• Lorsqu’il pénétra dans la chambre,  Bryan s’installa dans le fauteuil à côté du lit où l’homme dormait. Il ferma les yeux et se connecta au rêve du dormeur. Une faible lueur verte comme un petit nuage se positionna au-dessus de leurs têtes ; alors, Bryan influa sur le cours du rêve en rejoignant l’homme qui avançait le long d’un couloir jusqu’à atteindre une porte qu’il ouvrit.

    Elle donnait sur un jardin bien entretenu entouré d’une haie de cyprès soigneusement taillée et d’une hauteur respectable qui ne laissait rien voir au-delà.
    Le soleil, la luminosité, la température, la verdure et les arbres, tout indiquait que nous étions au printemps. L’homme se dirigea vers le grand portail légèrement entrouvert qu’il franchit pour se retrouver devant un paysage campagnard ; quelle que soit la direction de son regard, il ne repérait aucune habitation, ni maison, ni ferme, rien qui puisse indiquer une présence humaine.

    Il sursauta quand le portail se referma derrière lui, dans un claquement métallique. Il ne s’en formalisa pas d’avantage car il était conscient de vivre dans son rêve.
    - Il me suffit de fermer les yeux et je vais me retrouver à la maison, se dit-il.

    C’est ce qu’il fit mais malgré ses tentatives, il restait bloqué sur place. Intrigué et légèrement inquiet car tout était silencieux, il suivit un chemin qui menait à une forêt. S’approchant de l’orée, il aperçut  un garçon qui le précédait de quelques dizaines de mètres. Accélérant l’allure, il eut beau s’égosiller pour signaler sa présence, le gamin, non seulement ne se retournait pas, mais il se mit à courir creusant la distance qui les séparait.

    L’homme courut à son tour avec pour seul résultat de trébucher sur une souche, s’abousant à terre si violemment que sa tête heurta une pierre l’assommant pour le compte.
    - Il revient à lui, passe-moi une nouvelle compresse bien froide ! dit une voie féminine.

    - Où suis-je ? demanda l’homme d’une voix pâteuse. Il ouvrit péniblement les yeux avec l’impression qu’un carillon résonnait dans son crâne.  

    - Tout va bien, vous êtes en sécurité, rebriqua la femme en souriant.
    - Mon fils a cru être poursuivi par un agresseur quand il vous a entendu crier en cherchant à le rattraper. Lorsque vous êtes tombé, il s’est retourné et vous voyant blessé, il a appelé au secours. Vous avez été amené chez moi et je suis rassurée de vous savoir bien vivant.

    Lui tendant un verre, elle rajouta :
    - Buvez, ça va vous requinquer ! Effectivement quelques minutes plus tard, il se sentit mieux.
    - Qu’est-ce donc que ce breuvage, quémanda-t-il ?

    - Juste de l’aspirine répondit-elle en riant !  Interloqué l’homme ne dit plus rien ; il ne connaissait pas cette médication.  Sa bosse au front avait bien diminuée se colorant un peu dans les jaune-orangé mais il n’en souffrait plus. Il se redressa et s’assit au bord du canapé, toujours un peu sonné, puis il se leva et se dirigea vers une fenêtre.

    Stupéfait et ne pouvant articuler un mot, il regardait incrédule de drôles d’engins se déplacer à vive allure dans la rue en contrebas.
    - Qu’est-ce donc que ces ...choses ? Où suis-je ?

    - Mais ce sont des voitures, et nous sommes à Paris ! Vous ne vous sentez pas bien ? Votre coup sur la tête est plus sérieux qu’il n’y parait, venez-vous asseoir, lui répondit la jeune femme en le prenant par le bras et l’accompagnant vers une chaise. Elle lui remplit un verre d’eau.

    À cet instant la porte de l’appartement s’ouvrit et un homme entra.
    - Tu tombes bien Henri ! dit la jeune femme ; ce monsieur a fait une chute et il semble bien perturbé par le choc, je crois qu’il faudrait appeler un médecin ou le conduire à l’hôpital.

    L’homme buvait le verre d’eau en tremblant un peu ; puis il vit le dénommé Henri, prendre un petit boitier, sur lequel il tapota ; une petite sonnerie se déclencha et une voix en sortit, instaurant un dialogue avec Henri.

    C’en était trop, l’homme s’évanouit à nouveau.  Lorsqu’il s’éveilla, il était dans son lit, seul dans la chambre ; en sueur, il essuya son front, constatant avec satisfaction qu’il n’avait pas de bosse.
    - Quel curieux rêve ! pensa-t-il.

    Depuis lors, chaque jour, il se rendait dans son atelier où il passait quelques heures à réfléchir sur l’engin bizarre qui se déplaçait seul. Après quelques semaines,  il fit prévenir son apprenti de le retrouver à l’atelier. Quand celui-ci arriva, il lui montra ses plans et la maquette qu’il avait conçue.  
    - Qu’en penses-tu Bryan ?

