoyant rejoindre son maître qui était parti fumer les dents de lion par la racine. La rencontre des deux malfaisants auprès de la grande faucheuse et son sourire de citrouille devait être croustillante. L'enfer connaît parfois de savoureuses retrouvailles.

    Je sais pas vous, mais ça sent l’arnaque car en trucidant Martialis au lieu de le faire prisonnier on ne peut plus connaître son commanditaire ; pas vrai mes mamis ! Bien sûr, ceci est une autre histoire…

    Fin de l’épisode, à suivre …


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  • Quelle abomination ! Par sainte Marie des Terreaux et dire que ce massacre des chrétiens a été perpétré sous le règne de l’empereur Marc Aurèle qui était pourtant très attaché à la tolérance religieuse. Philosophe et stoïcien, il avait restreint les combats de Gladiateurs mais comme la populace versatile réclamait du pain et des jeux, il avait accepté que soient exécutés dans les arènes, les criminels et condamnés de droit commun au cours de mises en scène sanglantes retraçant les faits d’armes des légions ; les chrétiens n’étaient que des dommages collatéraux comme on dit pudiquement lors des bavures soldatesques.

    Lorsqu’il mourut en 180, son gone Commode lui succéda. Un nom peu approprié car le salopiaud n’était pas commode du tout, voire plus foldingue que Néron. Il avait restauré les combats de gladiateurs tout en conservant pendant les entractes quelques massacres de condamnés par les fauves ou les soldats armés de glaives, de javelots, d’arc et de chars munis de lames tranchantes dépassant des essieux tandis que les malheureux ne disposaient en simulacre de défense, que d’épées de bois. Il a tout de même sévi douze ans avant de se faire estourbir le 31 décembre 192. L’histoire ne dit pas si c’était au cours du réveillon de la fête des saturnales. 

    Dans la foulée, en remportant le donativum (promesse de don exceptionnelle d’un empereur) la garde prétorienne nomma Pertinax le 1er janvier 193 pour le remplacer mais comme il n’avait versé que la moitié de la somme en constatant que les caisses de l'état étaient vides, 26 - Lucius Septimius Severusceux qui l’avaient élu le zigouillèrent. Ils intronisèrent Didius Julianus qu’était un fourachaux et un marque-mal, qui n’eût pas plus de chance. Il avait pris la grosse tête et s’était déclaré roi du monde ce qui déplut aux sénateurs, alors il fut évincé et remplacé à son tour le 1er juin par Septime Sévère général des légions de Pannonie (et ami de Pertinax)  qui le fit exécuter sur ordre du sénat vengeant ainsi celui qui avait été son mentor. Deux empereurs dans la sciure en moins de six mois, ça rigole pas ; on ne badinait pas avec la mort en ce temps-là ! Ça débaroulait de tous les côtés et la grande faucheuse émargeait pas au chom’du … 

    Mais voilà t’y pas que Pescennius Niger général des légions de Syrie s’était de son côté déclaré empereur dès le mois d’avril 193. Considéré comme usurpateur, il devint l’ennemi de Sévère et rebelote dans cette guerre civile avec une nouvelle victoire de Sévère qui fit exécuter Pescennius en avril 194. La série « Games of Throne » c’est du pipi d’chat, une bluette pour midinette à côté de cette période trouble car la légitimité de l’empereur était aussi menacée par Clodius Albinus, légat de Britannia qu’aurait bien voulu une part du gâteau. 

    C'est pas pour critiquer (si, un peu quand même !) mais la soif de pouvoir traverse les siècles et offre aujourd'hui encore un spectacle peu glorieux. Pour être calife à la place du calife c'est toujours la foire d'empoigne à coups d'invectives, de procès et ça tombe même en dessous de la ceinture. Mais où qu'il est passé l’intérêt du pays et de son peuple ?

    Fin renard, Septime avait accordé à Niger le titre de César et le consulat pour l’année 194. Ce n’était en fait qu’une magouille pour qu'il puisse mener une campagne victorieuse contre les Parthes en 195. Avec une sardine de plus sur ses épaulettes et une fois son pouvoir renforcé, il déclara Albinus ennemi public. Comme de bien s’accorde, celui-ci péta un câble devant l’entourloupe et traversa la Manche en 196 avec ses légions (40 000 hommes). 

    Et c’est ici une fois de plus que ça se gâte et que ça va chauffer pour les miches de nos Ségusiaves lugdunumiens. Tous justes échaudés d’avoir frisé le massacre et la mise à sac en 69 en soutenant Néron, les gones de Lyon misèrent encore sur le mauvais canasson en s’acoquinant avec Albinus. Quand t’as la scoumoune, t’as la scoumoune et la sorcière aux dents vertes en rajouta en jetant un sort pour que la grande castagne décisive se produise à proximité de leur ville. 

