• Pour ceux qui suivaient mes premières histoires, rappelez-vous de l’homme des premiers âges, un farouche guerrier qui s’appelait Bic et contribuait au progrès de ses semblables. Il avait épousé Gaia, la fille du chef Craô d’un des clans qui vivait proche de la grande mer bleue. Elle mourût hélas d’une forte fièvre alors qu’elle attendait leur enfant et Bic se retrouva seul et désespéré.

    Pour tenter d’effacer son chagrin, il quitta le clan et partit explorer le monde en remontant vers le nord. Il traversa un détroit presque à sec qui l’amena dans un pays luxuriant et boisé (la Péninsule Ibérique actuelle). Accompagné de son chien-loup Biscotte et de son cheval noir, il impressionnait les peuplades qu’il croisait mais qui se rassuraient vite devant ce trio original qui ne manifestait aucune agressivité.

    Un jour qu’il était hébergé dans un village implanté sur un petit plateau à l’orée d’un bois, il échangeait avec le chef et l’homme-médecine, dans un dialogue fait d’un mélange de langage des signes et de quelques mots.

    Lorsqu’il leur indiqua la direction où il comptait se rendre, les deux hommes s’agitèrent avec une mine inquiète. Ils lui firent comprendre qu’il s’agissait d’une sorte de lieu sacré d’où personne ne revenait intact. Les croyances primitives reposaient alors sur des dieux liés à la nature et aux quatre éléments, l’eau, la terre, l’air et le feu.

    - Ce soir, nous te montrerons le phénomène, lui dirent-ils !

    Intrigué et respectueux de la crainte des deux hommes, Bic ne fit aucun commentaire. Le soir, après que les feux aient été allumés aux alentours du camp pour le protéger d’éventuels prédateurs nocturnes, les deux hommes accompagnés de notre ami, s’éloignèrent du village.

    Ils s’assirent sur un petit promontoire qui dominait l’endroit « magique ». La nuit était faiblement éclairée d’une lune au mitant de sa course ; tout semblait normal, lorsque brusquement Bic vit des lumières d’une couleur bleutée s’enchevêtrer et s’agiter doucement, disparaître et réapparaître comme si elles avaient une vie propre. Le phénomène se prolongea un bon moment avant que tout s’éteigne et redevienne normal.

    Effectivement c’était impressionnant et Bic questionna les deux hommes. Oui ! Ils s’étaient rendus en groupe sur place en journée, mais ils n’avaient rien détecté sur l’origine de cette luminescence. Ayant placé des sentinelles à proximité, celles-ci étaient revenues affolées en ayant ressenti comme un tremblement de terre et des vibrations non humaines avant le déclenchement des lumières. Quelques téméraires y étaient allés que l’on a retrouvés le lendemain morts de peur.

    - Très bien ! J’éviterai le secteur, déclara Bic en remerciant de l’avertissement.

    En début d’après-midi, il prit congé de ses hôtes, muni d’une outre d’eau et de quelques provisions. Avec  Biscotte, il obliqua sur la gauche et en fin de soirée, il se retrouva au pied d’un petit monticule avec une caverne qui serait parfaite pour la nuit. Il alluma le feu, partagea ses provisions avec le chien tandis que le cheval broutait tranquillement non loin d’eux.

    Il s’apprêtait à se couvrir de sa pelisse, lorsque des vibrations se firent ressentir. Biscotte en couinant se mit contre lui et le mustang releva l’encolure, surpris. 

    - Nous n’avons pas assez détourné notre route, dit Bic au chien en lui caressant la tête. Ne t’inquiète pas, nous sommes à bonne distance !

    Les lumières dépassaient au loin la frondaison des arbres dans un ballet étrange. Il en fallait plus pour affoler notre homme qui a vécu de nombreuses aventures. Il était plus dubitatif et curieux, qu’inquiet. Tout se calma et la nuit s’écoula sans autre incident. Au petit matin, il décida d’en avoir le cœur net.

    - Reste avec Crin noir dans cette clairière et ne t’inquiète pas, je serai prudent déclara-t-il à Biscotte, j’ai besoin de connaître ce qui se passe. Le phénomène se produit toujours de la même façon et au même moment ; il y a une logique surement d’origine naturelle.

    Biscotte ne semblait pas très d’accord avec son maître, mais il avait confiance et il s’installa près de son ami le cheval. Bic se dirigea donc vers le lieu sacré en se présentant par l’arrière. Il se déplaçait sans bruit et maîtrisait l’art de passer inaperçu lorsqu’il voulait observer sans être vu. Il s’était mâchuré la figure et recouvert de sa pelisse ce qui lui donnait l’aspect d’un animal ordinaire. S’approchant encore, il aperçut une souche qui n’avait rien à faire dans cet endroit. La faisant rouler, il constata qu’elle dissimulait l’entrée d’un vaste terrier.