    - Je pense maître Léonard, répondit en souriant Bryan, que vous êtes un grand homme et que dans quelques années vous serez considéré comme un visionnaire ! 

    Nous étions en 1478 et Léonard de Vinci venait tout simplement d’imaginer ce que pourrait être une automobile. Il restait tout de même à inventer le moteur à explosion, mais sa maquette fonctionnait.
    Étonnant non ! Mais voyez plutôt la vidéo ci-dessous. (c'est bien vers 1478 et non 1495 q'il imagina l'automobile)

    https://www.youtube.com/watch?v=a2qeZrejZp0

     

     

     


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  • Elle repose avec un doux sourire sur les lèvres, dans un rêve paisible.
    Puisse son réveil être aussi agréable !
     
    Les hauts de Hurle-vent - Émilie Brontë

    Où le baiser libérateur finalement, c’est un attachement.

    Nous revoilà le dimanche tantôt sous un soleil radieux. Comme de bien s’accorde tout le monde est de retour et la fête bat son plein. La boite à dominos est amenée et posée cérémonieusement sur son catafalque ; Caroline a ceint le front de la princesse de son diadème et lui a passé autour du cou son collier et sa médaille de baptême qu’elle a tirée du sac Vuitton.

    La mominette conserve toujours son joli petit minois, fraîcheur persavon, et il semble que son sourire soit plus lumineux que la veille. Avant de se retirer, Caroline lui coque la miaille en lui murmurant : 

    - T’inquiète pas ma belle, je suis certaine que cette journée te sera clémente !

    Parmi les invités importants nous remarquons la présence du marquis de Carabas accompagné de son épouse et de son fidèle conseiller le rusé matou, Chat Botté. Geppetto et son gamin Pinocchio, en chair et en os, papotent, avec la fée Bleue et le criquet Jiminy la  Conscience. Sont venus aussi : Arthur et Guenièvre, Aurore et Maléfique sa nouvelle marraine, et même le roi et la reine Catodik ont fait le voyage malgré leur chagrin d’avoir perdu leur fils.

    C’est alors que déboule le lapin compte-minute, son chronomètre à la main ; il se rend vers une petite tour où un gong d’airain a été installé. Il s’en approche, prend le maillet et frappe fort, puis avec son porte-voix il déclame :
    - Oyez, oyez chenuses colombes, joyeux gones et vous les enfants ! Il est dix-sept plombes à la dégoulinante de la bastoche, la cérémonie peut commencer.

    Tous s’approchent et s’installent et le silence se fait. On entend plus que le ronronnement des caméras et les murmures des opérateurs lorsque le premier prétendant se présente. Il s’agit de Valiant, prince de Thulé suivi de ses amis Arn et Roxanne ; ils se présentent aux Nains et à la famille Ingalls, saluent les V.I.P. et la foule. Valiant monte sur le tabagnon, s’incline devant la princesse et s’approche de son visage. Tout le monde retient son souffle quand il se penche.
    Je n’sais pas vous, mais l’intensité de ce suspens me prend aux tripes et bloque mon crayon. Heureusement, le professionnalisme de l’auteur et le respect de mes lecteurs me fait reprendre mon sang-froid. Dites donc les gones, j’aurais pu casser la mine de mon crayon, choper la tremblote ou être comme paralysé, ne plus savoir où j’en suis de cette histoire, fermer les yeux et ne plus suivre ce qui se passe, prendre la vasivite et me rendre (parlant par respect) aux cagoinces, bref tout arrêter. Vous l’avez échappé belle car voici la suite.

    Vous l’avez sans doute deviné, mais un coquin de sort s’acharne sur les candidats car à quelques millimètres de conclure le Prince se bloque et ne parvient pas à embrasser notre gisquette. Il se relève surpris et dépité et quitte la scène sous un long murmure de désappointement qui s’élève des rangs des spectateurs déçus de ce nouvel échec. Il en va ainsi des autres candidats qui se succédèrent jusque tard sous les lumières des projecteurs, citons parmi eux : Jugurtha prince de Numidie, idole des romains et ami de Scipion l’africain qu’il avait aidé à vaincre Hannibal, Bragon chevalier et héro de la quête de l’Oiseau du Temps, Don Quichotte de la Manche et Sancho Pansa qui n’est même pas parvenu à monter sur le tabagnon avant de se faire alpaguer par Dulcinée furieuse de cette tentative, et Arsène Lupin, prince des voleurs qui ignorait qu’un baiser volé n’avait pas sa place ici.

    A minuit moins le quart, le lapin compte-minute monte sur l’estrade et les oreilles basses déclare :
    - Plus aucun prétendant n’est en lice et je crains que notre princesse ne doive quitter cette vallée... de larmes.