    Septimius et ses légions  (le vrai nom de l’empereur était Lucius Septimius Severus) sont victorieux ; Clodius s’enfuit et se donne la mort. Il avait bien fait de se faire hara-kiri car Septimius Severus, fait déshabiller la dépouille qu’il fait piétiner par son cheval. Il lui avait au préalable fait trancher la tête pour l’envoyer à Rome. Ensuite, pour éviter tout risque de vengeance, il fera assassiner sa veuve et ses fils et exécuter les 29 sénateurs qui avaient soutenus Albinus. 

    Mais pour l’heure, la ville de Lyon est prise et en représailles laissée au pillage des troupes qui vont sans vergogne massacrer les habitants, confisquer leurs biens et opérer de nombreuses destructions. 

    Pourquoi tant de haine ? Me direz-vous. 

    Je vous rebriquerai : mais pourquoi les lyonnais ont-ils choisi Albinus ? 


    26 - Lucius Septimius SeverusJe vais pas vous raconter la vie de Severus, mais alors qu’il était proconsul, il avait épousé en seconde noce en 187 Julia Domna, fille du grand-prêtre d’Emèse (Syrie) Julius Bassianus, dont il eut deux fils Caracalla et Geta. Il résidait à Lugdunum lorsque Caracalla naquit en 188 et Septimius affectionnait la capitale des Gaules. Alors quand celle-ci prit le parti d’Albinus, il s’était senti trahi et vu ce qui précède, vous y voyez bien que quand le Septimius est en colère, fait pas bon se trouver sur la trajectoire. Et puis Fabulyon qu’aurait pu nous dire s’il y avait eu des embrouilles entre Lugdunum et Severus, n’était pas en Gaule puisqu’il jouait les Ambassadeurs en Germanie et aussi en Britannia.
     

    C’est aussi de ce malheur que quelques siècles plus tard, naîtra la légende du martyre de Saint Irénée et de dix-huit mille chrétiens dont le sang aurait coulé à flots le long de l’actuelle Montée du Gourguillon dont ce serait l’origine du nom. Ce serait aussi la conséquence de l’abandon de la colline de Fourvière qui marque le début du déclin de la cité qui perdra de son importance et son statut de capitale des Gaules. 

    Mais ceci est une autre histoire. 

     

    Fin de l’épisode, à suivre …


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  • Le martyrologe est une liste de martyrs établit par une religion. Par le sacrifice de leur personne, ils accroissent le prestige de la dite religion et en accréditent l'existence. Béatifiés ou sanctifiés et inscrits dans les livres sacrés, certains deviennent des prénoms courants et sont répertoriés dans des calendriers. Les kamikazes en sont la résurgence moderne. Tous ces martyrs sont hélas bien souvent instrumentalisés et utilisés à des fins politique et de propagande ; de nos jours nous en mesurons l'impact négatif. La révolution de 1789 avait essayé de remplacer les saints par des outils, des animaux ou des végétaux, mais ce fut un fiasco ; pas facile d'appeler son enfant : faucille ou marteau, limace ou chèvrefeuille... Mais revenons à notre histoire 

    25 - Le martyrologe romainLe second siècle, marque l’apogée de Lugdunum : la ville s’étale largement sur les rives de la Saône au pied de la colline (de Fourvière). Les bateaux accostent sur la rive droite et la presqu’île des Canabae qui devient centre commercial où s’édifient les bureaux des grandes corporations, négociants en blé, en vin, revendeurs d’huile espagnole… et  l’un des principaux quartiers résidentiels s’implante vers le sud. (Souvenez-vous que la confluence était alors située entre la place des Terreaux et les Cordeliers et que le centre ville actuel était composé d’îlots qui s’étendaient jusqu’au quartier d’Ainay).

    Comme de bien s’accorde, l’importance de la cité administrative et sociale attire de nombreux étrangers : personnel politique venant de Rome, commerçants venus de toute la Gaule, d’Italie et d’Orient avec le « nerf de la guerre » représenté par les financiers et les usuriers. Ceux-ci, tel des vautours octroient des prêts aux commerces en difficultés, les rachètent à bas prix et comme le veut la loi, le prêteur endetté qui ne peut rembourser devient esclave ou dans le meilleur des cas, gladiateur.

    La spéculation existe depuis que l’homme a commencé de battre monnaie et son prochain.