    Son instinct de chasseur lui fit comprendre qu’il n’abritait aucun animal ; l’entrée était assez grande pour qu’il s’y engage légèrement penché. Il prit de quoi se faire une torche et suivit la légère pente qui allait en s’agrandissant. Quelques dizaine de mètres plus loin il avançait debout et remarqua que les parois étaient recouvertes de petites pierres brillantes qui formaient un halo lumineux. Il n’avait donc pas besoin d’une torche pour avancer.

    - Ce souterrain est de construction humaine pensa-t-il. Aucun son, ni mouvement ne signalait une présence. Ce lieu est abandonné depuis très longtemps conclut-il.

    Un petit air frais et une luminosité naturelle lui indiquait qu’il arrivait au terme de ce curieux passage. Un petit rideau de feuillage bruissait doucement qu’il franchit et s’arrêta interloqué devant le spectacle qui se présentait à lui.

    Il était à l’entrée d’un dôme en forme d’une demi-sphère, d’une vingtaine de pas de diamètre et d’une hauteur de trois hommes adultes. Tout le tour, et jusqu’à hauteur d’épaule, était lisse, constitué de blocs de pierres parfaitement taillés de l’épaisseur d’un bras d’où sortaient de gigantesques bandes de fer rouillées qui constituaient la voûte arrondie formé d’un feuillage très épais.

    Bic connaissait l’art de la pierre taillée et du fer, mais cela dépassait son entendement.
    -Ce ne peut être que l’œuvre de géants qui maîtrisent une science inconnue se dit-il.

    Au centre une grande table ronde elle aussi en pierre taillée occupait un tiers de l’espace.

    - Bizarre ! Elle semble nettoyée car si le sol comprend de nombreux cailloux et déchets végétaux, elle est lisse en surface.

    De plus en plus intrigué il s’assit dans un coin de la pièce. Il savait que la nuit régnait à l’extérieur, même si le halo de la lune maintenait une faible luminosité sous le dôme. C’est alors que commença la vibration sous la forme d’une sorte de ronronnement continu.

    Bic pas très rassuré vit avec stupeur que le haut du dôme s’ouvrait montrant un ciel étoilé. La table se mit à son tour à vibrer et ce fut comme si des tiroirs s’ouvraient laissant apparaître plusieurs globes d’une matière inconnue de Bic et qui envoyaient au ciel les fameuses lueurs de couleur bleutée qui ondulaient. C’est alors qu’au centre de la table se souleva une sorte de plateau plat avec une face brillante qui elle aussi s’éclaira faisant apparaître un individu tout en lumière dont on ne voyait que le tronc.

    Bic avait fermé et ouvert les yeux à plusieurs reprises, mais sa curiosité était plus forte que ses craintes car la chose ne semblait pas le voir. Elle parlait dans une langue que bien sûr il ne comprenait pas. Incrédule il vit se déplacer derrière l’homme des objets qui se déplaçaient à vive allure avec des personnages curieusement vêtus qui semblaient affolés et couraient en tous sens.

    Il remarqua alors à côté de ce que nous appellerons un écran, un petit boitier rectangulaire où tournait une sorte de petit disque. Bic le prit et le manipulant sans intention particulière, il appuya sur un bouton qui déclencha le processus inverse ; l’écran s’éteignit, les globes aussi qui réintégrèrent leurs tiroirs et le dôme se referma à son tour. Mais en plus, la table centrale se mit à s’enfoncer dans le sol et le dôme commença à s’effriter avec des morceaux tombant au sol.

    Machinalement, Bic mis le petit boitier dans sa besace en cuir et se précipita vers la sortie. Quand il se retrouva à son point de départ, le terrier s’effondra sur lui-même.
    -Dommage, j’aurais bien aimé comprendre, se dit-il !

    Il retrouva Biscotte et Crin Noir à qui il conta sa mésaventure et reprit sa route. Quelques temps plus tard, il avait même oublié le petit objet qu’il emmenait avec lui.  

    En 1850, lors de fouilles en Provence, un étudiant en archéologie, mis à jour une tombe où ne subsistaient que quelques objet dont une sorte de petit boitier en nacre contenant un petit disque noir, il fut remis au musée d’archéologie de Besançon sous l’indication « objet de culte mésopotamien ».

    En 2016, un professeur agrégé d’histoire antique informaticien et chercheur, repéra ce petit boitier dans la liste des collections archivées. Dans le cadre de ses travaux de recherche, il souhaita l’étudier ce qui fut accepté. Il se rendit au musée pour le récupérer et lorsque l’employé lui demanda ses coordonnées il répondit :

    - Bic, professeur Bic ! 


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  • À Paris, ce lundi matin 8 avril 1912, après de faibles gelées matinales, il faisait frais, le ciel était clair, le vent faible et les prévisions annonçaient pour les prochains jours , la fin des gelées matinales et un temps très calme dans l’Atlantique Nord. L’hiver avait été particulièrement doux et pluvieux avec de nouvelles crues de la Seine début janvier et des moyennes de 10 à 16 degrés en février-mars dont une pointe à 25° à la mi-mars.

