• Adam et Eve, j’y crois plus. La pomme, ça peut pas être mauvais, c’est plein de pectine.
    Jean-Claude Vandamme. 

    Où le baiser libérateur finalement, c’est comme aux élections, il faut un second tour.

    Nous voici samedi matin, avec notre caméra dirigée vers le château. Les fenottes sont toutes chez leurs coiffeuses pour se faire mistifriser ou chez leur esthéticienne pour un maquillage qui ne soit pas celui d’une poutrône tartinée ripolin. Les gones s’habillent en propre et se tiennent sur leur quant à soi avec leur vagnotte du dimanche, en faisant attention à ne pas se saloper pour ne pas se faire agonir de sottises par leurs bourgeoises. Les petits mamis ont la ronfle parce que les garçons en costumes de marin et les filles en robe à fanfreluches doivent se tenir à carreau sans faire de polisses pour ne pas se déssampiller. Tout le monde est donc tiré avec les quatre épingles pour la cérémonie du tantôt.


    Épisode18 - Les premiers prétendantsInstallée sur la plus haute tour du château, Anne, la gouvernante de Blanche-Neige fait le pet avec sa lorgnette pointée en direction de la grand ‘route principale. Son frangin l’interpelle sur le chemin de ronde, un poil plus bas.  
    Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

    Arrête de me courir sur le haricot ! rebrique-t-elle, je ne vois que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie.
    Elle avait été au service de la Barbe-Bleue avant que le salopiot ne se fasse gaulé par sa septième gisquette qui le surveillait derrière le poteau rose qui donnait sur la pièce fermée à clefs où il planquait ses six premières victimes. Le commissaire Juve aidé de Fantômas, l’arrêta et il fut condamné à éternuer dans le son, par la bascule à charlot.
    Enfin, un peu avant midi elle se met à bieurler :
    - Les voilà, les voici, les voilou ! Trois cortèges se pointent en direction de la casbah. Ils devraient poser leurs valises sur le coup des trois plombes !

    Aussi sec une estafette enfourche sa meule une Guzzi Stornello V711 pour aller prévenir nos amis.

    Caroline rejoint la chambre de la princesse pour lui refaire un maquillage avec le matos extrait du sac Vuitton de l’orpheline. Les bénévoles encadrés par Hercule, Dynamite et Grisbi sont déjà là pour canaliser la foule qui va ralléger à partir de quatorze heures. Bouftou et Rêveur s’occupent des traiteurs, Dandy gère les comédiens et Cosinus reçoit la presse, les équipes de téloche et de radio venus couvrir l’évènement en direct live.

    A quinze heures, le coinsteau d’ordinaire calme prend des allures de foire comme celle de Beaucroissant, la plus ancienne de France qui existe depuis 1219. Le soleil radieux est de la partie. Le pardingue en sapin avec son couvercle vitré ouvert est déposé sur le catafalque laissant entrevoir la frimousse souriante de Blanche-Neige comme si elle s’amusait de toute cette effervescence.  

    Le premzire à se présenter est le seigneur Don Diégo De la Véga, un bellâtre bien propre sur lui du genre hidalgo qui s’est illustré sous le sobriquet de Zorro à Los Angeles (ville que des médisants appellent L’Œuf en Gelée) une petite bourgade de Californie espagnole qu’il libéra de la tyrannie du capitaine Monastorio. Après avoir salué la foule, il esquisse quelques moulinets avec sa rapière, faisant bavocher les mioches et les minettes. Il s’approche du cercueil et se penche vers les lèvres offertes lorsqu’il ressent une vive douleur dans son fondement et se relève brusquement. Il vient de se faire piquer les miches par sa dulcinée Catherine Zeta Jones qui le saisit par le lobe de son étiquette.
    On n’est pas chez les mormons, piaille-t-elle alors rejoint le foyer conjugal ou tu vas goûter de mon rouleau à pâtisserie ! En couinant il s’exécute sous les quolibets du public hilare qui applaudit à tout rompre.

    Vient ensuite le prince Vlad IV de Valachie, fils d’un chevalier de l’ordre du dragon créé en 1418 pour la défense de la chrétienté et plus connu sous le sobriquet de Dracula. C’est pourquoi, quand il se penche à son tour le silence se fait et on esgourde plus que le claquement des mandibules des gens qui se cocounent les uns contre les autres. Mais heureusement Cosinus avait eu la précaution de mettre au fond de la boite à viande quelques chapelets d’ail et crucifix en bois d’olivier (des contrefaçons made in china) récupérés lors d’un voyage à Bethléem.
    Vlad se relève à son tour plus pâle que jamais (un comble pour un vampire) avant de prendre ses cliques et ses claques et de retourner en Transylvanie.  

