• La mort n'est en définitive, que le résultat d'un défaut d'éducation
    puisqu'elle est la conséquence d'un manque de savoir-vivre

    Pierre Dac - Avec mes meilleurs pensées

    Où la Reine jubile, Gaston fait la gueule, les Nains et les Ingalls sont effondrés.    

    Toute excitée la teigneuse, s’enquille dans sa piaule. Sur un guéridon une lettre est posée bien en vue. C’est une bafouille de Platt-Fuss.
    « Salut ma Grosse ! Soulignons ici que chez les sorciers, ce sobriquet est une marque de gentillesse et d’affection sans la moindre connotation péjorative. Merci de m’avoir prévenu de ton succès avec une photo du cadavre de la princesse adressée sur mon smartphone. Je n’ai donc plus aucune raison de prolonger mon séjour et avec Azurel nous repartons dans ma contrée, pour l’ouverture de la chasse... aux stroumpfs. Bonne continuation, plus rien ne te fait de l’ombre, alors profite !»

    Épisode 15 -  On se dirige vers la veillée funèbre– Reposant la bafouille, la Reine va s’asseoir à son bureau. Sur l’écritoire, elle prend sa plume d’oie Mont-Blanc (une contrefaçon) et répond :
    « Bon vent à toi aussi vieille canaille, éclate-toi bien ; Je t’adresse mes souhaits les plus vénéneux pour la réussite de ton projet. N’oublie pas d’invoquer la patronne des technocrasses, notre copine Mélusine Enfayite ».

    Dans un tiroir, elle récupère un sifflet à ultra-sons, souffle et moins d’une broquille plus tard, la cigogne-facteur vient se poser sur le rebord de la fenêtre avant de repartir livrer la missive au sorcier noir. Pétante de joyeuseté, elle file zapper Gaston qui lui présente sa trombine des mauvais jours ce dont elle n’a cette fois rien à cirer.
    - Alors génie de pacotille c’est qui la plus choucarde du royaume ? Quémande-t-elle.  

    D’une voix enrouée par la tristesse le génie rebrique :
    - Blanche Neige a soufflé sa veilleuse, c’est sûr. Pourtant même à l’état de viande froide, elle reste encore le prix de Diane de toutes les drôlesses d’ici ou d’ailleurs. Tu te berlures si tu crois être la premzire. Tu restes et resteras un outsider et puis c’est marre ! 

    – Esgourdant cette diatribe, la Reine grimpe au cocotier, vire au cramoisi, pète sa tuyauterie et pour ne pas choper un infarctus foudroyant, elle balance un cendrier mastoc, en faux cristal sur l’écran. Le miroir plus du tout magique explose, libérant Gaston qui ne demande pas son reste et prend son tapis volant pour rejoindre ses potes qui turbinent du côté de Bagdad.

    C’est ça dégage le plancher, je n’aurais pas de mal à te remplacer, éructe la Reine qui s’enferme aussi sec dans sa chambre en bougonnant.

    Dirigeons notre caméra sur le lieu du drame. Les nains de retour du turbin raboulent dans leur cambuse. Ça n’est pas un spectacle jojo qui se présente à eux lorsqu’ils biglent Blanche Neige affalée sur le parquet. Rêveur fonce illico, espérant ranimer l’orpheline. Mais que dalle !
    C’est la fin des haricots, la grande faucheuse a chouravé notre amie, jacte-t-il dans un sanglot.

    - Si la raclure me tombe sous la paluche, je lui ferai passer le goût du pain, je l’explose, la ventile, la disperse façon puzzle, je lui crève la paillasse lentement à petit coups de surin, rajoute Dynamite qui connaît bien les Tontons flingueurs.

    Bouftou tombé à genoux près de la princesse, lui prend une main et grommelle des injures à l’encontre de la mauvaise. Grisbi suggère qu’on mette un contrat sur la tête de la Reine :
    - Nous avons suffisamment de pognon pour embaucher Jason Statham le flingueur le plus sûr et le plus efficace ainsi que Josh Randall le meilleur chasseur de primes du pays.