    C’est la consternation dans l’assistance où l’on prie les dieux de réaliser un miracle, mais sans doute qu’ils sont déjà près de Morphée car rien ne se passe. A minuit moins une Rêveur monte à son tour sur le tabagnon pour fermer le couvercle de la chambre à frigo où va disparaître Blanche-Neige. Il se penche sur le visage toujours souriant, lorsque, comme attiré par une force invisible, ses lèvres viennent toucher les lèvres de la princesse.

    Épilogue – Ah ben ça alors !Je vous dis pas le patacaisse ou plutôt si car sinon vous allez me lyncher, mais à ce moment-là une lumière bleue pleine d’étoile brillantes recouvre la boite à asticots, le catafalque et le tabagnon. Lorsque la lumière aveuglante s’estompe, c’est sous le regard incrédule et la menteuse sur les godasses des spectateurs que le tabagnon, vidé du paletot sans manche et du catafalque, n’est plus occupé que par un couple qui se roule une pelle dans un patin magistral digne de figurer dans les annales des meilleurs baisers de cinéma.

    Rêveur est devenu un super beau mec, costaud et vêtu d’un magnifique costar de prince, brodé de fils d'argent, de soie et d’or. Le couple se sépare et le jeune homme déclare à la foule incrédule :
    - Je suis en réalité le fils du roi Catodik ; Je venais de livrer le miroir magique LCD full HD à la vieille toupie et je tapais la converse avec la Princesse, lorsque l’enviandée, jalmince comme une punaise des bois, me jeta un sort annihilant par là-même la mémoire de mon amoureuse. Je fus téléporté dans le corps de rêveur qui croupit dans un cachot et qu’il faut vite aller délivrer. Elle a berluré mon paternel lui faisant avaler que j’avais dû être becqueté par un loup dans la forêt, ce qui fit hurler notre ami le loup végétarien. Le Prince tout sourire poursuit :
    -  Pour que le sort soit annulé, il fallait que la mauvaise soit en léthargie et je remercie Gaston de son aide. Je n’avais le droit d’intervenir qu’à la toute dernière seconde comme dans les films de James Bond et seulement après que tous les candidats se soient présentés et aient fait de vaines tentatives.

    Épilogue – Ah ben ça alors !Une standing-ovation de vingt bonnes broquilles salue le baratin. La reine et le roi Catodik se précipitent pour embrasser leur fils et belle-fille, annonçant le prochain mariage des deux tourtereaux. Cosinus et dynamite qui avaient prévu une fin heureuse, déclenchent un magnifique feu d’artifice et ce n’est qu’à la petite aube que tout le monde, des étoiles plein la tête et dans le cœur, rejoint sa cambuse.

    Épilogue – Ah ben ça alors !Blanche-Neige a décrété trois jours fériés pour que chacun se remette de ses émotions. Et la Reine-mère me demandez-vous ? Rassurez-vous nous ne sommes pas dans les contes des autrefois où elle dut aller au bal et chausser des souliers de fer chauffés à blanc en mourant dans d’atroce souffrances. Elle fut exilée à Storybrooke  une ville où vivent les personnages de contes de fées frappés d’amnésie dès leur arrivée. Mais ceci est une autre histoire...    
     

    Fin de l’épisode... et de ce conte

    Allons-nous bénéficier d’un nouveau conte de fée qui traverse le temps et qui rejoint le XXIe siècle ?  

    Réponse A – Les contes de fées sont essentiels parce qu’ils nous disent que les dragons existent (ce que les enfants savent déjà) mais surtout parce qu’ils nous disent qu’on peut les battre.

    Réponse B – Les contes de fées, c’est comme ça, On se réveille un matin ; On dit : ce n'était qu'un conte de fées. On sourit mais au fond on ne sourit guère. On sait bien que les contes de fées, c’est la seule vérité de la vie.  

    Réponse C – Les contes de fées, je t’en prie, il faut y croire ; il y a des fées nocturnes et des gnomes que si tu n’y crois pas, peuvent mettre tout sens dessus dessous chez toi et dans toi.

    Réponse D – Seule la faiblesse de nos sens, notre cartésianisme et notre contact avec nous-même nous empêche de nous apercevoir dans un monde de fées.

     

    Glossaire
    La boite à dominos, la chambre à frigo, le paletot sans manche, la boite à asticots,  quatre nouvelles des dix appellations d’argot pour désigner le cercueil.
    Coquer la miaille c’est en lyonnais faire une bise sur la joue.
    Il est dix-sept plombes à la dégoulinante de la bastoche il est dix-sept heures à l’horloge : l’expression argotique s’utilise en fait dans son intégralité pour répondre à celui qui demande l’heure. Tabagnon, en lyonnais c’est une estrade où généralement on fait un discours. La vasivite, c’est très imagé pour désigner la courante ou la diarrhée : le lyonnais aime « la précision » d’une situation. Cagouinces : toilettes ; en lyonnais nous disons : les écommuns qui vient de la période où les w.-c. étaient partagés et sur le palier.
    Patacaisse, variante de pataquès, situation bruyante et embrouillée, utilisé par Frédéric Dard et repris dans le dictionnaire de San Antonio.
    Vieille toupie : personne âgée, agitée et acariâtre.
    La menteuse sur les godasses, comme pour le loup de tex Avery, c’est tirer la langue de stupéfaction. Taper la converse c’est discuter agréablement entre amis.
    Enviandé(e) terme injurieux pour enfoiré car le verbe enviander signifie posséder sexuellement, sodomiser.
    Jalmince : Jaloux.  
    Becter ou becqueter s’utilise pour manger avec la connotation animale du vite fait. 