    Le troisième invité se présente sans dire un mot ; un bel homme à la chevelure ondulante et une barbe bien taillée, vêtu d’une toge et chaussé de spartiates, le haut de son visage est recouvert d’un masque. Il s’approche à son tour et se penche. Tout le monde retient son souffle lorsqu’à la dernière seconde, il se redresse brutalement arrache son masque et d’une voix forte en scrutant le ciel le montrant du poing, il déclare :
    - Suffit Athéna ! Tu m’as déjà roulé dans la farine avec Circée et Nausicaa et poursuivit de tes turpitudes pendant des années, mais cette fois tu ne m’auras pas. Je ne peux épouser la princesse malgré sa grande beauté, je pars rejoindre ma bien-aimée Pénélope qui m’attend à Ithaque ! Un éclair de chaleur zèbre alors le ciel !!! C’est Zeus qui se marre.  Vous l’aviez deviné bien sûr, il s’agit de notre ami Ulysse qui descend de l’estrade monte dans son char et part au grand galop jusqu’à Saint-Exupéry louer un jet privé pour retourner en Grèce.

    Comme c’était le dernier prétendant, la foule se disperse en commentant ce qui vient de se passer tandis que les journalistes rédigent leur papier pour la une du lendemain et JR avec son équipe prépare le JT de 20h. JR, Jules Ricard, est un cousin de Jean-Pierre Pernaut ; il officie aux infos du soir à la téloche.   

    Fin de l’épisode, à suivre...

    Le samedi était un galop d’essai, plusieurs princes sont attendus demain. Allons-nous enfin connaître celui qui épousera Blanche Neige ?
    Réponse A – En arnouchant les infos du samedi, les futurs se disent que la mominette porte la scoumoune et que vaut mieux aller voir ailleurs ; ils se cassent car ici ils n’ont pas d’avenir.
    Réponse B – Aucun ne va faire l’affaire et dès que le soleil se couche, la gisquette va disparaître en poussière ; circulez, y’a rien à voir !
    Réponse C – En fait de prince charmant, c’est un escroc, poivrot et violent qui va l’emporter et l’orpheline va vivre malheureuse et n’aura pas d’enfant.
    Réponse D – Non mais ça va pas la tête ! Il va forcément y avoir un prince charmant. Accrochez-vous à votre babasse, car celui-là vous n’allez pas le voir venir ! Devinez !

    Glossaire 
    Poutrône  mot typiquement lyonnais pour désigner une tête grossière de carton sur laquelle les modistes faisaient leur bonnet. C’est aussi une poupée d’enfant en carton puis en chiffon sans bras ni jambes. À la révolution, la Poutrône était le sobriquet de la statue de la déesse Raison. Par extension, c’était aussi une femme de mauvaise vie car le mot vient du vieux français poutre, jument.

    S’habiller en propre, c’est mettre ses habits du dimanche. 
    La vagnotte ou redingote, veste du dimanche, était dans nos campagnes une sorte de bât pour les ânes, c’est donc par irrespect que les paysans comparait les gens chics qui portaient une vagnotte, à un âne. 
    Faire des polisses, en lyonnais c’est faire des polissonneries. 
    Être déssampiller, c’est avoir les vêtements en lambeaux, déchirés. 
    Faire le pet une des métaphores amusantes du mot pet qui est à la fois quelque chose de bruyant, d’imperceptible, que l’on n’avoue pas et qui suppose , parlant par respect, de s’immobiliser pour le lâcher et donc ici c’est faire le guet en restant immobile et hors de vue. 
    Eternuer dans le son par la bascule à Charlot, c’est une périphrase bien explicite pour un condamné dont tête tranchée tombe dans un panier de son après avoir été basculé sous le couperet de la guillotine. 
    Pardingue en sapin, boite à viande ou boite à os : trois des dix appellations pour cercueil, la plus étonnante étant : taupinière à cloportes !Rouler dans la farine pour berner, tromper ou leurrer, est en fait un raccourci de l’expression complète : rouler dans la farine pour en faire des beignets.   


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  • Petites annonces: Vend plat pour mettre les pieds dedans
    Toutes pointures du 37
     au 44
    Pierre DAC - L'Os Libre - mai 1946.

    Où la préparation du weekend va bon train. 

    Vendredi matin à 7h pétante, le lapin compte-minute, déclenche le réveil des troupes en envoyant  sur les portables  des nains et de la famille Ingalls sa musique du jour. D’humeur badine, il choisit : « Y’a d’la joie ! » de Charles Trenet ; c’est donc sur cette mélodie que tous nos amis se lèvent en appréciant ce choix qu’ils considèrent de bon augure. 

    Après avoir bu leur bol de benco et fait une petite décrassouillette matinale, ils se réunissent autour de Cosinus qui dirige les opérations.    
    Tout doit se passer dans la vaste plaine située à l’orée du bois derrière notre maison, déclare-t-il, elle est accessible par la grande route qui va en direction du château. Tout sourire, il rajoute :
    J’ai appris que la méchante reine avait pris un coup de sang et qu’elle est recluse dans sa piaule. Sa garde personnelle qui est toujours restée fidèle à la princesse est d’ailleurs prête à donner la main pour le service d’ordre. Hauts les cœurs, allons-y gaiement !
     