    Épisode 15 -  On se dirige vers la veillée funèbreNous allons y réfléchir lui répond avec un triste sourire, Dandy, mais pour l’instant, ne la laissons pas sur le carreau, déposons-la sur son pieu pour la veiller toute la nuit.
    Hercule avec délicatesse la porte jusqu’à sa chambre, l’installe dans son pageot avant d’écraser une larme qui coulait sur sa joue.
    - C’est l’effort dit-il.
    Sans doute, sans doute, toussote Cosinus en rajoutant :
    je vais bigophoner chez les Ingalls pour les prévenir.

    Quelques broquilles plus tard, la famille débaroule dans la carrée.
    Je vais préparer les en-cas avec du sauciflard, de la charcutaille et du fromgi, signale Bouftou, suivi dans la cuisine par son pote Rêveur.

    - J’ai récupéré la trousse à maquiller et la médaille de baptême de Blanche dans son sac Vuitton, je vais lui faire une petite décrassouillette funéraire, informe Caroline.
    Je viens t’aider lui dit Laura.

    En regardant la princesse, Caroline se retourne brusquement et déclare à la cantonade :   

    Fin de l’épisode ! A suivre... 

    Que va déclarer Caroline ?
    Réponse A : J’ai un ami dont les ancêtres étaient les momificateurs  attitrés des pharaons ; C’est une pointure, il était même pressenti pour momifier Mao ; Je peux l’appeler, il viendra avec ses vases canopes pour mettre les viscères, foie, reins, rate, cœur... !
    Réponse B : Elle commence sa décomposition, si vous ne voulez pas que ça fouette avant l’aube je suggère de la tremper dans un bain de lavande
    Réponse C
     : Avez-vous remarqué que notre amie a gardé ses couleurs, sa chaleur ; c’est comme si elle ne piquait qu’un roupillon. Elle n’est même pas raide comme un macchabée !
    Réponse D : Nous devions aller faire les magasins demain, est-ce que vous savez où elle rangeait ses bons de réduction, ce serait dommage de les perdre !
     

    Glossaire
    Choucard
    c’est une appréciation très positive et élogieuse pour dire beau, bien ou bon.
    Souffler sa veilleuse : jolie périphrase pour mourir, rendre son dernier soupir.
    Prix de Diane : nous sommes dans le summum de la beauté avec la séduction et l’intelligence en prime ; en hippisme, le prix de Diane est réservé aux pouliches et donc celle qui gagne est parée de toutes les qualités par les turfistes. Une belle femme est en argot une belle pouliche et le prix de Diane c’est la plus belle parmi les belles. C’est pour cela que Gaston traite la reine d’outsider.
    Grimper au cocotier c’est atteindre le paroxysme de l’énervement, ce qui conduit à
    Péter sa tuyauterie c’est-à-dire perdre toute retenue.
    Rabouler pour rentrer chez soi ne se trouve pas dans les dictionnaires officiels d’argot, s’est une particularité de l’argot utilisé à Paris et à Lyon ; il remplacer s’abouler.
    Raclure se dit d’une personne profondément méprisable.


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  • Parler pour ne rien dire ! Marcher pour ne pas avancer
    Vaut mieux se taire et rester assis
    Raymond Souplex
        

    Où la reine déguisée en Gisèle des vamps pourrait bien être la grande faucheuse.    
    Ce jour-là, descendue dans son labo, la reine fricota un poison mastar à base de venin d’aspic. Elle avait fait installer un vivarium où elle élevait des serpents. Au début elle avait choisi des vipères de race lubriques, mais leur venin ne tuait pas et provoquait des effets secondaires sur les drôlesses, du genre accélération de la libido, un peu comme le viagra chez les michtons.

    Y n’faut pas que je renouvèle l’erreur commise sur Lady Chatterley. Je croyais la tuer, mais le poison l’avait rendue foldingue du sexe et elle m’avait même piqué mon amant, Marcel le garde-chasse ! Pensa-t-elle.

    Du depuis cet incident, elle avait cherché de nouvelles formules dans ses grimoires jusqu’au jour où en visionnant le film « Cléopâtre » de Franc Roddam, avec Timothy Dalton (Jules César), Billy Zane (Marc-Antoine) Rupert Graves (Antoine/Auguste) et Leonor Varela (la reine d’Egypte), elle s’était délectée en visionnant le suicide de la reine qui mourait d’une piqure d’aspic. Elle avait donc viré les vipères pour les remplacer par des aspics égyptiens qu’elle faisait venir du Caire.
    Si avec ça je rate mon coup, je rentre au couvent, se dit-elle.