     

    Paradoxalement lors de l’arrivée du printemps, ce fut la chute des températures. Malgré le soleil et un temps sec, le thermomètre peinait à atteindre les dix degrés au meilleur de la journée, ce qui faisait dire à Louise, en descendant les escaliers pour relever sa boite aux lettres : 

    Décidément, il n’y a plus de saisons !

    Par contre il y avait du courrier, et même une lettre envoyée en express qui lui était destinée. Elle remonta en courant à l’appartement en agitant sa lettre et criant joyeusement :

    - Maman, maman, sir Bryan m’a écrit !

     

    Bryan, était un diplomate anglais, grand ami de son père ; tous deux  avaient œuvrés pour que soit signé l’accord franco-britannique du 6 avril 1904 connu sous l’appellation de « l’entente cordiale ce qui lui avait valu d’être anobli par le roi Edouard VII. Veuf sans enfants, il considérait Louise comme sa petite fille et Louise qui n’avait plus ses grands-parents l’aimait beaucoup.

     

    Au fur et à mesure de la lecture de la missive, Louise écarquillait ses yeux et trépignait de joie. Toute émue et excitée de ce qu’elle venait d’apprendre, elle fit à sa mère un résumé du courrier.

    Voici donc ce qui excitait tant notre jeune demoiselle !

    Comme il devait se rendre à New-York, Sir Bryan lui proposait de se joindre à lui.

    Nous serons hébergés chez des amis, écrivait-il ! il s’agit d’une famille dont le mari est vice-consul au Consulat général de France ; ils ont une fille de ton âge qui sera ravie de te faire visiter la ville pendant que je serai à mes affaires.

     

    Il avait joint à sa lettre, l’autorisation parentale que son père dans la confidence avait fait valider à Londres où il séjournait depuis trois jours, en mission diplomatique.

    - Je t’attends mercredi 10 rajoutait-il ! Irène, ta maman, en profitera pour rendre visite à sa sœur Antoinette de Cherbourg qui habite à quelques minutes à pied du port d’embarquement. Le paquebot doit appareiller pour 20h. Prends un minimum d’affaires, les new-yorkais sont très branchés, mode parisienne ; nous nous occuperons de ta garde-robe sur place

     

    Contes étranges - La TraverséeL’après-midi, fut joyeusement consacré par la mère et sa fille à quelques emplettes avant de se rendre à la gare St-Lazare où sept trains express par jour plaçaient la gare maritime de Cherbourg, inaugurée début 2016, à 6h de Paris. Cette gare maritime abritait les bureaux des différentes compagnies maritimes ainsi qu’une salle des Pas Perdus où les voyageurs pouvaient acheter souvenirs et journaux.

     

    Il restait fort heureusement quelques places dans une rame qui partait à 12h30 et donc arrivait à 18h30, ce qui laissait une bonne heure et demie de marge. Toutes heureuses, elles télégraphièrent à Londres et il fut convenu que Louise et sa mère, rejoindraient Antoinette et Bryan à la gare maritime pour 18h30 après-demain.

     

    Mercredi, plus de gelées matinales, douceur et ciel ensoleillé étaient de la partie ; l’express à vapeur quitta le quai de la gare St-Lazare à 12h30 précise. Ayant pris possession de leurs places en première classe, elles se rendirent pour un frugal déjeuner au wagon restaurant. De retour dans leur compartiment, Louise, placée côté fenêtre dans le sens de la circulation, était impressionnée de voir défiler le paysage à si vive allure. Elle dit à sa mère :

    - Le serveur du restaurant m’a précisé que l’express roulait en moyenne à 47km/h  avec des pointes à 52km/h, c’est impressionnant ! Les automobiles avec leur vitesse limitée à 30km/h sur route (20km/h en ville) donnent l’impression de se traîner.

     

    Irène, songeuse, était fière de sa fille qui avait obtenu à 18 ans la deuxième partie de son baccalauréat ; elle faisait partie du petit cercle des 130 filles à avoir décroché ce diplôme toujours dominé par les garçons avec près de 7000 bacheliers.

     

    Louise était admirative de Julie-Victoire Daubié une vosgienne tenace qui avait décroché le premier baccalauréat féminin à Lyon le 17 août 1861 à l’âge de 37 ans en totalisant six boules rouges, trois boules blanches, une boule noire. Ce système de boules était le moyen de vote des professeurs examinateurs. En ce temps-là, ils ne calculaient pas de moyenne. Une boule rouge signifiait un avis favorable, une boule blanche, une abstention, une noire, un avis défavorable.

     

    Perdue dans ses pensées, elle fut brutalement ramenée à la réalité par un arrêt brusque du train. Il était à mi-parcours, un peu avant la gare de Bernay dans l’Eure, à la hauteur du passage à niveau de Boucherville, lorsqu’il dû stopper à cause d’une bétaillère qui s’était retrouvée coincée entre les rails.

    Il fallut plus d’une heure pour que les rails soient dégagés et que le convoi reparte. Irène et sa fille étaient angoissées à l’idée de ne pas arriver à temps à Cherbourg.  Et effectivement, 20h était passé quand le train s’immobilisa à la gare maritime.