    Il se rend au bord de la plaine,  prend son porte-voix et d’une voix forte commande :
    - Brouteuses, brouteurs à vous de jouer !    
     

    Épisode 17 - Les préparatifsAussitôt dit, plusieurs dizaines de troupeaux de chèvres et de moutons assainissent la clairière en broutant l’herbe à ras du sol et la débarrassant des chardons et des ronces diverses. En moins d’une plombe, le pré est aussi lisse qu’un terrain de foot pour une finale de coupe du monde.
    C’est alors qu’arrive un cuchon de villageois, heureux d’une liberté retrouvée, armés de pelles, pioches et râteaux. Ils délimitent deux vastes parkings de chaque côté de la route avec panneaux directionnels et emplacements nominatifs pour que les visiteurs puissent y déposer et retrouver leurs carrioles, bétaillères, charrettes, diligences, citrouilles ou carrosses. Ils aménagent aussi un espace ombragé pour les chevaux, mulets, ânes, rennes ... avec stocks de fourrage et de carottes, des abreuvoirs et des bottes de paille pour leur litière. 
    Notons que dans le courant de la nuit, les castors avaient détourné une rivière pour alimenter en permanence, en eau fraîche, les abreuvoirs.  

    Épisode 17 - Les préparatifsSur les côtés latéraux  de la prairie, des  petits villages de toiles de tentes sont installés pouvant servir de coin repos pour l’espace réservé à la garderie d’enfants, pour les officiels, les têtes couronnées et leurs accompagnateurs, les services de secours et l’infirmerie, les troupes de comédiens et saltimbanques, ...  Comme de bien s’accorde, un espace restauration avec de nombreuses tables, bancs et chaises ainsi qu’une longue cuisine roulante équipée complète le dispositif. 

    A proximité de la maison de nos amis,  Hercule, Dynamite, Charles et Grisbi, aidés d’une équipe de spécialistes montent  un amphithéâtre en demi-cercle avec gradins pouvant recevoir une centaine de V.I.P. Au centre, sur un parquet, ils installent le catafalque à baldaquin prêt à recevoir le cercueil en verre avec couvercle amovible en plexiglas où reposera la princesse. 
    L’amphithéâtre est positionné face à une petite colline boisée qui borde le côté gauche de la plaine, afin que le plus grand nombre puisse assister au spectacle.
     

    Vers midi tout est fin prêt. Les nombreuses chouettes parties dès l’aube pour distribuer les flyers d’invitation rentrent nicher dans leurs arbres. Caroline et ses filles, Bouftou, Dandy et Rêveur ont préparé le repas que nos amis dégustent dans la bonne humeur malgré un petit pincement au cœur de ne pas partager la fête avec Blanche Neige. Avant que les villageois ne rejoignent leurs cambuses, un traiteur arrivé pour l’occasion remet à chacun un panier repas avec une demi-bouteille de côte. 

    En fin de repas, après leur chicaison et leur lichaison, nos mamis sont attablés, comme de bien s’accorde autour d’une Dubelloire fumante pleine d’un caoua odorant, Caroline et ses filles versent le café dans les tasses et Charles qui avait sorti de derrière les fagots (À l'origine, au XVIIIe siècle, cette expression s'appliquait au vin de qualité qu'on remontait de la cave où il avait été soigneusement conservé, caché derrière les fagots de bois stockés pour l'hiver) une bonne bouteille de marc égrappé de pays du Jura qu’il avait lui-même distillé à l’alambic. Il en verse une bonne rasade aux Sept, dans de petits verres à digeo, qu’ils dégustent en claquant de la menteuse.      

    C’est du brutal, il a du retour et de la cuisse, dit Grisbi.      

    Ça glisse bien dans le corgnolon, rajoute Hercule.       

    Heureusement que j’ai le gosier qu’une armure d’acier matelasse, conclut Dynamite avant que soit servi une deuxième tournée. 

    Dans le courant de l’après-midi quelques cigognes-factrices apportent de nombreux messages de soutien au projet, souhaitant par avance un réveil charmant à la princesse et en fin de soirée, la petite troupe du père Cagnac, un ami d’Hercule, débarque, installe un carrousel de chevaux de bois, un tir aux fléchettes, une pêche aux canards et monte une estrade avec coulisses pour les numéros de pantomimes, jongleurs et sketches parodiques. Il s’agit bien sûr de distraire les petits et leurs parents. 

    Nous voici samedi matin, dirigeons notre caméra vers le château.

    Le samedi sera-t-il concluant ?