    Elle inocule le poison à l’aide d’une piquouze dans un quartier de pomme « royal gala », bien sûr. De sa malle à défroques, elle se travestit en ‘’Gisèle’’ la Vamp Dominique de Lacoste qui disait dans un sketch avec Lucienne: « La mort ??? Ah non !!! Je n'y pense jamais, ou alors je pense à celle des autres, c'est plus gai. »

    Rappelons que son labo donne sur une rivière qui lui permet de quitter en loucedé le palais pour aller espionner ses sujets dans une taverne du patelin. Malheur au blaireau de l’opposition qui après avoir jeté de la grêle sur elle, se retrouvait entôlé dans une oubliette sans piger qui l’avait balancé ! Et donc le lendemain à l’aube, elle s’enquille par ce passage puis se dirige vers la turne des Nains. Planquée à proximité, elle sort de son sac Hermès, un thermos de caoua bien chaud. Elle s’en mouille la meule, d’une tasse pleine avec deux sucrettes. Lorsque l’alarme de son portable se déclenche vers les dix plombes, elle s’en va toquer à la lourde du gourbi.

    Blanche Neige se rend à la fenêtre et bonnit que par sécurité, elle ne délourde pas. La Reine, opine du bonnet et jacte qu’avec tous ces loubars et traîne-patins faut faire gaffe pour pas finir entubé. Pendant que les deux frangines se tapent la converse, la fausse Gisèle sort de son sac Hermès la pomme royal gala qu’elle partage en deux, croquant la première moitié. Elle tend la partie empoisonnée à Blanche Neige qui l’accepte sans méfiance et prend son opinel dans son sac Vuitton pour éplucher le fruit.

    L’Orpheline cuisine alors la Gisèle sur le pourquoi du comment, elle trimbale sa viande dans le coinstaud. Gisèle rencarde qu’elle était une tantine de Charles Ingalls.

    « Ca fait bien cinq piges que je n’ai pas pété la miaille de mon neveu, de sa fenotte et des trois pisseuses. Je me suis donc remué le lard pour rabouler ici et leur faire une petite surprise. Mais Toi ma chouquette, que glandouilles-tu dans ce bled ? »

    Blanche Neige (sur les conseils de ses nouveaux amis) dégoise qu’elle bosse comme stagiaire de Diamondsland à Anvers, capitale mondiale du commerce de diamants. - Mes potes, les rase-bitume, extraient de leur mine des pierres de haute qualité. J’ai pour mission d’en négocier l’achat. Elle poursuit son baratin sans croquer le fruit, ce qui commence à gonfler la mauvaise.

    Épisode 14 -  La pomme, comme pour Adam et Eve, c’n’est pas bon !On va pas y passer le réveillon, faut qu’elle arrête de bavocher, pense-t-elle. Excellente cette pomme, dit-elle en croquant un quartier ! Sur ce, Blanche Neige coupe un morceau de royal gala et se l’enfile d’un trait. Elle en a aussitôt la sifflette coupée, bat l’air de ses bras et s’abouse sur le plancher. La Reine qui a amené un rossignol offert par Fantômas, force la porte d’entrée, se précipite vers sa bru et pour ne pas se faire blouser une seconde fois, vérifie que la môme a bien dépoté son géranium.
    Le pouls ne bat plus, la flamme d’une allumette devant ses lèvres ne vacille pas et elle lui croque un doigt de pied. Dans les autrefois, lors du constat de décès, les carabins se faisaient accompagner de celui qui était chargé de l’inhumation. Celui-ci croquait un orteil et si le corps ne tressaillait pas le décès était confirmé. C’est l’origine du vocable croque-mort. Blanche Neige n’ayant réagi à aucun des trois tests, la Reine confiante se renquille au palais dans un ricanement sinistre.

    Fin de l’épisode ! Ou de l’histoire ! A suivre...Peut-être...