     

    Louise était en larmes quand elle débarqua sur le quai soutenue par sa mère. Très rapidement elles furent rejointes par Antoinette et Bryan. Ce dernier la prit tendrement dans ses bras en lui déclarant doucement :

    - Sèche tes larmes, ce n’est qu’un contretemps, j’ai été informé de l’incident et après avoir télégraphié au paquebot, le capitaine compréhensif s’est décarcassé pour que nos places soient reclassées sur « l’Olympic ». Ce transatlantique est plus petit que celui que nous devions prendre, mais il a une grande habitude du trajet et il restait quelques cabines de libre. Ce sera moins luxueux mais nous atteindrons New-York avec un seul jour de retard. Il appareille demain matin à 10h. Tu vois tout s’arrange.

     

    Louise retrouva des couleurs et son sourire et tapa une bise bien claquante sur la joue de sir Bryan. Elle lui demanda :

    - Comment s’appelle le navire que nous avons manqué ?

    - Le Titanic, répondit-il.

     

    Étonnant non !


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  • Lorsqu’il pénétra dans la chambre,  Bryan s’installa dans le fauteuil à côté du lit où l’homme dormait. Il ferma les yeux et se connecta au rêve du dormeur. Une faible lueur verte comme un petit nuage se positionna au-dessus de leurs têtes ; alors, Bryan influa sur le cours du rêve en rejoignant l’homme qui avançait le long d’un couloir jusqu’à atteindre une porte qu’il ouvrit.

    Elle donnait sur un jardin bien entretenu entouré d’une haie de cyprès soigneusement taillée et d’une hauteur respectable qui ne laissait rien voir au-delà.
    Le soleil, la luminosité, la température, la verdure et les arbres, tout indiquait que nous étions au printemps. L’homme se dirigea vers le grand portail légèrement entrouvert qu’il franchit pour se retrouver devant un paysage campagnard ; quelle que soit la direction de son regard, il ne repérait aucune habitation, ni maison, ni ferme, rien qui puisse indiquer une présence humaine.

    Il sursauta quand le portail se referma derrière lui, dans un claquement métallique. Il ne s’en formalisa pas d’avantage car il était conscient de vivre dans son rêve.
    - Il me suffit de fermer les yeux et je vais me retrouver à la maison, se dit-il.

    C’est ce qu’il fit mais malgré ses tentatives, il restait bloqué sur place. Intrigué et légèrement inquiet car tout était silencieux, il suivit un chemin qui menait à une forêt. S’approchant de l’orée, il aperçut  un garçon qui le précédait de quelques dizaines de mètres. Accélérant l’allure, il eut beau s’égosiller pour signaler sa présence, le gamin, non seulement ne se retournait pas, mais il se mit à courir creusant la distance qui les séparait.

    L’homme courut à son tour avec pour seul résultat de trébucher sur une souche, s’abousant à terre si violemment que sa tête heurta une pierre l’assommant pour le compte.
    - Il revient à lui, passe-moi une nouvelle compresse bien froide ! dit une voie féminine.

    - Où suis-je ? demanda l’homme d’une voix pâteuse. Il ouvrit péniblement les yeux avec l’impression qu’un carillon résonnait dans son crâne.  

    - Tout va bien, vous êtes en sécurité, rebriqua la femme en souriant.
    - Mon fils a cru être poursuivi par un agresseur quand il vous a entendu crier en cherchant à le rattraper. Lorsque vous êtes tombé, il s’est retourné et vous voyant blessé, il a appelé au secours. Vous avez été amené chez moi et je suis rassurée de vous savoir bien vivant.

    Lui tendant un verre, elle rajouta :
    - Buvez, ça va vous requinquer ! Effectivement quelques minutes plus tard, il se sentit mieux.
    - Qu’est-ce donc que ce breuvage, quémanda-t-il ?

    - Juste de l’aspirine répondit-elle en riant !  Interloqué l’homme ne dit plus rien ; il ne connaissait pas cette médication.  Sa bosse au front avait bien diminuée se colorant un peu dans les jaune-orangé mais il n’en souffrait plus. Il se redressa et s’assit au bord du canapé, toujours un peu sonné, puis il se leva et se dirigea vers une fenêtre.

    Stupéfait et ne pouvant articuler un mot, il regardait incrédule de drôles d’engins se déplacer à vive allure dans la rue en contrebas.
    - Qu’est-ce donc que ces ...choses ? Où suis-je ?

    - Mais ce sont des voitures, et nous sommes à Paris ! Vous ne vous sentez pas bien ? Votre coup sur la tête est plus sérieux qu’il n’y parait, venez-vous asseoir, lui répondit la jeune femme en le prenant par le bras et l’accompagnant vers une chaise. Elle lui remplit un verre d’eau.

    À cet instant la porte de l’appartement s’ouvrit et un homme entra.
    - Tu tombes bien Henri ! dit la jeune femme ; ce monsieur a fait une chute et il semble bien perturbé par le choc, je crois qu’il faudrait appeler un médecin ou le conduire à l’hôpital.