    Réponse A – Profitant de l’absence de l’armée royale, un commando de mercenaires prend le pouvoir au château de la Reine et renvoie chez eux les caravanes princières.
    Réponse B – Par suite d’une erreur sur Mapy, l’itinéraire pour aller chez les Nains est faux et les princes partent dans le royaume de Narnia, ils ne pourront arriver à temps vers la princesse.
    Réponse C – Blanche-Neige va se réveiller durant la nuit ; atteinte d’amnésie, elle va se retrouver dans un désert où elle va rencontrer le Petit Prince et partir avec lui sur sa planète pour cultiver des roses.
    Réponse D – Faut arrêter le délire, les princes vont se pointer et le spectacle va pouvoir commencer ; toutes les bonnes choses ont une fin n’est-il pas ?
       

    Glossaire 
    Chicaison et lichaison : se dit d’un repas copieux riche en nourriture (chicaison) et boissons (lichaison).
    Dubelloire – cafetière en terre de grès avec passoire de même nature (système à percolation) inventée vers 1800 par Du Belloy, qui faisait partie du quotidien des bignolles ou concierges lyonnaise. Il y a toujours sur le coin du fourneau la dubelloire, manière que si quelqu’un vient à l’improviste, qu’on s’y attendait pas, ben on lui paiera toujours une petite tasse de café ! Savez ça que c’est ! 
    Digeo abréviation pour digestif.
    Claquer de la menteuseclaquement de langue pour exprimer sa satisfaction. 


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  • Dans le fond, ce n'est pas tellement triste un enterrement.
    Il suffit qu'il y ait un peu de soleil dessus et tout le monde est content !
    Arletty - Les enfants du paradis

    Où nous allons de surprise en rebondissement.

    Au cours de la veillée, Caroline Ingalls se lève et jabote :
    Avez-vous remarqué, que notre Amie a gardé ses couleurs et sa chaleur ; c’est comme si elle piquait un roupillon. Elle n’est même pas raide comme un macchabée !     
    Un long murmure d’approbation résonne dans la chambrée.     
    Cosinus beurle : « bon sang, mais c’est bien sûr ! » il se dirige vers la bibliothèque d’où il extirpe un grimoire.

    Épisode 16 - Surprise, surprise !- Ce bouquin m’a été remis par la fée Carabosse de Chamot (une petite oasis du désert d’Arabie où elle crèche) déclare-t-il. Elle m’avait dit alors :   " J’ai grand besoin de vacances, un siècle ou deux, mais avant de partir je dois t’affranchir. Ta route va croiser celle d’une orpheline dont je suis secrètement la marraine. Je l’ai protégé avec un sortilège pour le jour où il lui arrivera malheur, ce que j’ai vu dans ma boule à neige Betty Boop. Je te confie donc ce grimoire dont le texte apparaîtra au moment funeste. Ce seront les instructions pour la sortir du pétrin."

    Il ouvre le grimoire où sur une page vierge, un texte s’écrit automatiquement sous ses calots ébaubis.   
    Blanche Neige est donc bien la filleule de Carabosse s’écrie-t-il. Puis se retournant face à la petite assemblée qui ne pipe pas mot, il leur ligote le texte :
    - Une princesse jeune et jolie du genre prix de Diane va rendre ses clefs des suites d’un vulgaire et sournois assassinat. Il lui reste toutefois une chance de quitter les sacs d’os et de revenir parmi les vivants. Il faut que dans les trois jours qui suivent le décès, un prince sincère et charmant vienne baiser ses lèvres purpurines. Sinon son corps disparaîtra dans un nuage de poussière. Cette mission, si vous l’acceptez, sera difficile mais pas impossible et cette page s’autodétruira quand minuit sonnera à la fin du troisième jour.   

    Un brouhaha indescriptible se déclenche dans la casbah. Cosinus ramène le calme en fermant le grimoire ; il demande à chacun d’œuvrer fissa pour que les délais soient respectés.
    Rêveur concocte aussitôt un mail qu’il envoie par internet via les réseaux sociaux. En voici la teneur :    
    - Princesse belle comme le jour et qui n’a jamais
    vu le loup peter sur la pierre-de-bois, seule héritière du royaume, mensurations 90-60-90, attend prince charmant et sérieux pour s’épanouir à la vie, partager des passions communes et plus si affinités.       

    Épisode 16 - Surprise, surprise !

    De leur côté, Dandy et Laura réalisent un tract publicitaire (flyer disent les anglophones) pour inviter les gens à la cérémonie du baiser.  La fin de la soirée se passe à l’élaboration du plan stratégique de l’opération et tous partent se glisser dans les toiles pour être en forme dès vendredi matin car vous l’avez deviné, nous sommes un jeudi puisque l’invitation est pour le weekend.
    Si nous voulons qu’il y ait foule pour les deux jours du baiser, les deux derniers jours doivent tomber un samedi et un dimanche. Ça va tout le monde suit, sinon prenez des notes.

    Rendez-vous est pris à 7h pétantes.      
    -
    réglez vos sabliers dit Cosinus, je prends le premier tour de garde pour veiller la gosseline.