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  • Adam et Eve, j’y crois plus. La pomme, ça peut pas être mauvais, c’est plein de pectine.
    Jean-Claude Vandamme. 

    Où le baiser libérateur finalement, c’est comme aux élections, il faut un second tour.

    Nous voici samedi matin, avec notre caméra dirigée vers le château. Les fenottes sont toutes chez leurs coiffeuses pour se faire mistifriser ou chez leur esthéticienne pour un maquillage qui ne soit pas celui d’une poutrône tartinée ripolin. Les gones s’habillent en propre et se tiennent sur leur quant à soi avec leur vagnotte du dimanche, en faisant attention à ne pas se saloper pour ne pas se faire agonir de sottises par leurs bourgeoises. Les petits mamis ont la ronfle parce que les garçons en costumes de marin et les filles en robe à fanfreluches doivent se tenir à carreau sans faire de polisses pour ne pas se déssampiller. Tout le monde est donc tiré avec les quatre épingles pour la cérémonie du tantôt.


    Épisode18 - Les premiers prétendantsInstallée sur la plus haute tour du château, Anne, la gouvernante de Blanche-Neige fait le pet avec sa lorgnette pointée en direction de la grand ‘route principale. Son frangin l’interpelle sur le chemin de ronde, un poil plus bas.  
    Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

    Arrête de me courir sur le haricot ! rebrique-t-elle, je ne vois que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie.
    Elle avait été au service de la Barbe-Bleue avant que le salopiot ne se fasse gaulé par sa septième gisquette qui le surveillait derrière le poteau rose qui donnait sur la pièce fermée à clefs où il planquait ses six premières victimes. Le commissaire Juve aidé de Fantômas, l’arrêta et il fut condamné à éternuer dans le son, par la bascule à charlot.
    Enfin, un peu avant midi elle se met à bieurler :
    - Les voilà, les voici, les voilou ! Trois cortèges se pointent en direction de la casbah. Ils devraient poser leurs valises sur le coup des trois plombes !

    Aussi sec une estafette enfourche sa meule une Guzzi Stornello V711 pour aller prévenir nos amis.

    Caroline rejoint la chambre de la princesse pour lui refaire un maquillage avec le matos extrait du sac Vuitton de l’orpheline. Les bénévoles encadrés par Hercule, Dynamite et Grisbi sont déjà là pour canaliser la foule qui va ralléger à partir de quatorze heures. Bouftou et Rêveur s’occupent des traiteurs, Dandy gère les comédiens et Cosinus reçoit la presse, les équipes de téloche et de radio venus couvrir l’évènement en direct live.

    A quinze heures, le coinsteau d’ordinaire calme prend des allures de foire comme celle de Beaucroissant, la plus ancienne de France qui existe depuis 1219. Le soleil radieux est de la partie. Le pardingue en sapin avec son couvercle vitré ouvert est déposé sur le catafalque laissant entrevoir la frimousse souriante de Blanche-Neige comme si elle s’amusait de toute cette effervescence.  

    Le premzire à se présenter est le seigneur Don Diégo De la Véga, un bellâtre bien propre sur lui du genre hidalgo qui s’est illustré sous le sobriquet de Zorro à Los Angeles (ville que des médisants appellent L’Œuf en Gelée) une petite bourgade de Californie espagnole qu’il libéra de la tyrannie du capitaine Monastorio. Après avoir salué la foule, il esquisse quelques moulinets avec sa rapière, faisant bavocher les mioches et les minettes. Il s’approche du cercueil et se penche vers les lèvres offertes lorsqu’il ressent une vive douleur dans son fondement et se relève brusquement. Il vient de se faire piquer les miches par sa dulcinée Catherine Zeta Jones qui le saisit par le lobe de son étiquette.
    On n’est pas chez les mormons, piaille-t-elle alors rejoint le foyer conjugal ou tu vas goûter de mon rouleau à pâtisserie ! En couinant il s’exécute sous les quolibets du public hilare qui applaudit à tout rompre.

    Vient ensuite le prince Vlad IV de Valachie, fils d’un chevalier de l’ordre du dragon créé en 1418 pour la défense de la chrétienté et plus connu sous le sobriquet de Dracula. C’est pourquoi, quand il se penche à son tour le silence se fait et on esgourde plus que le claquement des mandibules des gens qui se cocounent les uns contre les autres. Mais heureusement Cosinus avait eu la précaution de mettre au fond de la boite à viande quelques chapelets d’ail et crucifix en bois d’olivier (des contrefaçons made in china) récupérés lors d’un voyage à Bethléem.
    Vlad se relève à son tour plus pâle que jamais (un comble pour un vampire) avant de prendre ses cliques et ses claques et de retourner en Transylvanie.  

