• Au tout début, était le village de Schnokeloch, proche d’Argentoranum (Strasbourg) l’oppidum fortifié en l’an 742 (-12 de notre ère) par le général Drussus. Les légionnaires en perm’ se rendaient à Schnokeloch car les gaulois y étaient accueillants et toujours d’humeur joyeuse sauf les jours où l’orage grondait, car ils avaient peur que le ciel ne leur tombe sur la tête. Ils avaient une croyance bizarre pour les romains : ils prétendaient qu’un jour, la Virgo Parturaé (une femme vierge qui serait fécondée par le soleil) accoucherait dans une grotte, d’un enfant qui viendrait séparer le bien du mal. Comme les druides interdisaient l’écriture, nous n’en avons qu’une trace verbale qui fut colportée de bouche de gaulois à oreille de romain. Ce village de bergers (que les archéologues cherchent encore) possédait une grotte miraculeuse qui avait la particularité d’être une porte d’accès donnant sur plusieurs lieux, dont un village de Palestine nommé Bethléem, « la ville du pain ». La légende prétend que peut après le solstice d’hiver de l’an 754 de Rome, la Virgo Parturaé aurait mis au monde l’enfant roi, simultanément en Gaule, en Palestine, en Perse et en Egypte, mais, pour ne pas créer la confusion, les rois mages qui régnaient sur l’ensemble du monde connu de l’époque, réfutèrent ce don d’ubiquité et en bons astrologues se concentrèrent sur la Palestine.Ils pensaient que ce serait ainsi plus facile d’universaliser la naissance de celui qui avait pour mission d’unifier les religions. Un vœu pieux que la soif de pouvoir des politiques, les querelles des dignitaires religieux de tous bords a fait capoter.

    Pere noel   Luge   Famille SchouvertJeux  Eglise

    C’est pourquoi, au fil des siècles, les descendants du village de Schnokeloch se doivent de réapparaitre et se retrouvent chaque année, comme dans une histoire sans fin, en situation de reconstituer l’avènement de la Virgo Parturaé pour qu’éclate la vérité. Ils le font avec dévotion mais aussi avec joie depuis leur rencontre avec un personnage qu’ils appellent « le Père Noël » (l’ami des enfants), lequel, renouant avec l’antique coutume des Saturnales, vient leur distribuer cadeau et friandises. En observant le village, nous pouvons voir les enfants jouer à la balançoire ou à saute-mouton avec leur bonhomme de neige. Monsieur Schouvert rentre de courses avec ses deux enfants et le petit Hans initie son grand-père à la luge acrobatique. Une famille se rend à l’église, sur la colline Sainte-Marie-Alacoque pour admirer la crèche installée dans la chapelle de droite. Mais regardez devant l’hôtel de ville ce vilain cabot qui essaye de chaparder la poupée que les Müller ont achetée pour leur fille !

    Schneemann

    Une scène qui semblerait banale de nos jours sauf que parmi les habitants nous apercevons deux bonhommes de neige qui semblent être les gardiens de la cité où évoluent aussi des fées et autres personnages de contes. Jouissant de l’immunité sédentaire qui me permet d’être l’ambassadeur de la réalité, je peux en toute liberté voyager d’un rêve à l’autre en séjournant dans n’importe lequel des mondes parallèles. Il me suffit de prononcer à mon arrivée : « hic ne varietur !» (Qu’ici rien ne soit changé !) Et je suis accepté. C’est donc avec ces mots que je me présente devant le gardien et son chien.

    « Je suis Schneemann, mais tu peux m’appeler Marcel » se présente Bonhomme de neige.

    « Moi c’est Fab, puis-je savoir l’origine de votre présence parmi ces gens ... » Devant mon hésitation, il ajoute en souriant :

    « Normaux !! »

    « Classiques » dis-je pour ne pas vexer. Il me raconte alors son histoire.

    A suivre...


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  • Préambule 

    Chaque année, je crée un village imaginaire qui m'inspire une histoire, un conte de Noël que j'écris au cours des quatre derniers jours qui précèdent ce moment magique qui est aussi fêté en Chine.
    Il doit être terminé avant la veillée du 24 pour ceux qui souhaiterait le raconter à leur entourage.
    Tout se passe au royaume de l'orchidée et cette année, je vais vous en dévoiler le secret.
    Mais lisez plutôt !