    Pendant ce temps, Gaston qui avait tout suivi depuis Bagdad décide de jouer les provocateurs à l’encontre de l’orphelinicide.    
    Il se rend d’un claquement de doigt dans les apparts de la Reine assassine. Celle-ci qui cauchemardait, un mal-fait n’est jamais perdu (
    c’est l'inverse d'un bienfait), se réveille en sursaut.    
    Prise au débotté en chemise pilou et bonnet sur la tête, elle gongonne :
    - Tu n’peux pas me lâcher la grappe, quel mauvais vent t’amène ?

    - Tu ne crois pas si bien dire, sourit Gaston, la princesse n’est pas calanchée, juste en léthargie et m’est avis que dans trois jours elle va retrouver sa fraîcheur persavon. Désolé, t’es toujours la Dauphine !    

    Écumante de rage, la teigneuse s’estranglouille et fait péter sa pompe cardiaque, ce qui la cloque aussi sec dans un coma profond.    
    Parfait, constate Gaston, elle va nous fiche la paix les trois prochains jours. Content de lui et après avoir mis une pancarte sur le pommeau de la porte précisant : « Ne déranger sous aucun prétexte » avec en dessous la version anglaise pour les stagiaires au pair « Do not disturb », il claque dans ses doigts et se retrouve avec ses potes au palais du calife, pile poil au moment de l’histoire de Shéhérazade.

    Fin de l'épisode, à suivre...

    Dites donc, elle n’est pas pleine de rebondissement cette histoire ! Je n’sais pas vous, mais je suis curieux de lire la suite.
    Les préparatifs vont-ils bien se passer ?
    Réponse 1 – Le ciel va se couvrir dans la nuit apportant trois jours de pluies diluviennes qui vont faire capoter les préparatifs et dissuader la foule comme les princes de venir  et Blanche neige va rejoindre la grande faucheuse pour de bon.
    Réponse 2 – Un malencontreux tremblement de terre va engloutir la maison des nains et le cercueil ; la mauvaise reine ayant elle aussi posé sa chique, une révolution va transformer la Royauté en République. Les sujets accablés d’impôts vont devenir des contribuables. Les cerfs deviennent des vaches-à-lait. 
    Réponse 3 – dès vendredi matin un soleil radieux va s’installer, attirant les marchands du temple et autres vendeurs de zizigougou (voir le sketch de Fernand Raynaud) et aussi les confiseurs de barbe à papa, de pomme d’amour et de pâté de vogue. La cérémonie s’annonce festive.
    Réponse 4
    – Les princes vont arriver attirés par l’appât du gain et au lieu d’être fair-play comme il se doit chez les preux chevaliers, la fête va se transformer en foire d’empoigne où les princes vont tous s’entretuer ; c’est ballot, non !   

    Glossaire
    Jaboter – discourir, c’est aussi bavarder.
    Beurler – crier, s’écrier en parlant d’une personne ; s’emploie dans le parler lyonnais (vient du latin bragullare : crier). C’est aussi chez les gones, meugler en parlant d’une vache.
    Affranchir – mettre au courant, mais c’est aussi corrompre, soudoyer ; s’utilise également pour introniser quelqu’un dans une confrérie, un monde différent et plus curieux : initier sexuellement un garçon ou une fille.
    Calots – toujours au pluriel, désigne les yeux ; pour un seul œil on utilisera plutôt une gobille ou une agate.
    Ligoter – lire, faire la lecture dérive du verbe lier pour lier les mots entre eux. On ne ligote pas un seul titre ou un seul mot, mais bien un texte.
    Rendre ses clefs – encore une belle métaphore pour mourir.
    Voir ou entendre le loup peter sur la pierre-de-bois ou d’évier, une très jolie périphrase du parler lyonnais et de ses expressions, employée par Guignol dans son journal des années 49 et 54. C’est connaître l’amour charnel et le pratiquer. Je n’en ai pas retrouvé l’explication, alors si un de mes lecteurs pouvait m’en donner l’origine, ce serait adorable.
    Se glisser dans les toiles – c’est comme se jeter dans les torchons, aller se coucher.
    Pâté de vogue – une confiserie très prisée dans les vogues lyonnaises faite avec de la fleur de farine et garni communément de poires qu’on a fait mariner vingt-quatre heures dans de l’eau de vie et du sucre. On le dore par-dessus avec un jaune d’œuf. Ces pâtés ont la forme d’un chapeau de gendarme. C’est ce que signifie l'expression : avoir un ventre en pâté de vogue en parlant d’une jeune femme enceinte, en état de grossesse avancée.


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  • La mort n'est en définitive, que le résultat d'un défaut d'éducation
    puisqu'elle est la conséquence d'un manque de savoir-vivre

    Pierre Dac - Avec mes meilleurs pensées

    Où la Reine jubile, Gaston fait la gueule, les Nains et les Ingalls sont effondrés.    