    Le troisième invité se présente sans dire un mot ; un bel homme à la chevelure ondulante et une barbe bien taillée, vêtu d’une toge et chaussé de spartiates, le haut de son visage est recouvert d’un masque. Il s’approche à son tour et se penche. Tout le monde retient son souffle lorsqu’à la dernière seconde, il se redresse brutalement arrache son masque et d’une voix forte en scrutant le ciel le montrant du poing, il déclare :
    - Suffit Athéna ! Tu m’as déjà roulé dans la farine avec Circée et Nausicaa et poursuivit de tes turpitudes pendant des années, mais cette fois tu ne m’auras pas. Je ne peux épouser la princesse malgré sa grande beauté, je pars rejoindre ma bien-aimée Pénélope qui m’attend à Ithaque ! Un éclair de chaleur zèbre alors le ciel !!! C’est Zeus qui se marre.  Vous l’aviez deviné bien sûr, il s’agit de notre ami Ulysse qui descend de l’estrade monte dans son char et part au grand galop jusqu’à Saint-Exupéry louer un jet privé pour retourner en Grèce.

    Comme c’était le dernier prétendant, la foule se disperse en commentant ce qui vient de se passer tandis que les journalistes rédigent leur papier pour la une du lendemain et JR avec son équipe prépare le JT de 20h. JR, Jules Ricard, est un cousin de Jean-Pierre Pernaut ; il officie aux infos du soir à la téloche.   

    Fin de l’épisode, à suivre...

    Le samedi était un galop d’essai, plusieurs princes sont attendus demain. Allons-nous enfin connaître celui qui épousera Blanche Neige ?
    Réponse A – En arnouchant les infos du samedi, les futurs se disent que la mominette porte la scoumoune et que vaut mieux aller voir ailleurs ; ils se cassent car ici ils n’ont pas d’avenir.
    Réponse B – Aucun ne va faire l’affaire et dès que le soleil se couche, la gisquette va disparaître en poussière ; circulez, y’a rien à voir !
    Réponse C – En fait de prince charmant, c’est un escroc, poivrot et violent qui va l’emporter et l’orpheline va vivre malheureuse et n’aura pas d’enfant.
    Réponse D – Non mais ça va pas la tête ! Il va forcément y avoir un prince charmant. Accrochez-vous à votre babasse, car celui-là vous n’allez pas le voir venir ! Devinez !

    Glossaire 
    Poutrône  mot typiquement lyonnais pour désigner une tête grossière de carton sur laquelle les modistes faisaient leur bonnet. C’est aussi une poupée d’enfant en carton puis en chiffon sans bras ni jambes. À la révolution, la Poutrône était le sobriquet de la statue de la déesse Raison. Par extension, c’était aussi une femme de mauvaise vie car le mot vient du vieux français poutre, jument.

    S’habiller en propre, c’est mettre ses habits du dimanche. 
    La vagnotte ou redingote, veste du dimanche, était dans nos campagnes une sorte de bât pour les ânes, c’est donc par irrespect que les paysans comparait les gens chics qui portaient une vagnotte, à un âne. 
    Faire des polisses, en lyonnais c’est faire des polissonneries. 
    Être déssampiller, c’est avoir les vêtements en lambeaux, déchirés. 
    Faire le pet une des métaphores amusantes du mot pet qui est à la fois quelque chose de bruyant, d’imperceptible, que l’on n’avoue pas et qui suppose , parlant par respect, de s’immobiliser pour le lâcher et donc ici c’est faire le guet en restant immobile et hors de vue. 
    Eternuer dans le son par la bascule à Charlot, c’est une périphrase bien explicite pour un condamné dont tête tranchée tombe dans un panier de son après avoir été basculé sous le couperet de la guillotine. 
    Pardingue en sapin, boite à viande ou boite à os : trois des dix appellations pour cercueil, la plus étonnante étant : taupinière à cloportes !Rouler dans la farine pour berner, tromper ou leurrer, est en fait un raccourci de l’expression complète : rouler dans la farine pour en faire des beignets.   


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  • Petites annonces: Vend plat pour mettre les pieds dedans
    Toutes pointures du 37
     au 44
    Pierre DAC - L'Os Libre - mai 1946.

    Où la préparation du weekend va bon train. 

    Vendredi matin à 7h pétante, le lapin compte-minute, déclenche le réveil des troupes en envoyant  sur les portables  des nains et de la famille Ingalls sa musique du jour. D’humeur badine, il choisit : « Y’a d’la joie ! » de Charles Trenet ; c’est donc sur cette mélodie que tous nos amis se lèvent en appréciant ce choix qu’ils considèrent de bon augure. 