    L’homme buvait le verre d’eau en tremblant un peu ; puis il vit le dénommé Henri, prendre un petit boitier, sur lequel il tapota ; une petite sonnerie se déclencha et une voix en sortit, instaurant un dialogue avec Henri.

    C’en était trop, l’homme s’évanouit à nouveau.  Lorsqu’il s’éveilla, il était dans son lit, seul dans la chambre ; en sueur, il essuya son front, constatant avec satisfaction qu’il n’avait pas de bosse.
    - Quel curieux rêve ! pensa-t-il.

    Depuis lors, chaque jour, il se rendait dans son atelier où il passait quelques heures à réfléchir sur l’engin bizarre qui se déplaçait seul. Après quelques semaines,  il fit prévenir son apprenti de le retrouver à l’atelier. Quand celui-ci arriva, il lui montra ses plans et la maquette qu’il avait conçue.  
    - Qu’en penses-tu Bryan ?

    - Je pense maître Léonard, répondit en souriant Bryan, que vous êtes un grand homme et que dans quelques années vous serez considéré comme un visionnaire ! 

    Nous étions en 1478 et Léonard de Vinci venait tout simplement d’imaginer ce que pourrait être une automobile. Il restait tout de même à inventer le moteur à explosion, mais sa maquette fonctionnait.
    Étonnant non ! Mais voyez plutôt la vidéo ci-dessous. (c'est bien vers 1478 et non 1495 q'il imagina l'automobile)

    https://www.youtube.com/watch?v=a2qeZrejZp0

     

     

     


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  • Elle repose avec un doux sourire sur les lèvres, dans un rêve paisible.
    Puisse son réveil être aussi agréable !
     
    Les hauts de Hurle-vent - Émilie Brontë

    Où le baiser libérateur finalement, c’est un attachement.

    Nous revoilà le dimanche tantôt sous un soleil radieux. Comme de bien s’accorde tout le monde est de retour et la fête bat son plein. La boite à dominos est amenée et posée cérémonieusement sur son catafalque ; Caroline a ceint le front de la princesse de son diadème et lui a passé autour du cou son collier et sa médaille de baptême qu’elle a tirée du sac Vuitton.

    La mominette conserve toujours son joli petit minois, fraîcheur persavon, et il semble que son sourire soit plus lumineux que la veille. Avant de se retirer, Caroline lui coque la miaille en lui murmurant : 

    - T’inquiète pas ma belle, je suis certaine que cette journée te sera clémente !

    Parmi les invités importants nous remarquons la présence du marquis de Carabas accompagné de son épouse et de son fidèle conseiller le rusé matou, Chat Botté. Geppetto et son gamin Pinocchio, en chair et en os, papotent, avec la fée Bleue et le criquet Jiminy la  Conscience. Sont venus aussi : Arthur et Guenièvre, Aurore et Maléfique sa nouvelle marraine, et même le roi et la reine Catodik ont fait le voyage malgré leur chagrin d’avoir perdu leur fils.

    C’est alors que déboule le lapin compte-minute, son chronomètre à la main ; il se rend vers une petite tour où un gong d’airain a été installé. Il s’en approche, prend le maillet et frappe fort, puis avec son porte-voix il déclame :
    - Oyez, oyez chenuses colombes, joyeux gones et vous les enfants ! Il est dix-sept plombes à la dégoulinante de la bastoche, la cérémonie peut commencer.

    Tous s’approchent et s’installent et le silence se fait. On entend plus que le ronronnement des caméras et les murmures des opérateurs lorsque le premier prétendant se présente. Il s’agit de Valiant, prince de Thulé suivi de ses amis Arn et Roxanne ; ils se présentent aux Nains et à la famille Ingalls, saluent les V.I.P. et la foule. Valiant monte sur le tabagnon, s’incline devant la princesse et s’approche de son visage. Tout le monde retient son souffle quand il se penche.
    Je n’sais pas vous, mais l’intensité de ce suspens me prend aux tripes et bloque mon crayon. Heureusement, le professionnalisme de l’auteur et le respect de mes lecteurs me fait reprendre mon sang-froid. Dites donc les gones, j’aurais pu casser la mine de mon crayon, choper la tremblote ou être comme paralysé, ne plus savoir où j’en suis de cette histoire, fermer les yeux et ne plus suivre ce qui se passe, prendre la vasivite et me rendre (parlant par respect) aux cagoinces, bref tout arrêter. Vous l’avez échappé belle car voici la suite.

    Vous l’avez sans doute deviné, mais un coquin de sort s’acharne sur les candidats car à quelques millimètres de conclure le Prince se bloque et ne parvient pas à embrasser notre gisquette. Il se relève surpris et dépité et quitte la scène sous un long murmure de désappointement qui s’élève des rangs des spectateurs déçus de ce nouvel échec. Il en va ainsi des autres candidats qui se succédèrent jusque tard sous les lumières des projecteurs, citons parmi eux : Jugurtha prince de Numidie, idole des romains et ami de Scipion l’africain qu’il avait aidé à vaincre Hannibal, Bragon chevalier et héro de la quête de l’Oiseau du Temps, Don Quichotte de la Manche et Sancho Pansa qui n’est même pas parvenu à monter sur le tabagnon avant de se faire alpaguer par Dulcinée furieuse de cette tentative, et Arsène Lupin, prince des voleurs qui ignorait qu’un baiser volé n’avait pas sa place ici.