    Toute excitée la teigneuse, s’enquille dans sa piaule. Sur un guéridon une lettre est posée bien en vue. C’est une bafouille de Platt-Fuss.
    « Salut ma Grosse ! Soulignons ici que chez les sorciers, ce sobriquet est une marque de gentillesse et d’affection sans la moindre connotation péjorative. Merci de m’avoir prévenu de ton succès avec une photo du cadavre de la princesse adressée sur mon smartphone. Je n’ai donc plus aucune raison de prolonger mon séjour et avec Azurel nous repartons dans ma contrée, pour l’ouverture de la chasse... aux stroumpfs. Bonne continuation, plus rien ne te fait de l’ombre, alors profite !»

    Épisode 15 -  On se dirige vers la veillée funèbre– Reposant la bafouille, la Reine va s’asseoir à son bureau. Sur l’écritoire, elle prend sa plume d’oie Mont-Blanc (une contrefaçon) et répond :
    « Bon vent à toi aussi vieille canaille, éclate-toi bien ; Je t’adresse mes souhaits les plus vénéneux pour la réussite de ton projet. N’oublie pas d’invoquer la patronne des technocrasses, notre copine Mélusine Enfayite ».

    Dans un tiroir, elle récupère un sifflet à ultra-sons, souffle et moins d’une broquille plus tard, la cigogne-facteur vient se poser sur le rebord de la fenêtre avant de repartir livrer la missive au sorcier noir. Pétante de joyeuseté, elle file zapper Gaston qui lui présente sa trombine des mauvais jours ce dont elle n’a cette fois rien à cirer.
    - Alors génie de pacotille c’est qui la plus choucarde du royaume ? Quémande-t-elle.  

    D’une voix enrouée par la tristesse le génie rebrique :
    - Blanche Neige a soufflé sa veilleuse, c’est sûr. Pourtant même à l’état de viande froide, elle reste encore le prix de Diane de toutes les drôlesses d’ici ou d’ailleurs. Tu te berlures si tu crois être la premzire. Tu restes et resteras un outsider et puis c’est marre ! 

    – Esgourdant cette diatribe, la Reine grimpe au cocotier, vire au cramoisi, pète sa tuyauterie et pour ne pas choper un infarctus foudroyant, elle balance un cendrier mastoc, en faux cristal sur l’écran. Le miroir plus du tout magique explose, libérant Gaston qui ne demande pas son reste et prend son tapis volant pour rejoindre ses potes qui turbinent du côté de Bagdad.

    C’est ça dégage le plancher, je n’aurais pas de mal à te remplacer, éructe la Reine qui s’enferme aussi sec dans sa chambre en bougonnant.

    Dirigeons notre caméra sur le lieu du drame. Les nains de retour du turbin raboulent dans leur cambuse. Ça n’est pas un spectacle jojo qui se présente à eux lorsqu’ils biglent Blanche Neige affalée sur le parquet. Rêveur fonce illico, espérant ranimer l’orpheline. Mais que dalle !
    C’est la fin des haricots, la grande faucheuse a chouravé notre amie, jacte-t-il dans un sanglot.

    - Si la raclure me tombe sous la paluche, je lui ferai passer le goût du pain, je l’explose, la ventile, la disperse façon puzzle, je lui crève la paillasse lentement à petit coups de surin, rajoute Dynamite qui connaît bien les Tontons flingueurs.

    Bouftou tombé à genoux près de la princesse, lui prend une main et grommelle des injures à l’encontre de la mauvaise. Grisbi suggère qu’on mette un contrat sur la tête de la Reine :
    - Nous avons suffisamment de pognon pour embaucher Jason Statham le flingueur le plus sûr et le plus efficace ainsi que Josh Randall le meilleur chasseur de primes du pays.

    Épisode 15 -  On se dirige vers la veillée funèbreNous allons y réfléchir lui répond avec un triste sourire, Dandy, mais pour l’instant, ne la laissons pas sur le carreau, déposons-la sur son pieu pour la veiller toute la nuit.
    Hercule avec délicatesse la porte jusqu’à sa chambre, l’installe dans son pageot avant d’écraser une larme qui coulait sur sa joue.
    - C’est l’effort dit-il.
    Sans doute, sans doute, toussote Cosinus en rajoutant :
    je vais bigophoner chez les Ingalls pour les prévenir.

    Quelques broquilles plus tard, la famille débaroule dans la carrée.
    Je vais préparer les en-cas avec du sauciflard, de la charcutaille et du fromgi, signale Bouftou, suivi dans la cuisine par son pote Rêveur.

    - J’ai récupéré la trousse à maquiller et la médaille de baptême de Blanche dans son sac Vuitton, je vais lui faire une petite décrassouillette funéraire, informe Caroline.
    Je viens t’aider lui dit Laura.

    En regardant la princesse, Caroline se retourne brusquement et déclare à la cantonade :   

    Fin de l’épisode ! A suivre... 