    Après avoir bu leur bol de benco et fait une petite décrassouillette matinale, ils se réunissent autour de Cosinus qui dirige les opérations.    
    Tout doit se passer dans la vaste plaine située à l’orée du bois derrière notre maison, déclare-t-il, elle est accessible par la grande route qui va en direction du château. Tout sourire, il rajoute :
    J’ai appris que la méchante reine avait pris un coup de sang et qu’elle est recluse dans sa piaule. Sa garde personnelle qui est toujours restée fidèle à la princesse est d’ailleurs prête à donner la main pour le service d’ordre. Hauts les cœurs, allons-y gaiement !
     

    Il se rend au bord de la plaine,  prend son porte-voix et d’une voix forte commande :
    - Brouteuses, brouteurs à vous de jouer !    
     

    Épisode 17 - Les préparatifsAussitôt dit, plusieurs dizaines de troupeaux de chèvres et de moutons assainissent la clairière en broutant l’herbe à ras du sol et la débarrassant des chardons et des ronces diverses. En moins d’une plombe, le pré est aussi lisse qu’un terrain de foot pour une finale de coupe du monde.
    C’est alors qu’arrive un cuchon de villageois, heureux d’une liberté retrouvée, armés de pelles, pioches et râteaux. Ils délimitent deux vastes parkings de chaque côté de la route avec panneaux directionnels et emplacements nominatifs pour que les visiteurs puissent y déposer et retrouver leurs carrioles, bétaillères, charrettes, diligences, citrouilles ou carrosses. Ils aménagent aussi un espace ombragé pour les chevaux, mulets, ânes, rennes ... avec stocks de fourrage et de carottes, des abreuvoirs et des bottes de paille pour leur litière. 
    Notons que dans le courant de la nuit, les castors avaient détourné une rivière pour alimenter en permanence, en eau fraîche, les abreuvoirs.  

    Épisode 17 - Les préparatifsSur les côtés latéraux  de la prairie, des  petits villages de toiles de tentes sont installés pouvant servir de coin repos pour l’espace réservé à la garderie d’enfants, pour les officiels, les têtes couronnées et leurs accompagnateurs, les services de secours et l’infirmerie, les troupes de comédiens et saltimbanques, ...  Comme de bien s’accorde, un espace restauration avec de nombreuses tables, bancs et chaises ainsi qu’une longue cuisine roulante équipée complète le dispositif. 

    A proximité de la maison de nos amis,  Hercule, Dynamite, Charles et Grisbi, aidés d’une équipe de spécialistes montent  un amphithéâtre en demi-cercle avec gradins pouvant recevoir une centaine de V.I.P. Au centre, sur un parquet, ils installent le catafalque à baldaquin prêt à recevoir le cercueil en verre avec couvercle amovible en plexiglas où reposera la princesse. 
    L’amphithéâtre est positionné face à une petite colline boisée qui borde le côté gauche de la plaine, afin que le plus grand nombre puisse assister au spectacle.
     

    Vers midi tout est fin prêt. Les nombreuses chouettes parties dès l’aube pour distribuer les flyers d’invitation rentrent nicher dans leurs arbres. Caroline et ses filles, Bouftou, Dandy et Rêveur ont préparé le repas que nos amis dégustent dans la bonne humeur malgré un petit pincement au cœur de ne pas partager la fête avec Blanche Neige. Avant que les villageois ne rejoignent leurs cambuses, un traiteur arrivé pour l’occasion remet à chacun un panier repas avec une demi-bouteille de côte. 

    En fin de repas, après leur chicaison et leur lichaison, nos mamis sont attablés, comme de bien s’accorde autour d’une Dubelloire fumante pleine d’un caoua odorant, Caroline et ses filles versent le café dans les tasses et Charles qui avait sorti de derrière les fagots (À l'origine, au XVIIIe siècle, cette expression s'appliquait au vin de qualité qu'on remontait de la cave où il avait été soigneusement conservé, caché derrière les fagots de bois stockés pour l'hiver) une bonne bouteille de marc égrappé de pays du Jura qu’il avait lui-même distillé à l’alambic. Il en verse une bonne rasade aux Sept, dans de petits verres à digeo, qu’ils dégustent en claquant de la menteuse.      

    C’est du brutal, il a du retour et de la cuisse, dit Grisbi.      

    Ça glisse bien dans le corgnolon, rajoute Hercule.       

    Heureusement que j’ai le gosier qu’une armure d’acier matelasse, conclut Dynamite avant que soit servi une deuxième tournée. 

    Dans le courant de l’après-midi quelques cigognes-factrices apportent de nombreux messages de soutien au projet, souhaitant par avance un réveil charmant à la princesse et en fin de soirée, la petite troupe du père Cagnac, un ami d’Hercule, débarque, installe un carrousel de chevaux de bois, un tir aux fléchettes, une pêche aux canards et monte une estrade avec coulisses pour les numéros de pantomimes, jongleurs et sketches parodiques. Il s’agit bien sûr de distraire les petits et leurs parents. 