    A minuit moins le quart, le lapin compte-minute monte sur l’estrade et les oreilles basses déclare :
    - Plus aucun prétendant n’est en lice et je crains que notre princesse ne doive quitter cette vallée... de larmes.

    C’est la consternation dans l’assistance où l’on prie les dieux de réaliser un miracle, mais sans doute qu’ils sont déjà près de Morphée car rien ne se passe. A minuit moins une Rêveur monte à son tour sur le tabagnon pour fermer le couvercle de la chambre à frigo où va disparaître Blanche-Neige. Il se penche sur le visage toujours souriant, lorsque, comme attiré par une force invisible, ses lèvres viennent toucher les lèvres de la princesse.

    Épilogue – Ah ben ça alors !Je vous dis pas le patacaisse ou plutôt si car sinon vous allez me lyncher, mais à ce moment-là une lumière bleue pleine d’étoile brillantes recouvre la boite à asticots, le catafalque et le tabagnon. Lorsque la lumière aveuglante s’estompe, c’est sous le regard incrédule et la menteuse sur les godasses des spectateurs que le tabagnon, vidé du paletot sans manche et du catafalque, n’est plus occupé que par un couple qui se roule une pelle dans un patin magistral digne de figurer dans les annales des meilleurs baisers de cinéma.

    Rêveur est devenu un super beau mec, costaud et vêtu d’un magnifique costar de prince, brodé de fils d'argent, de soie et d’or. Le couple se sépare et le jeune homme déclare à la foule incrédule :
    - Je suis en réalité le fils du roi Catodik ; Je venais de livrer le miroir magique LCD full HD à la vieille toupie et je tapais la converse avec la Princesse, lorsque l’enviandée, jalmince comme une punaise des bois, me jeta un sort annihilant par là-même la mémoire de mon amoureuse. Je fus téléporté dans le corps de rêveur qui croupit dans un cachot et qu’il faut vite aller délivrer. Elle a berluré mon paternel lui faisant avaler que j’avais dû être becqueté par un loup dans la forêt, ce qui fit hurler notre ami le loup végétarien. Le Prince tout sourire poursuit :
    -  Pour que le sort soit annulé, il fallait que la mauvaise soit en léthargie et je remercie Gaston de son aide. Je n’avais le droit d’intervenir qu’à la toute dernière seconde comme dans les films de James Bond et seulement après que tous les candidats se soient présentés et aient fait de vaines tentatives.

    Épilogue – Ah ben ça alors !Une standing-ovation de vingt bonnes broquilles salue le baratin. La reine et le roi Catodik se précipitent pour embrasser leur fils et belle-fille, annonçant le prochain mariage des deux tourtereaux. Cosinus et dynamite qui avaient prévu une fin heureuse, déclenchent un magnifique feu d’artifice et ce n’est qu’à la petite aube que tout le monde, des étoiles plein la tête et dans le cœur, rejoint sa cambuse.

    Épilogue – Ah ben ça alors !Blanche-Neige a décrété trois jours fériés pour que chacun se remette de ses émotions. Et la Reine-mère me demandez-vous ? Rassurez-vous nous ne sommes pas dans les contes des autrefois où elle dut aller au bal et chausser des souliers de fer chauffés à blanc en mourant dans d’atroce souffrances. Elle fut exilée à Storybrooke  une ville où vivent les personnages de contes de fées frappés d’amnésie dès leur arrivée. Mais ceci est une autre histoire...    
     

    Fin de l’épisode... et de ce conte

    Allons-nous bénéficier d’un nouveau conte de fée qui traverse le temps et qui rejoint le XXIe siècle ?  

    Réponse A – Les contes de fées sont essentiels parce qu’ils nous disent que les dragons existent (ce que les enfants savent déjà) mais surtout parce qu’ils nous disent qu’on peut les battre.

    Réponse B – Les contes de fées, c’est comme ça, On se réveille un matin ; On dit : ce n'était qu'un conte de fées. On sourit mais au fond on ne sourit guère. On sait bien que les contes de fées, c’est la seule vérité de la vie.  

    Réponse C – Les contes de fées, je t’en prie, il faut y croire ; il y a des fées nocturnes et des gnomes que si tu n’y crois pas, peuvent mettre tout sens dessus dessous chez toi et dans toi.

    Réponse D – Seule la faiblesse de nos sens, notre cartésianisme et notre contact avec nous-même nous empêche de nous apercevoir dans un monde de fées.