    Que va déclarer Caroline ?
    Réponse A : J’ai un ami dont les ancêtres étaient les momificateurs  attitrés des pharaons ; C’est une pointure, il était même pressenti pour momifier Mao ; Je peux l’appeler, il viendra avec ses vases canopes pour mettre les viscères, foie, reins, rate, cœur... !
    Réponse B : Elle commence sa décomposition, si vous ne voulez pas que ça fouette avant l’aube je suggère de la tremper dans un bain de lavande
    Réponse C
     : Avez-vous remarqué que notre amie a gardé ses couleurs, sa chaleur ; c’est comme si elle ne piquait qu’un roupillon. Elle n’est même pas raide comme un macchabée !
    Réponse D : Nous devions aller faire les magasins demain, est-ce que vous savez où elle rangeait ses bons de réduction, ce serait dommage de les perdre !
     

    Glossaire
    Choucard
    c’est une appréciation très positive et élogieuse pour dire beau, bien ou bon.
    Souffler sa veilleuse : jolie périphrase pour mourir, rendre son dernier soupir.
    Prix de Diane : nous sommes dans le summum de la beauté avec la séduction et l’intelligence en prime ; en hippisme, le prix de Diane est réservé aux pouliches et donc celle qui gagne est parée de toutes les qualités par les turfistes. Une belle femme est en argot une belle pouliche et le prix de Diane c’est la plus belle parmi les belles. C’est pour cela que Gaston traite la reine d’outsider.
    Grimper au cocotier c’est atteindre le paroxysme de l’énervement, ce qui conduit à
    Péter sa tuyauterie c’est-à-dire perdre toute retenue.
    Rabouler pour rentrer chez soi ne se trouve pas dans les dictionnaires officiels d’argot, s’est une particularité de l’argot utilisé à Paris et à Lyon ; il remplacer s’abouler.
    Raclure se dit d’une personne profondément méprisable.


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  • Parler pour ne rien dire ! Marcher pour ne pas avancer
    Vaut mieux se taire et rester assis
    Raymond Souplex
        

    Où la reine déguisée en Gisèle des vamps pourrait bien être la grande faucheuse.    
    Ce jour-là, descendue dans son labo, la reine fricota un poison mastar à base de venin d’aspic. Elle avait fait installer un vivarium où elle élevait des serpents. Au début elle avait choisi des vipères de race lubriques, mais leur venin ne tuait pas et provoquait des effets secondaires sur les drôlesses, du genre accélération de la libido, un peu comme le viagra chez les michtons.

    Y n’faut pas que je renouvèle l’erreur commise sur Lady Chatterley. Je croyais la tuer, mais le poison l’avait rendue foldingue du sexe et elle m’avait même piqué mon amant, Marcel le garde-chasse ! Pensa-t-elle.

    Du depuis cet incident, elle avait cherché de nouvelles formules dans ses grimoires jusqu’au jour où en visionnant le film « Cléopâtre » de Franc Roddam, avec Timothy Dalton (Jules César), Billy Zane (Marc-Antoine) Rupert Graves (Antoine/Auguste) et Leonor Varela (la reine d’Egypte), elle s’était délectée en visionnant le suicide de la reine qui mourait d’une piqure d’aspic. Elle avait donc viré les vipères pour les remplacer par des aspics égyptiens qu’elle faisait venir du Caire.
    Si avec ça je rate mon coup, je rentre au couvent, se dit-elle.

    Elle inocule le poison à l’aide d’une piquouze dans un quartier de pomme « royal gala », bien sûr. De sa malle à défroques, elle se travestit en ‘’Gisèle’’ la Vamp Dominique de Lacoste qui disait dans un sketch avec Lucienne: « La mort ??? Ah non !!! Je n'y pense jamais, ou alors je pense à celle des autres, c'est plus gai. »

    Rappelons que son labo donne sur une rivière qui lui permet de quitter en loucedé le palais pour aller espionner ses sujets dans une taverne du patelin. Malheur au blaireau de l’opposition qui après avoir jeté de la grêle sur elle, se retrouvait entôlé dans une oubliette sans piger qui l’avait balancé ! Et donc le lendemain à l’aube, elle s’enquille par ce passage puis se dirige vers la turne des Nains. Planquée à proximité, elle sort de son sac Hermès, un thermos de caoua bien chaud. Elle s’en mouille la meule, d’une tasse pleine avec deux sucrettes. Lorsque l’alarme de son portable se déclenche vers les dix plombes, elle s’en va toquer à la lourde du gourbi.

    Blanche Neige se rend à la fenêtre et bonnit que par sécurité, elle ne délourde pas. La Reine, opine du bonnet et jacte qu’avec tous ces loubars et traîne-patins faut faire gaffe pour pas finir entubé. Pendant que les deux frangines se tapent la converse, la fausse Gisèle sort de son sac Hermès la pomme royal gala qu’elle partage en deux, croquant la première moitié. Elle tend la partie empoisonnée à Blanche Neige qui l’accepte sans méfiance et prend son opinel dans son sac Vuitton pour éplucher le fruit.

    L’Orpheline cuisine alors la Gisèle sur le pourquoi du comment, elle trimbale sa viande dans le coinstaud. Gisèle rencarde qu’elle était une tantine de Charles Ingalls.