    Que peut-on rajouter ?
    Réponse A : On ferme le bouquin, on plie les cannes et on allume la téloche pour zieuter le journal de vingt plombes. C’est plus gai. Quoi que…avec les infos ! Réponse B : Si on veut que les amerloques rachètent le scénario, on fait intervenir Bruce Willis qui après avoir piqué l’antidote au docteur Frankenstein, ranime la minette qui n’était autre que la fille cachée de Walt Disney
    Réponse C
     : Les rois mages ayant vu dans le ciel l’étoile annonciatrice du décès de la princesse, ils convoquent les chevaliers de la table ronde pour partir rechercher le saint Graal capable de faire revivre Blanche Neige.
    Réponse D : Si vous croyez que je vais laisser l’histoire se finir en eau de boudin, c’est faire un mésusage de votre capacité à positiver. Essayez donc d’imaginer ce qui va suivre !

     Glossaire
    Fricoter
    c’est ici se livrer à une activité coupable. S’emploie aussi pour faire bombance, avoir des relations sexuelles, gaspiller, et faire des manigances. C’est un des rares mots d’argot qui a autant d’acceptions différentes.
    En loucedé ou lousdé,loucedoc, lousdoc -  en douce, discrètement en catimini, mais ce n’est pas du louchebem, l’argot des bouchers lyonnais et parisien, c’est du largonji un code utilisé par certains professionnels au XIXème siècle et dont quelques mots ont été perpétués par les « mauvais garçons ».
    Jeter de la grêle c’est médire, par opposition à jeter de la pommade qui est flatter, mais le résultat est pareil, c’est de la moquerie.
    S’enquiller, s’introduire, pénétrer dans un lieu, sur une route, un endroit balisé. Autrefois enquiller signifiait cacher entre les cuisses un objet volé à la détourne. Quille c’est la jambe.
    Entuber c’est tromper escroquer ; à l’origine c’était sodomiser sans connotation péjorative. Aujourd’hui le terme est galvaudé et remplacé par enculer qui reste plus injurieux.
    Traîne-patins c’est un miséreux, un vagabond, mais toujours louche à l’inverse du clochard volontaire ou du Sdf involontaire.
    Trimbaler sa viande c’est se promener nonchalamment ou marcher avec difficulté. Péter la miaille, expression lyonnaise pour se faire la bise.
    Glandouiller c’est en principe perdre son temps où se trouver dans un trou perdu ; le terme s’utilise donc pour comprendre la situation d’une personne qui ne semble pas à sa place.
    Se remuer le lard c’est se décider à agir en se déplaçant.
    S’abouser, belle métaphore lyonnaise pour signifier qu’on tombe en s’écrasant comme une bouse de vache.
    Blouser, duper, tromper. Se faire blouser, c’est se faire avoir.
    Dépoter son géranium  encore une façon de mourir.
    Finir en eau de boudin, se dégrader, mal finir.


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  • Mon chat est pratiquant : le vendredi donnez-lui à choisir
    entre le ronron à la viande et le ronron au poisson,
    il choisira le ronron au poisson
    .
    Jean Carmet – Je suis le badaud de moi-même.

    Où Caroline sauve sa copine tandis que la reine fait une pause.

    Dirigeons notre caméra en direction du bruit de moteur pétaradant qui s’amplifie en arrivant vers la chaumière. Bon sang, mais c’est bien sûr, il s’agit bien de Caroline.
    Épisode 13 – Encore un essai manqué mais c’était moins une !Elle se pointe au volant de sa « Benz Vélo » la première voiture brevetée et commercialisée en série en 1886. Elle comporte deux roues arrière conductrices, un moteur à un cylindre horizontal avec un arbre à cames vertical. Ce bijou peut quand même atteindre des pointes de 25 kilomètres à l’heure.
    Arrivée devant le perron, elle actionne son klaxon à poire mais ne voyant pas sa copine sortir, elle descend de sa calèche motorisée. Intriguée par la fenêtre entrouverte, elle zyeute à l’intérieur et borgnotant sa pote, raide sur le carrelage, elle récupère dans le coffre de la tire, la trousse à pharmacie qui, à cause des pannes et des retours de manivelle, est livrée en sus d’un nécessaire de réparation.
    De son sac Prada, elle sort le rossignol que lui a offert son copain Arsène Lupin et déverrouille la porte d’entrée. Zieutant la princesse qui commence à bavocher, signe annonciateur que celle-ci va dévisser son billard. Caroline qui possède son brevet de secouriste, diagnostique un empoisonnement cutané.
    Elle repère la blessure superficielle au cuir chevelu, ce qui la rassure, car le poison vient à peine de commencer son infiltration. Elle le pompe avec l’aspi-venin et lui fait une piquouze de contre poison.
    Au bout de quelques minutes, la Princesse soulève ses mirettes en poussant un petit soupir. Elle sourit en reconnaissant sa voisine qui l’aide à se lever et à s’installer sur le canapé. Lorsqu’elle cause de sa mésaventure avec Mary Poppins, Caroline rebrique que c’n’est pas la vraie gouvernante, car celle-ci est toujours à Londres d’où elle lui a bigophoné la veille.