    En 160, sur les pentes (de la Croix-Rousse actuelle) de Condate, bourg mitoyen de Lugdunum, un nouveau temple de Cybèle est inauguré avec son taurobole et ses sacrifices dédiés au culte impérial et à la sauvegarde de l’empereur. Les nombreux temples et tauroboles font de la ville, la capitale du culte métroaque (maison de la mère) et impérial qui cohabite avec les autres cultes dont le mithraïsme bien développé dans les armées et chez les nobles romains (oppidum de l’esplanade de Fourvière, XIIIe cohorte urbaine de la rue des Farges), le culte d’Isis (qui n’était plus qu’un vestige lié à la période des amours tumultueuses de Cléopâtre avec César et Pompée), et aussi avec la première église chrétienne fondée en Gaule par Irénée.

    Tout baigne me direz-vous ! Que nenni car depuis les années 150, l’absence de guerres avec ses annexions qui enrichissaient les caisses de l’état (comme toujours, c’est malheur aux vaincus car les vainqueurs ne se privent pas de ponctionner les territoires annexés et de les soumettre à un lourd tribut), et surtout les besoins financiers croissants pour assurer la défense des nouvelles frontières avaient engendré une crise (genre premier choc pétrolier du XXe siècle) qui frappait le monde romain et s’étendait dans toutes les provinces.

    Ces charippes d’humains décidément ne changent pas : les nantis étaient envahis par la crainte de perdre leurs richesses et les autres cherchaient à rejeter la faute sur les ceusses que sont pas comme eux. Commença alors un processus qui allait conduire au drame. Tout d’abord, la bourgeoisie proposa que les combats de gladiateurs qui coûtaient cher, soient remplacés par des scènes de massacres des condamnés de droit commun, parodies de batailles, fauves lâchés dans l’arène et autres délicieusetés. En 177 ils avaient obtenu l’aval de l’empereur mais il y avait pénurie de condamnés ; ainsi, face au mécontentement populaire, les milieux commerçants appuyés par la puissance des corporations, utilisèrent l’opinion publique (partagée par le sénat et l’empereur) qui considérait les chrétiens comme une secte orientaliste, dangereuse et surtout coupable de crime de lèse-majesté puisqu'elle refusait de se plier au culte impérial.


    Dès le printemps, ils déclenchent un pogrom. Les chrétiens sont interpellés dans les rues et leurs habitations, hués, dépouillés, lapidés, ils sont traînés jusqu’en haut du forum où, interrogés par le tribun de la XIIIe cohorte urbaine et les duumvirs, ils confessent leur foi et  sont de ce fait accusés de
    faction illicita et jetés en prison, jusqu’à l’arrivé du légat. Certains, dont l’évêque Pothin âgé de plus de 90 ans, moururent dans leurs cellules suite aux sévices subits. Le légat qui avait sollicité l’empereur reçu de celui-ci les instructions suivantes : remettre en liberté ceux qui abjurent leur foi, exécuter les autres, soit par décapitation s’ils ont la citoyenneté romaine, soit en les jetant aux bêtes dans l’arène.

    25 - Le martyrologe romainL’amphithéâtre des trois Gaules est comble lorsque Blandine, la dernière suppliciée, est jetée aux lions mais les fauves l’épargnent, la frôlent, lui lèchent les mains, se couchent à ses côtés. La foule gronde, frustrée. Elle est alors mise dans un filet et sigrolée par un taureau qui la projette dans les airs. Quelques barbares venus d’Hispanie se permettent de crier quelques ‘olé!’ avant de se taire désapprouvés par le public. On reconduit l’animal dans son box et en sortant la jeune martyre du filet le bourreau signale qu’elle est toujours vivante. Les spectateurs se mettent alors à murmurer prêts à lever le pouce pour demander sa grâce. Le légat craint que si elle survit elle soit déifiée, légitimant ainsi la secte chrétienne, alors il ne laisse pas au peuple le temps de se retourner. Il envoie rapidement un légionnaire qui achève Blandine en l’égorgeant avec son glaive. Les corps furent ensuite exposés pendant six jours avant d’être brûlés, réduits en cendres et jetés dans le Rhône pour qu’il n’en reste aucune trace !

    C’est ainsi que parmi plus de quarante victimes mortes en prison, décapitées ou livrées aux fauves, le martyrologe romain de la chrétienté consacra outre Blandine, l’évêque Pothin, le médecin Alexandre Attale, le jeune Pontique, le diacre de Vienne Sanctus...

    Irénée qui succéda à Pothin et mourut en 202 avait échappé au massacre, car il était à cette période en mission de négociation à Rome. La persécution de 177 ne s’inscrivait donc pas dans la seule volonté impériale ; elle fut strictement lyonnaise pour servir d’exutoire au mécontentement du peuple en désignant les chrétiens comme responsable de la crise dont ils n’étaient que les boucs émissaires.

    A suivre ...