    Nous voici samedi matin, dirigeons notre caméra vers le château.

    Le samedi sera-t-il concluant ?

    Réponse A – Profitant de l’absence de l’armée royale, un commando de mercenaires prend le pouvoir au château de la Reine et renvoie chez eux les caravanes princières.
    Réponse B – Par suite d’une erreur sur Mapy, l’itinéraire pour aller chez les Nains est faux et les princes partent dans le royaume de Narnia, ils ne pourront arriver à temps vers la princesse.
    Réponse C – Blanche-Neige va se réveiller durant la nuit ; atteinte d’amnésie, elle va se retrouver dans un désert où elle va rencontrer le Petit Prince et partir avec lui sur sa planète pour cultiver des roses.
    Réponse D – Faut arrêter le délire, les princes vont se pointer et le spectacle va pouvoir commencer ; toutes les bonnes choses ont une fin n’est-il pas ?
       

    Glossaire 
    Chicaison et lichaison : se dit d’un repas copieux riche en nourriture (chicaison) et boissons (lichaison).
    Dubelloire – cafetière en terre de grès avec passoire de même nature (système à percolation) inventée vers 1800 par Du Belloy, qui faisait partie du quotidien des bignolles ou concierges lyonnaise. Il y a toujours sur le coin du fourneau la dubelloire, manière que si quelqu’un vient à l’improviste, qu’on s’y attendait pas, ben on lui paiera toujours une petite tasse de café ! Savez ça que c’est ! 
    Digeo abréviation pour digestif.
    Claquer de la menteuseclaquement de langue pour exprimer sa satisfaction. 


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  • Dans le fond, ce n'est pas tellement triste un enterrement.
    Il suffit qu'il y ait un peu de soleil dessus et tout le monde est content !
    Arletty - Les enfants du paradis

    Où nous allons de surprise en rebondissement.

    Au cours de la veillée, Caroline Ingalls se lève et jabote :
    Avez-vous remarqué, que notre Amie a gardé ses couleurs et sa chaleur ; c’est comme si elle piquait un roupillon. Elle n’est même pas raide comme un macchabée !     
    Un long murmure d’approbation résonne dans la chambrée.     
    Cosinus beurle : « bon sang, mais c’est bien sûr ! » il se dirige vers la bibliothèque d’où il extirpe un grimoire.

    Épisode 16 - Surprise, surprise !- Ce bouquin m’a été remis par la fée Carabosse de Chamot (une petite oasis du désert d’Arabie où elle crèche) déclare-t-il. Elle m’avait dit alors :   " J’ai grand besoin de vacances, un siècle ou deux, mais avant de partir je dois t’affranchir. Ta route va croiser celle d’une orpheline dont je suis secrètement la marraine. Je l’ai protégé avec un sortilège pour le jour où il lui arrivera malheur, ce que j’ai vu dans ma boule à neige Betty Boop. Je te confie donc ce grimoire dont le texte apparaîtra au moment funeste. Ce seront les instructions pour la sortir du pétrin."

    Il ouvre le grimoire où sur une page vierge, un texte s’écrit automatiquement sous ses calots ébaubis.   
    Blanche Neige est donc bien la filleule de Carabosse s’écrie-t-il. Puis se retournant face à la petite assemblée qui ne pipe pas mot, il leur ligote le texte :
    - Une princesse jeune et jolie du genre prix de Diane va rendre ses clefs des suites d’un vulgaire et sournois assassinat. Il lui reste toutefois une chance de quitter les sacs d’os et de revenir parmi les vivants. Il faut que dans les trois jours qui suivent le décès, un prince sincère et charmant vienne baiser ses lèvres purpurines. Sinon son corps disparaîtra dans un nuage de poussière. Cette mission, si vous l’acceptez, sera difficile mais pas impossible et cette page s’autodétruira quand minuit sonnera à la fin du troisième jour.   

    Un brouhaha indescriptible se déclenche dans la casbah. Cosinus ramène le calme en fermant le grimoire ; il demande à chacun d’œuvrer fissa pour que les délais soient respectés.
    Rêveur concocte aussitôt un mail qu’il envoie par internet via les réseaux sociaux. En voici la teneur :    
    - Princesse belle comme le jour et qui n’a jamais
    vu le loup peter sur la pierre-de-bois, seule héritière du royaume, mensurations 90-60-90, attend prince charmant et sérieux pour s’épanouir à la vie, partager des passions communes et plus si affinités.       

    Épisode 16 - Surprise, surprise !

    De leur côté, Dandy et Laura réalisent un tract publicitaire (flyer disent les anglophones) pour inviter les gens à la cérémonie du baiser.  La fin de la soirée se passe à l’élaboration du plan stratégique de l’opération et tous partent se glisser dans les toiles pour être en forme dès vendredi matin car vous l’avez deviné, nous sommes un jeudi puisque l’invitation est pour le weekend.
    Si nous voulons qu’il y ait foule pour les deux jours du baiser, les deux derniers jours doivent tomber un samedi et un dimanche. Ça va tout le monde suit, sinon prenez des notes.