    Frontiere

    Il était une fois, un royaume constitué de deux provinces. L’une est recouverte de neige et l’autre d’une terre aride et sèche. Leur ligne de démarcation se situe entre deux plantes magnifiques, deux phalaenopsis c’est-à-dire deux orchidées qui fleurissent chaque année en même temps et qui sont à l’origine du nom de chacune des régions. Côté neige, nous avons « Die Grosse-Orchis » province de l’orchidée géante avec une hampe fleurie qui grimpe si tant haut dans le ciel, qu’on la croirait cousine du haricot magique de Jack et côté terre sèche « Die Klein-Orchis » la province d’une orchidée plus modeste avec une hampe presque horizontale.
    Chaque plante termine sa hampe par une inflorescence en grappe de sept fleurs de teinte pastel rose, et tigrée pour la petite. Le chiffre 7 est primordial, car c’est le nombre magique nécessaire à l’apparition de ce monde éphémère qui ne se crée que pour une courte période, le temps que s’accomplisse une prophétie, mais ne dévoilons pas tout et laissez-vous emporter par le mystère de cette histoire.

    Évacuons tout de suite l’interrogation qui brûle les lèvres de certains d’entre vous : « Puis-je me rendre dans ce pays ? » Ma réponse va vous sembler ambigüe, mais je dois vous dire que si votre souhait est d’y aller concrètement, ce ne serait pas prudent car cela consisterait à mettre un pied dans la quatrième dimension avec le risque de ne pas en revenir. Vous pouvez toutefois vous en approcher en suivant ce conte avec le cœur et l’esprit ouvert d’un très jeune enfant. Mais attention à ne pas vous faire happer par l’atmosphère magique qui, comme le chant des sirènes, est prêt à vous emprisonner si vous foulez le sol de ce royaume. Seuls les tout-petits et quelques rares adultes sont capable de passer du merveilleux à la réalité de façon naturelle et sans danger.

    A l’origine donc, les deux régions étaient deux mondes différents qui se sont retrouvés soudés un beau jour, au cours de leur cheminement qui perdure depuis des temps immémoriaux. Vous allez comprendre pourquoi. Autre paradoxe, la température ; celle du sol est d’origine et ne bouge pas, fixant aussi bien la neige que le rocailleux. Par contre celle de l’atmosphère est une température « ressentie » comme le disent nos météorologues modernes et qui correspond à l’activité des résidents. Vous remarquez également une cohabitation dans la partie « neige » de personnages de la vie courante et de ceux issus de contes de fées. En voici la raison...

    A suivre...

    Noel2015 vue d ensemble

     


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  • Journal de Fabullus le jeune (suite)
    L'incursion hunnique en Gaule 

    Ce qui caractérise l’empereur Valentinien III, ce n’est ni sa vaillance au combat, ni ses qualités de stratège mais son intransigeance en émettant des édits de persécution contre les païens  et en faisant de même avec les chrétiens non catholiques. Sa rigueur morale ou peut-être sa jalousie, le pousse à faire assassiner l’amant de sa sœur Honoria, l’envoyant à Constantinople et lui interdisant de se marier.
    En cherchant à se venger, la drôlesse va précipiter le rythme de l’histoire.
    Elle demande secrètement l’aide d’Attila contre son frère ;  pour cela, elle lui envoie sa bague. Le grand chef des Huns considère l’envoi de la bague comme une demande en mariage. Il réclame alors à Valentinien, la Gaule comme dot. L’empereur interloqué refuse.

    Alors vexé, Attila ne fait ni une ni deux, il envahit la Gaule en 450.
    Tandis qu’avec ses troupes il dévaste pille et massacre joyeusement sur son passage les villes de Strasbourg, Metz et Reims et se dirige vers Troyes et Orléans en évitant Paris (ce qui alimentera l’intervention « divine » de Sainte Geneviève), Aetius grâce aux bons offices d’Avitus s’allie avec Théodoric roi des Wisigoths ; puis il forme avec l’armée romaine une coalition composé de nombreux fédérés qui bien sûr ne veulent pas être dépossédés de leurs territoires, Francs Saliens dirigés par Mérovée (qui a succédé à Clodion mort en 447) et Ripuaires, Burgondes et Alains.
    Attila ne parvient pas à s’emparer d’Aurelianum (Orléans) et, lorsqu'il apprend  l’approche d’Aetius, il rebrousse chemin en direction de Troyes. Nous voilà en ce début d’été 451, proche de Châlons-en-Champagne à  Duro Catalaunum (les Champs Catalauniques). Les deux armées sont face à face, prêtes à un combat fratricide entre germains (l’armée d’Attila comportant aussi des Goths, des Francs, des Sarmates...).
    J’assiste aux dernières consignes données par Aetius avant de me reposer dans ma tente, où je ne trouve pas le sommeil, conscient d’être le témoin d’une bataille décisive pour l’avenir du monde occidental. Le lendemain dès l’aube, les Alains essuient le premier choc de l’assaut des Huns, tandis que les Francs Saliens menés par Mérovée parviennent à les déborder sur leur flanc et à les mettre en déroute. Dans la journée, le roi des Wisigoths, Théodoric 1er est tué par Valamir, roi des Ostrogoths ; son fils Thorismond, proclamé roi sur le champ de bataille, veut se lancer à la poursuite des Huns, mais Aetius le convainc de rentrer à Toulouse pour régler la succession de son père.