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  • Heureusement pour les gones, Galba ne resta empereur que quelques mois avant d’être renversé par Othon qui fut à son tour éliminé par Vitellius en janvier 69 lequel reçut un accueil triomphal à son arrivée à Lugdunum en février. Cette fois ce fut au tour des Viennois d’avoir à payer un tribut pour que la ville ne soit pas pillée. Pour fêter Vitellius, de grandes réjouissances furent organisées à l’amphithéâtre des trois Gaules. Les spectateurs assistèrent entre autres (un siècle avant que Blandine ne s’y colle) au sacrifice d’un dénommé Maricc qui devait servir de casse-croûte aux lions. Faut dire qu’il s’agissait d’un marque-mal un peu secoué de la cafetière et qui se prenait pour un envoyé des dieux, genre gourou si vous voyez ce que je veux dire ; il avait tout de même réussi à entraîner 8000 hommes à se révolter contre Rome avant de prendre la pâtée. Mais les lions sans doute allergiques aux illuminés, l’épargnèrent. Alors, pour pas casser l’ambiance, l’empereur le fit servir de cible à quelques légionnaires qui s’entraînaient justement au tir à l'arc, et le spectacle put reprendre.

    24 - La valse des empereursCette même année Vitellius fut assassiné sur ordre de Vespasien, chef des armées d’Orient et plébiscité par ses troupes pour prendre la toge impériale qu’il conservera dix ans. De mauvaises langues disent que s’il a instauré les édicules publiques c’est pas tant pour l’hygiène publique que pour rester en odeur de sainteté. 

    Soucieux de sa succession, dès 70, il avait fait installer Domitien son rejeton matru à Lugdunum en qualité de légat ce qui le plaçait en bonne position pour lui succéder. Ce fut toutefois son frère aîné Titus que l’on intronisa en 79. Ce dernier, comme Néron, commença en gérant correctement l'Empire, mais très vite tout partit en cacahuète car il vira bredin, les boyaux du cerveau tout détrancanés. Heureusement, en 81 il eût le bon goût d’aller fumer les pissenlits par la racine en fermant son parapluie.

    Domitien qu'était pas le mauvais bougre s’efforça de tenir la route. Au cours de son règne, il séjourna à Lugdunum à deux reprises. Tout d'abord en 83 avant d’aller se bigorner avec les Chattes (pas les minettes des greffiers mais les redoutables guerriers germains qui se laissaient pousser les cheveux et la barbe, avec un anneau dans l’oreille, jusqu’à tant qu’ils trucident leur premier ennemi) qui venaient incursioner en Gaule car ils étaient un peu pillards, paillards et ripailleurs. Il y revint en 89 pour mâter cette fois la rébellion d’Antonius Saturninus, gouverneur de Germanie Supérieure et qu’aurait bien voulu être calife à la place du calife. Domitien lui fit couper la tête ainsi que celles de ses copains qu’il exposa sur le forum à Rome ; il aurait alors déclaré " capita secare ! pedibus facerum est ! ", " coupez-lui la tête ! ça lui fera les pieds ! " mais c'est sous réserve. Ce qui est sûr, c'est que Bourvil a repris l'expression dans sa chanson les rois fainéants ". Hélas lui aussi devint parano... pas Bourvil... Domitien qui se la joua despote genre tyran et de surcroît persécuteur de patriciens, de sénateurs et de prétoriens, officiers de sa garde. Il se fit donc zigouiller à son tour comme de bien s’accorde.


    24 - La valse des empereursNerva âgé de 65 ans qu’était bien propre sur lui et dans sa tête, assura la transition de 96 à 98, préparant la place de Trajan qui régna dix-neuf ans en renforçant la romanisation des provinces et avant de rejoindre la grande faucheuse, il laissa l’Empire à son apogée territoriale. Hadrien de 117 à 138 consolida de son côté les frontières, notamment en Britannia où le mur de protection est resté aussi célèbre que l’est aujourd'hui la muraille de chine.

    Antonin le pieux qui lui succéda fut le seul empereur à régner en paix de 138 à 161, sans se chicorner urbi et orbi, consolidant lui aussi les frontières existantes. De ses quatre enfants, qu’il eût avec Faustina dite Faustine l’Ancienne, seule lui survécut Annia Galeria Faustina Minor, dite Faustine la jeune laquelle deviendra impératrice puisqu’elle avait épousé Marc-Aurèle.

    A l'incontraire des autres, Marc-Aurèle était philosophe stoîcien et il n'accepta la succession de son père adoptif que si Lucius Verus, lui aussi adopté par Antonin, partage la gestion de l'Empire. Il y avait eu des précédents et le sénat donna son feu vert pour que cohabitent deux empereurs.

    Pourtant malgré sa sagesse, c'est sous le règne de Marc-Aurèle que se produisit en 177 le drame... Mais c'est une autre histoire.

    A suivre


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