     

    Glossaire
    La boite à dominos, la chambre à frigo, le paletot sans manche, la boite à asticots,  quatre nouvelles des dix appellations d’argot pour désigner le cercueil.
    Coquer la miaille c’est en lyonnais faire une bise sur la joue.
    Il est dix-sept plombes à la dégoulinante de la bastoche il est dix-sept heures à l’horloge : l’expression argotique s’utilise en fait dans son intégralité pour répondre à celui qui demande l’heure. Tabagnon, en lyonnais c’est une estrade où généralement on fait un discours. La vasivite, c’est très imagé pour désigner la courante ou la diarrhée : le lyonnais aime « la précision » d’une situation. Cagouinces : toilettes ; en lyonnais nous disons : les écommuns qui vient de la période où les w.-c. étaient partagés et sur le palier.
    Patacaisse, variante de pataquès, situation bruyante et embrouillée, utilisé par Frédéric Dard et repris dans le dictionnaire de San Antonio.
    Vieille toupie : personne âgée, agitée et acariâtre.
    La menteuse sur les godasses, comme pour le loup de tex Avery, c’est tirer la langue de stupéfaction. Taper la converse c’est discuter agréablement entre amis.
    Enviandé(e) terme injurieux pour enfoiré car le verbe enviander signifie posséder sexuellement, sodomiser.
    Jalmince : Jaloux.  
    Becter ou becqueter s’utilise pour manger avec la connotation animale du vite fait. 


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  • Adam et Eve, j’y crois plus. La pomme, ça peut pas être mauvais, c’est plein de pectine.
    Jean-Claude Vandamme. 

    Où le baiser libérateur finalement, c’est comme aux élections, il faut un second tour.

    Nous voici samedi matin, avec notre caméra dirigée vers le château. Les fenottes sont toutes chez leurs coiffeuses pour se faire mistifriser ou chez leur esthéticienne pour un maquillage qui ne soit pas celui d’une poutrône tartinée ripolin. Les gones s’habillent en propre et se tiennent sur leur quant à soi avec leur vagnotte du dimanche, en faisant attention à ne pas se saloper pour ne pas se faire agonir de sottises par leurs bourgeoises. Les petits mamis ont la ronfle parce que les garçons en costumes de marin et les filles en robe à fanfreluches doivent se tenir à carreau sans faire de polisses pour ne pas se déssampiller. Tout le monde est donc tiré avec les quatre épingles pour la cérémonie du tantôt.


    Épisode18 - Les premiers prétendantsInstallée sur la plus haute tour du château, Anne, la gouvernante de Blanche-Neige fait le pet avec sa lorgnette pointée en direction de la grand ‘route principale. Son frangin l’interpelle sur le chemin de ronde, un poil plus bas.  
    Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

    Arrête de me courir sur le haricot ! rebrique-t-elle, je ne vois que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie.
    Elle avait été au service de la Barbe-Bleue avant que le salopiot ne se fasse gaulé par sa septième gisquette qui le surveillait derrière le poteau rose qui donnait sur la pièce fermée à clefs où il planquait ses six premières victimes. Le commissaire Juve aidé de Fantômas, l’arrêta et il fut condamné à éternuer dans le son, par la bascule à charlot.
    Enfin, un peu avant midi elle se met à bieurler :
    - Les voilà, les voici, les voilou ! Trois cortèges se pointent en direction de la casbah. Ils devraient poser leurs valises sur le coup des trois plombes !

    Aussi sec une estafette enfourche sa meule une Guzzi Stornello V711 pour aller prévenir nos amis.

    Caroline rejoint la chambre de la princesse pour lui refaire un maquillage avec le matos extrait du sac Vuitton de l’orpheline. Les bénévoles encadrés par Hercule, Dynamite et Grisbi sont déjà là pour canaliser la foule qui va ralléger à partir de quatorze heures. Bouftou et Rêveur s’occupent des traiteurs, Dandy gère les comédiens et Cosinus reçoit la presse, les équipes de téloche et de radio venus couvrir l’évènement en direct live.

    A quinze heures, le coinsteau d’ordinaire calme prend des allures de foire comme celle de Beaucroissant, la plus ancienne de France qui existe depuis 1219. Le soleil radieux est de la partie. Le pardingue en sapin avec son couvercle vitré ouvert est déposé sur le catafalque laissant entrevoir la frimousse souriante de Blanche-Neige comme si elle s’amusait de toute cette effervescence.  

    Le premzire à se présenter est le seigneur Don Diégo De la Véga, un bellâtre bien propre sur lui du genre hidalgo qui s’est illustré sous le sobriquet de Zorro à Los Angeles (ville que des médisants appellent L’Œuf en Gelée) une petite bourgade de Californie espagnole qu’il libéra de la tyrannie du capitaine Monastorio. Après avoir salué la foule, il esquisse quelques moulinets avec sa rapière, faisant bavocher les mioches et les minettes. Il s’approche du cercueil et se penche vers les lèvres offertes lorsqu’il ressent une vive douleur dans son fondement et se relève brusquement. Il vient de se faire piquer les miches par sa dulcinée Catherine Zeta Jones qui le saisit par le lobe de son étiquette.
    On n’est pas chez les mormons, piaille-t-elle alors rejoint le foyer conjugal ou tu vas goûter de mon rouleau à pâtisserie ! En couinant il s’exécute sous les quolibets du public hilare qui applaudit à tout rompre.