    Tandis qu’Attila allume un grand bûcher, sans doute pour s’y jeter vivant afin de ne pas subir la honte de la défaite et que Mérovée s’apprête à l’assaut final, Aetius intervient : « Il y a déjà eu trop de morts en cette journée, laissons l’ennemi partir sans honte. Rejoins tes terres, emporte la part du butin que nous avons récupéré et qui te revient. Consolide ta position en Gaule avec suffisamment de braves sous ton autorité. » Effectivement, après le départ des Francs,  les barbares se replient marquant ainsi la fin des incursions hunniques en Gaule. Je regarde alors les deux « frères ennemis » se toiser avant que chacun ne s’en retourne en sachant qu’ils ne se reverront plus.

    Je rejoins Ravenne en 452, où je constate que la cour fourmille de sénateurs jaloux des succès du magister militum qui font répandre le bruit qu’il a délibérément laissé la liberté à Attila, qu’il n’est qu’un « Hun romanisé » et qu’il pourrait bien s’emparer de la pourpre impériale. Effaré, je pars à la rencontre d’Aetius. Celui-ci arrive d'Aquitaine où en 453 il vient de réussir à ramener le calme dans la succession de Thorismond victime d’un complot et remplacé par Théodoric II lequel réaffirme le statut de fédéré de son peuple par rapport à l’Empire romain.
    Je le retrouve en Arles où il rédige ses mémoires pour son fils Gaudentius Flavius. Je l’informe des risques qu’il encoure, mais il me rétorque : « Ne te remue pas les boyaux du cerveau, ne suis-je pas triomphant et couvert d’un énorme butin qui fera taire les médisants. Mes mémoires suffiront à laver mon honneur et à rétablir la vérité. Pars à Lugdunum rejoindre ton fils et ne te fais pas de bile ». Je le quitte dans une dernière accolade pas rassuré pour autant.
    Mes pressentiments  se révèlent exacts car le 21 septembre 454 reçu en audience par Valentinien III, ce dernier, traitreusement le poignarde, l’envoyant rejoindre la camarde. Procope relate que d'un Romain à qui Valentinien demandait s'il avait bien fait, il reçut cette réponse : « Je ne sais si vous avez bien ou mal fait, mais je sais que de la main gauche vous vous êtes coupé la droite ». Aetius sera vengé six mois plus tard le 16 mars 455 par deux membres de sa garde personnelle, Optila et Thraustila, qui assassinent l'empereur Valentinien III  sur l’instigation du sénateur Pétrone Maxime qui revêt aussi sec, la pourpre impériale. 

    La lente descente aux enfers de l’Empire d’occident va commencer.
    Deux mois plus tard, le 31 mai, Pétrone Maxime est lynché par la foule alors qu’il cherchait à fuir Rome de nouveau envahie par les Vandales de Genseric.
    Avitus qui avait aidé Aetius et qui avait été nommé magister militum était ce jour-là à Toulouse en mission diplomatique. Alors, Théodoric lui propose la pourpre qu’il accepte après avoir obtenu l'aval des sénateurs gallo-romains lors d'une réunion. Il est proclamé empereur en Arles le 9 juillet 455. Il se rend en Pannonie pour conclure un traité avec les Ostrogoths qui s’engagent à défendre les frontières du nord de l’empire et en septembre, à Rome, il reçoit confirmation de son statut par Marcien, empereur d’Orient. Il nomme le Wisigoth Ricimer magister militum. Hélas, à cause de ses origines gauloises (il était noble mais Arverne) les Romains d’Italie font un peu la bobe à Avitus. Aussi, lorsqu’il échoue dans sa campagne contre les Vandales, Ricimer retourne sa veste, et s’associe à Majorien chef de la garde impériale. Les deux complces fomentent un coup d’état, s’emparent de Ravenne et battent Avitus à la bataille de Plaisance le 18 octobre 456. Ils lui laissent la vie sauve s’il accepte sa nomination d’évêque de Plaisance. Mais, craignant pour sa vie, Avitus cherche refuge en Gaule et bizarrement, il meurt en chemin !!! L’empereur d’Orient Léon 1er, qui a succédé à Marcien et qui est le seul empereur légitime accorde le titre de patrice à Ricimer et de magister militum à Majorien mais ils sont cette fois récusés par les aristocrates gallo-romains, les Burgondes et les Wisigoths et donc en avril 457, nommé empereur par l’armée d’Italie, Majorien n’occupe plus que l’Italie et le sud de la Gaule.