    - Il doit surement s’agir d’un nouveau stratagème de ta belle-doche déclare-t-elle car la mauvaise est plus tordue qu’un pied de vigne. Je te suggère de remettre nos soldes à plus tard. Préparons-nous un petit frichti pour nous remettre de nos émotions.

    Pendant ce temps, la marâtre qui a retrouvé son apparence, arrive au château. Elle s’enquille par l’entrée de la valetaille pour ne croiser personne. Une fois dans sa piaule, elle se torche un bon verre de whisky et clique sur la touche ‘’on’’ du miroir magique. En reluquant la sale bouille de Gastounet, elle pige qu’il y a encore du gravier dans les lentilles. Il a les chocottes comme un astibloche que l’on présente à un hameçon. Avant qu’il ne commence à bafouiller, la Reine Mère jacte :   

    Te caille pas le raisin, rien qu’à arnoucher ta face de carême, j’augure que tu vas encore déballer des salades pour noyer le poiscaille ! Autant te la ramener tout de suite à la case départ et t’allonger derechef sur ce qui c’est passé, ça nous fera un bonus.        

    Votre Grandeur est trop bonne ! Se répand le Génie trop heureux de se la jouer lèche-carpette.   Il poursuit : - Caroline, la bergère de Charles s’est radinée chez les rase-moquettes dès que tu avais mis les bouts. Elle a toujours du sérum anti venin depuis l’an passé lorsque Laura la pisseuse a débusqué un serpent à sonnette. La nouillette avait cru que c’était une des maracas oubliée par les Mariachis qui avaient donné un spectacle au village voisin de Trifouillis les Oyes. Heureusement, le crotale n’avait presque plus de venin, et la gosse soignée tout de suite en fut quitte pour une grosse fièvre.

    La reine commence à trépigner et Gaston reprend très vite :
    En fait, ton peigne empoisonné a ripé sur le serre-tête de Blanche Neige et l’écorchure a été trop superficielle pour que le venin agisse rapidos. C’est bien la scoumoune qui nous poursuit.

    Dépitée, la teigneuse éteint le miroir laissant Gaston songeur.

    Le génie se revoit postuler pour un job très sympa au palais de Shéhérazade. Hélas, son pote Ali le devança et le coiffa au poteau en le laissant baba, et du depuis, ça faisait déjà mille nuits qu'il savourait les histoires qu'elle racontait à son Seigneur et maître ; ce soir ce devrait être la mille et unième. Gaston avait ensuite réussi son entretien d'embauche pour s’installer au château du roi Stéphane, mais le miroir ne fut jamais livré, car la fille du roi victime d'un maléfice, s'était malencontreusement piqué le doigt avec le fuseau d'un rouet. En conséquence, toute la smala, le père, la mère, la fille, les courtisans et les domestiques comme les animaux ainsi que les plantes vertes s'endormirent pour cent ans. Dépité, le génie retourna à la case chômdu jusqu'à ce qu'il dégote ce bisness à la gomme.      

    Je me suis vraiment fait arnaquer, gémit-il !

    Pour se consoler et la reine s’étant retirée, il en profite pour passer un coup de grelot à son pottos Ali afin qu’il lui narre le mille et unième conte de Shéhérazade.
    De son côté, la teigneuse décide de laisser murir sa rebiffe jusqu’à temps que la Princesse, les bas-des-miches et la famille Ingalls relâchent leur niveau de sécurité.

    Pendant une semaine, elle joue (ou plutôt devrais-je dire elle triche) aux tarots avec Platt-Fuss, l’épongeant de cent sacs qu’il lui refile d’ailleurs en monnaie de singe avec des faux fafiots. Puis un soir…

    Fin de l’épisode, À suivre...