    Rendez-vous est pris à 7h pétantes.      
    -
    réglez vos sabliers dit Cosinus, je prends le premier tour de garde pour veiller la gosseline.

    Pendant ce temps, Gaston qui avait tout suivi depuis Bagdad décide de jouer les provocateurs à l’encontre de l’orphelinicide.    
    Il se rend d’un claquement de doigt dans les apparts de la Reine assassine. Celle-ci qui cauchemardait, un mal-fait n’est jamais perdu (
    c’est l'inverse d'un bienfait), se réveille en sursaut.    
    Prise au débotté en chemise pilou et bonnet sur la tête, elle gongonne :
    - Tu n’peux pas me lâcher la grappe, quel mauvais vent t’amène ?

    - Tu ne crois pas si bien dire, sourit Gaston, la princesse n’est pas calanchée, juste en léthargie et m’est avis que dans trois jours elle va retrouver sa fraîcheur persavon. Désolé, t’es toujours la Dauphine !    

    Écumante de rage, la teigneuse s’estranglouille et fait péter sa pompe cardiaque, ce qui la cloque aussi sec dans un coma profond.    
    Parfait, constate Gaston, elle va nous fiche la paix les trois prochains jours. Content de lui et après avoir mis une pancarte sur le pommeau de la porte précisant : « Ne déranger sous aucun prétexte » avec en dessous la version anglaise pour les stagiaires au pair « Do not disturb », il claque dans ses doigts et se retrouve avec ses potes au palais du calife, pile poil au moment de l’histoire de Shéhérazade.

    Fin de l'épisode, à suivre...

    Dites donc, elle n’est pas pleine de rebondissement cette histoire ! Je n’sais pas vous, mais je suis curieux de lire la suite.
    Les préparatifs vont-ils bien se passer ?
    Réponse 1 – Le ciel va se couvrir dans la nuit apportant trois jours de pluies diluviennes qui vont faire capoter les préparatifs et dissuader la foule comme les princes de venir  et Blanche neige va rejoindre la grande faucheuse pour de bon.
    Réponse 2 – Un malencontreux tremblement de terre va engloutir la maison des nains et le cercueil ; la mauvaise reine ayant elle aussi posé sa chique, une révolution va transformer la Royauté en République. Les sujets accablés d’impôts vont devenir des contribuables. Les cerfs deviennent des vaches-à-lait. 
    Réponse 3 – dès vendredi matin un soleil radieux va s’installer, attirant les marchands du temple et autres vendeurs de zizigougou (voir le sketch de Fernand Raynaud) et aussi les confiseurs de barbe à papa, de pomme d’amour et de pâté de vogue. La cérémonie s’annonce festive.
    Réponse 4
    – Les princes vont arriver attirés par l’appât du gain et au lieu d’être fair-play comme il se doit chez les preux chevaliers, la fête va se transformer en foire d’empoigne où les princes vont tous s’entretuer ; c’est ballot, non !   

    Glossaire
    Jaboter – discourir, c’est aussi bavarder.
    Beurler – crier, s’écrier en parlant d’une personne ; s’emploie dans le parler lyonnais (vient du latin bragullare : crier). C’est aussi chez les gones, meugler en parlant d’une vache.
    Affranchir – mettre au courant, mais c’est aussi corrompre, soudoyer ; s’utilise également pour introniser quelqu’un dans une confrérie, un monde différent et plus curieux : initier sexuellement un garçon ou une fille.
    Calots – toujours au pluriel, désigne les yeux ; pour un seul œil on utilisera plutôt une gobille ou une agate.
    Ligoter – lire, faire la lecture dérive du verbe lier pour lier les mots entre eux. On ne ligote pas un seul titre ou un seul mot, mais bien un texte.
    Rendre ses clefs – encore une belle métaphore pour mourir.
    Voir ou entendre le loup peter sur la pierre-de-bois ou d’évier, une très jolie périphrase du parler lyonnais et de ses expressions, employée par Guignol dans son journal des années 49 et 54. C’est connaître l’amour charnel et le pratiquer. Je n’en ai pas retrouvé l’explication, alors si un de mes lecteurs pouvait m’en donner l’origine, ce serait adorable.
    Se glisser dans les toiles – c’est comme se jeter dans les torchons, aller se coucher.
    Pâté de vogue – une confiserie très prisée dans les vogues lyonnaises faite avec de la fleur de farine et garni communément de poires qu’on a fait mariner vingt-quatre heures dans de l’eau de vie et du sucre. On le dore par-dessus avec un jaune d’œuf. Ces pâtés ont la forme d’un chapeau de gendarme. C’est ce que signifie l'expression : avoir un ventre en pâté de vogue en parlant d’une jeune femme enceinte, en état de grossesse avancée.


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