    Vient ensuite le prince Vlad IV de Valachie, fils d’un chevalier de l’ordre du dragon créé en 1418 pour la défense de la chrétienté et plus connu sous le sobriquet de Dracula. C’est pourquoi, quand il se penche à son tour le silence se fait et on esgourde plus que le claquement des mandibules des gens qui se cocounent les uns contre les autres. Mais heureusement Cosinus avait eu la précaution de mettre au fond de la boite à viande quelques chapelets d’ail et crucifix en bois d’olivier (des contrefaçons made in china) récupérés lors d’un voyage à Bethléem.
    Vlad se relève à son tour plus pâle que jamais (un comble pour un vampire) avant de prendre ses cliques et ses claques et de retourner en Transylvanie.  

    Le troisième invité se présente sans dire un mot ; un bel homme à la chevelure ondulante et une barbe bien taillée, vêtu d’une toge et chaussé de spartiates, le haut de son visage est recouvert d’un masque. Il s’approche à son tour et se penche. Tout le monde retient son souffle lorsqu’à la dernière seconde, il se redresse brutalement arrache son masque et d’une voix forte en scrutant le ciel le montrant du poing, il déclare :
    - Suffit Athéna ! Tu m’as déjà roulé dans la farine avec Circée et Nausicaa et poursuivit de tes turpitudes pendant des années, mais cette fois tu ne m’auras pas. Je ne peux épouser la princesse malgré sa grande beauté, je pars rejoindre ma bien-aimée Pénélope qui m’attend à Ithaque ! Un éclair de chaleur zèbre alors le ciel !!! C’est Zeus qui se marre.  Vous l’aviez deviné bien sûr, il s’agit de notre ami Ulysse qui descend de l’estrade monte dans son char et part au grand galop jusqu’à Saint-Exupéry louer un jet privé pour retourner en Grèce.

    Comme c’était le dernier prétendant, la foule se disperse en commentant ce qui vient de se passer tandis que les journalistes rédigent leur papier pour la une du lendemain et JR avec son équipe prépare le JT de 20h. JR, Jules Ricard, est un cousin de Jean-Pierre Pernaut ; il officie aux infos du soir à la téloche.   

    Fin de l’épisode, à suivre...

    Le samedi était un galop d’essai, plusieurs princes sont attendus demain. Allons-nous enfin connaître celui qui épousera Blanche Neige ?
    Réponse A – En arnouchant les infos du samedi, les futurs se disent que la mominette porte la scoumoune et que vaut mieux aller voir ailleurs ; ils se cassent car ici ils n’ont pas d’avenir.
    Réponse B – Aucun ne va faire l’affaire et dès que le soleil se couche, la gisquette va disparaître en poussière ; circulez, y’a rien à voir !
    Réponse C – En fait de prince charmant, c’est un escroc, poivrot et violent qui va l’emporter et l’orpheline va vivre malheureuse et n’aura pas d’enfant.
    Réponse D – Non mais ça va pas la tête ! Il va forcément y avoir un prince charmant. Accrochez-vous à votre babasse, car celui-là vous n’allez pas le voir venir ! Devinez !

    Glossaire 
    Poutrône  mot typiquement lyonnais pour désigner une tête grossière de carton sur laquelle les modistes faisaient leur bonnet. C’est aussi une poupée d’enfant en carton puis en chiffon sans bras ni jambes. À la révolution, la Poutrône était le sobriquet de la statue de la déesse Raison. Par extension, c’était aussi une femme de mauvaise vie car le mot vient du vieux français poutre, jument.

    S’habiller en propre, c’est mettre ses habits du dimanche. 
    La vagnotte ou redingote, veste du dimanche, était dans nos campagnes une sorte de bât pour les ânes, c’est donc par irrespect que les paysans comparait les gens chics qui portaient une vagnotte, à un âne. 
    Faire des polisses, en lyonnais c’est faire des polissonneries. 
    Être déssampiller, c’est avoir les vêtements en lambeaux, déchirés. 
    Faire le pet une des métaphores amusantes du mot pet qui est à la fois quelque chose de bruyant, d’imperceptible, que l’on n’avoue pas et qui suppose , parlant par respect, de s’immobiliser pour le lâcher et donc ici c’est faire le guet en restant immobile et hors de vue. 
    Eternuer dans le son par la bascule à Charlot, c’est une périphrase bien explicite pour un condamné dont tête tranchée tombe dans un panier de son après avoir été basculé sous le couperet de la guillotine. 
    Pardingue en sapin, boite à viande ou boite à os : trois des dix appellations pour cercueil, la plus étonnante étant : taupinière à cloportes !Rouler dans la farine pour berner, tromper ou leurrer, est en fait un raccourci de l’expression complète : rouler dans la farine pour en faire des beignets.   


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