    Il va y avoir encore quelques soubresauts avant que la Gaule ne soit Francisée et partagée en pluri-royaumes mais ceci est une autre histoire.

    Fin de l'épisode, à suivre...

    Carte du monde romain en 454 - Pour agrandir l'image, clic droit en pointant dessus et sélectionner "ouvrir le lien dans un nouvel onglet" 

    L empire en 454


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  • Une nuit d'hiver, levant les yeux vers le ciel, Siméon remarque une étoile inhabituelle très lumineuse et qui clignote au sein de la constellation de la Vierge. Il sait que le monde vient d'entrer dans une ère nouvelle. La prophétie se réalise ; l'enfant Roi vient de naître. Quatrième Roi mage, règnant sur la tribu Sarmathe des Scythes royaux en un lieu qui deviendra Saint-Petersbourg, Siméon se met en route pour un voyage semé d'embûches. Au cours de son périple il se sépare des trois perles qu'il avait emportées comme présent. Chacune de ses actions influe sur l'avenir et sera le prélude à la misssion qui lui sera dévoilée lors de sa rencontre avec le Messie, dont il recevra sa feuille de route.

    L'histoire n'a pas retenu son nom car il sera mondialement connu au XXème siècle sous le nom de "père Noël".

    http://www.fabulgone.com/pages/mes-ouvrages/pere-noel-les-origines-et-la-mission.html 

    Pensez à vos cadeaux de fin d'année, Pourquoi pas un livre !


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  • Journal de Fabullus le jeune (suite)
    De mon incorporation à 447 

    Comme il se doit dans l’éducation d’un jeune patricien, dès mon 17ème anniversaire en 422, j'incorpore l’armée en rejoignant le général Aetius qui dès son enfance avait été éduqué à la cour d’Honorius par Stillicon puis envoyé à dix ans (de 405 à 408) comme otage à la cour d’Alaric (roi des Wisigoths fédérés) en Mésie avant de passer ensuite de 409 à 412 trois années toujours comme otage à la cour de Ruga roi des Huns où il se lia d’amitié avec Attila, son neveu. Il avait ainsi pu apprécier la supériorité de ce peuple au combat. Aetius en était devenu un redoutable chef de guerre. 
    En août 423 à la mort d’Honorius la succession s’avère difficile ; le sénat romain de Varenne désigne Jean empereur. Celui-ci demande au général Aetius de rejoindre Attila pour recruter des mercenaires Huns. Le général dont j’étais l’aide de camp, me propose de l’accompagner. J’apprends ainsi à connaître la valeur de ces guerriers dénués de pitié, de pudeur et de morale. Ils étaient redoutés de leurs ennemis qui les comparaient à un vol de sauterelles s’abattant sur les champs de blé ; la crainte qu’ils inspiraient était telle que la rumeur prétendait que là où ils passaient, l’herbe ne repoussait pas : Attila était surnommé « le fléau de Dieu ». Fort heureusement, j’étais en sécurité grâce à l’amitié et au respect réciproque qui liaient ces deux chefs de guerre.
    Pendant les deux années que dura notre séjour, la situation se dégrada dans l’Empire occidental : en voici le résumé. Galla Placidia est à Constantinople lorsqu’elle apprend la nomination de Jean. Aussi sec elle réclame le trône pour son fils Valentinien auprès de l’empereur bysantin Théodose lequel intronise l'enfant, "César". Théodose envoie une forte armée à Ravenne, laquelle, en l’absence du général Aetius, n’a aucune peine pour prendre la ville en 425. Jean est exécuté. Valentinien III âgé de six ans devient empereur le 23 octobre 425 sous la tutelle de sa mère.