    « Ca fait bien cinq piges que je n’ai pas pété la miaille de mon neveu, de sa fenotte et des trois pisseuses. Je me suis donc remué le lard pour rabouler ici et leur faire une petite surprise. Mais Toi ma chouquette, que glandouilles-tu dans ce bled ? »

    Blanche Neige (sur les conseils de ses nouveaux amis) dégoise qu’elle bosse comme stagiaire de Diamondsland à Anvers, capitale mondiale du commerce de diamants. - Mes potes, les rase-bitume, extraient de leur mine des pierres de haute qualité. J’ai pour mission d’en négocier l’achat. Elle poursuit son baratin sans croquer le fruit, ce qui commence à gonfler la mauvaise.

    Épisode 14 -  La pomme, comme pour Adam et Eve, c’n’est pas bon !On va pas y passer le réveillon, faut qu’elle arrête de bavocher, pense-t-elle. Excellente cette pomme, dit-elle en croquant un quartier ! Sur ce, Blanche Neige coupe un morceau de royal gala et se l’enfile d’un trait. Elle en a aussitôt la sifflette coupée, bat l’air de ses bras et s’abouse sur le plancher. La Reine qui a amené un rossignol offert par Fantômas, force la porte d’entrée, se précipite vers sa bru et pour ne pas se faire blouser une seconde fois, vérifie que la môme a bien dépoté son géranium.
    Le pouls ne bat plus, la flamme d’une allumette devant ses lèvres ne vacille pas et elle lui croque un doigt de pied. Dans les autrefois, lors du constat de décès, les carabins se faisaient accompagner de celui qui était chargé de l’inhumation. Celui-ci croquait un orteil et si le corps ne tressaillait pas le décès était confirmé. C’est l’origine du vocable croque-mort. Blanche Neige n’ayant réagi à aucun des trois tests, la Reine confiante se renquille au palais dans un ricanement sinistre.

    Fin de l’épisode ! Ou de l’histoire ! A suivre...Peut-être...

    Que peut-on rajouter ?
    Réponse A : On ferme le bouquin, on plie les cannes et on allume la téloche pour zieuter le journal de vingt plombes. C’est plus gai. Quoi que…avec les infos ! Réponse B : Si on veut que les amerloques rachètent le scénario, on fait intervenir Bruce Willis qui après avoir piqué l’antidote au docteur Frankenstein, ranime la minette qui n’était autre que la fille cachée de Walt Disney
    Réponse C
     : Les rois mages ayant vu dans le ciel l’étoile annonciatrice du décès de la princesse, ils convoquent les chevaliers de la table ronde pour partir rechercher le saint Graal capable de faire revivre Blanche Neige.
    Réponse D : Si vous croyez que je vais laisser l’histoire se finir en eau de boudin, c’est faire un mésusage de votre capacité à positiver. Essayez donc d’imaginer ce qui va suivre !

     Glossaire
    Fricoter
    c’est ici se livrer à une activité coupable. S’emploie aussi pour faire bombance, avoir des relations sexuelles, gaspiller, et faire des manigances. C’est un des rares mots d’argot qui a autant d’acceptions différentes.
    En loucedé ou lousdé,loucedoc, lousdoc -  en douce, discrètement en catimini, mais ce n’est pas du louchebem, l’argot des bouchers lyonnais et parisien, c’est du largonji un code utilisé par certains professionnels au XIXème siècle et dont quelques mots ont été perpétués par les « mauvais garçons ».
    Jeter de la grêle c’est médire, par opposition à jeter de la pommade qui est flatter, mais le résultat est pareil, c’est de la moquerie.
    S’enquiller, s’introduire, pénétrer dans un lieu, sur une route, un endroit balisé. Autrefois enquiller signifiait cacher entre les cuisses un objet volé à la détourne. Quille c’est la jambe.
    Entuber c’est tromper escroquer ; à l’origine c’était sodomiser sans connotation péjorative. Aujourd’hui le terme est galvaudé et remplacé par enculer qui reste plus injurieux.
    Traîne-patins c’est un miséreux, un vagabond, mais toujours louche à l’inverse du clochard volontaire ou du Sdf involontaire.
    Trimbaler sa viande c’est se promener nonchalamment ou marcher avec difficulté. Péter la miaille, expression lyonnaise pour se faire la bise.
    Glandouiller c’est en principe perdre son temps où se trouver dans un trou perdu ; le terme s’utilise donc pour comprendre la situation d’une personne qui ne semble pas à sa place.
    Se remuer le lard c’est se décider à agir en se déplaçant.
    S’abouser, belle métaphore lyonnaise pour signifier qu’on tombe en s’écrasant comme une bouse de vache.
    Blouser, duper, tromper. Se faire blouser, c’est se faire avoir.
    Dépoter son géranium  encore une façon de mourir.
    Finir en eau de boudin, se dégrader, mal finir.


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