    Episode 39 - Aetius "le dernier des romains"Dès notre retour de mission, Aetius se rallie à Valentinien. En 426, il est nommé préfet du prétoire des Gaules par Galla Placidia. Il repousse les Francs orientaux au-delà du Rhin, soumet les bagaudes (bandes de paysans rebelles) d’Armorique, bat les Francs saliens du roi Clodion le Chevelu à Hélesmes, succès qui lui valent d’être élevé au grade de magister militum en 428 puis généralissime en 429 et sénateur passant quelques temps à la cour de Ravenne où, attaché à sa personne, je profite pleinement des privilèges accordés. Mais nous ne restons pas inactif et je rédige les clauses du traité de fédération conclu en 431 entre Aetius et Clodion accordant le statut de fédérés aux Francs saliens qui deviennent combattant pour Rome et s’installent près du fisc impérial de Tournai (à l’origine du futur royaume franc de Clovis : note de l’auteur).
    Pour l’anecdote, je précise que le terme "chevelu" associé à Clodion indique la marque distinctive matérielle de l’origine céleste des rois mérovingiens. En effet, si les guerriers francs se rasaient le derrière de la tête, seuls les rois conservaient leur chevelure intacte qui leur retombait sur les épaules ; tondre un roi équivalait à le déposer. C’est par respect pour cette coutume qu’Aetius avait à Hélesmes ordonné qu’on ne touche pas aux cheveux du roi ce qui avait surpris les légionnaires insensible à la poésie de ce symbolisme germanique.
    C’est peut-être là que vient l’expression « ne pas toucher à un seul cheveu de la tête de quelqu’un pour signifier qu’il ne faut pas lui causer de dommage !!! ».

    Nous aurions pu entrer dans une période faste pour l’Empire d’Occident si les ambitions et les soupçons ne venaient pas empoisonner les relations entre les principaux acteurs du redressement. Nous avons en effet deux personnages qui se partagent les faveurs de Galla Placidia, la régente. Aetius en Gaule et le général Boniface, sénateur et tribun militaire nommé en Afrique en 421, la partie la plus riche et la plus fidèle de Rome d'où Boniface avait contribué au renversement de Jean. Lorsqu’il est rappelé à Ravenne en 427, Boniface refuse : il est déclaré rebelle. Les troupes envoyées contre lui échouent et par vengeance il s’allie avec les Vandales de Genséric. Tout cela finit inévitablement par une bataille entre les deux généralissimes. Malgré la supériorité de Boniface, celui-ci est mortellement blessé à Rimini en 432.
    Galla Placidia le remplace par le comte (titre équivalent à généralissime) Sébastien. Mais Aetius, appuyé par les Huns de Bleda et Attila qui pénètrent en Italie, dépose Sébastien de son titre et celui-ci s’exile à Constantinople.
    En 434 Aetius règne alors en seul maître de l’Empire et devient Consul.  En 436, avec ses alliés Huns, il bat les Burgondes du roi Gondicaire  qui avaient atteint Toul. Comme à son habitude, Aetius négocie et accorde aux vaincus de s’implanter en Sapaudia, territoire entre les Alpes et le Jura où ils prennent le statut de fédérés. Galla Placidia lui accorde le titre de patrice en 435 et renouvelle son Consulat en 437. Il combat aussi les Wisigoth entre 439 et 440 et confie à Avitus la négociation d’une paix avec Théodoric auquel il accorde le statut de fédéré et lui octroie la province de Novempopulanie ou province des neuf peuples en Aquitaine et pour sceller cette alliance, Aetius épouse une fille de Théodoric. Aetius charge Goar roi des Alains de surveiller les Armoricains, mais l’Armorique demeure indépendante et les Saxons  s’implantent dans le Boulonnais et la Basse-Normandie. En 446, il est pour la troisième fois nommé consul et en 447 il renouvelle à Clodion son statut de fédéré à Tournai.

    Que voici, que voilà vingt-cinq années intenses et les chroniqueurs du futur donneront à Aetius le surnom mérité de « dernier des Romains ».
    Vous pensez que l’Empire romain d’Occident est reparti du bon pied.  Oui mais non, car si les succès d’Aetius sont bien réels, ils reposent sur une alliance délicate avec les Huns et vous avez pu constater que ceux-ci ne se sont ni approchés, ni aventurés en Gaule.
    Nous arrivons cependant très près d’un coup de théâtre à cause d’un quiproquo fâcheux.  Mais ceci est une autre histoire !

    Fin de l'épisode, à suivre...


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