    Que va encore imaginer la mauvaise ?
    Réponse A : Injecter de la strychnine dans un régime de banane
    Réponse B : Injecter de la mort au rat dans une portion de boudin
    Réponse C : Injecter de la ciguë dans une pomme « royal gala »
    Réponse D : Injecter de l’arsenic dans un panier de cerises orné de vieilles dentelles « Mangez des fruits pour être en bonne santé ! » En est-on bien sur ?

    Glossaire 
    B
    orgnoterc’est regarder avec insistance.
    Dévisser son billard
    être à l’agonie, mourir.
    Belle-doche
    belle-mère.
    Frichti
    vient de l’alsacien fristick et du lorrain frichtick dérivé de l’allemand früchstück (déjeuner du matin), c’est en-cas, une nourriture simple.
    Piaule
    au XVIIème siècle il s’agissait d’une gargotte, un lieu malfamé avant de glisser petit à petit vers un appartement modeste. S’utilise aussi pour une chambre d’enfant toujours en désordre.
    Se torcher une boisson
    c’est boire un bon verre d’alcool, s’utilisait au début du XXème siècle pour prendre une cuite dans le sens familier, ironique : « se mettre propre ». Dans le Nord-Pas de Calais torcher en parler régional signifie saucer, essuyer son assiette.
    Du gravier dans les lentilles
    familièrement cette métaphore désigne une situation qui comporte un désagrément.
    Radiner
    les puristes de l’argot auraient écrit Caroline a radiné chez les nains car le verbe radiner est intransitif et signifie venir, arriver, s’amener. Peu à peu radiner est devenu se radiner en forme pronominale.
    Scoumoune
    nous connaissons tous ce terme qui désigne une forte malchance, il vient depuis 1930, des truands corses et marseillais, pour désigner la scomun qui dérive du latin excommunicare et l’excommunication était ce qui pouvait arriver de pire dans les autrefois.      


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  •   « Deux milliards d’impôts nouveaux !

    Moi j’appelle plus ça du budget, j’appelle ça de l’attaque à main armée ! »

    Jean-Paul Belmondo, La chasse à l’homme. 

    Où la princesse trop confiante baisse la garde. 

    La reine s’adresse à Platt-Fuss :
    - Je suis grillée comme vedette de la télé. Tu n’aurais pas dans tes cartons un personnage que je puisse incarner et qui redonnerai confiance à la mijaurée ?
    Le sorcier maléfique plisse le front, signe d’intense réflexion jusqu’à temps qu’un sourire teigneux détende son visage :
    - Tout le monde connait la gouvernante-magicienne qui gratte chez la famille Banks en s’occupant de leurs quatre moufflets. Distinguée et coquette, elle présente tous les critères d’une personne inoffensive et les momignards de notre contrée la connaissent. Qu’en penses-tu ?
    - Tu ne crains pas qu’elle se méfie ? Londres, ce n’est pas la porte à côté. Comment vais-je justifier ma présence par ici ?  
    - Te caille pas le raisin, je vais t’affranchir ! 

    Platt-Fuss lui explique par le menu, son plan que la Reine accepte et le soir après avoir répété le mot magique indispensable pour conclure, elle part se jeter dans les torchons toute ragaillardie.

    Tandis qu’elle est confortablement installée dans les bras de Morphée...
    Pour les ceusses qu’auraient fait péter les cours de Mythologie, je rappelle que Morphée n’est pas une greluche, mais un greluchon. Dans la mythologie grecque, Morphée, dieu des rêves, est le fils d’Hypnos, dieu du sommeil et de Nyx, déesse de la nuit. Il est souvent représenté par un jeune homme tenant un miroir à la main et des pavots soporifiques de l’autre (l’ancêtre du chichon ou haschisch pour ceux qui ne maitrisent pas le parler jeune et que sont allés ni au collège, ni au lycée). Il donne le sommeil en t
    ouchant une personne avec ses pavots. Il lui procure également des rêves pour la nuit. Les bras étant symbole de sécurité mais aussi de force, on comprend pourquoi cette image est restée pour désigner une personne qui dort profondément.

    La Reine fait un rêve chouettos : sa belle-fille a enfin passé l’arme à gauche et elle peut se pavaner à la cour où les échines-courbées rivalisent de tournures alambiquées pour vanter ses mérites et s’extasier sur sa beauté… Elle poursuit ses rêves maléfiques où cette fois, elle enferme par un sortilège, Gaston dans une lampe à huile, lorsque au moment de savourer sa mauvaise blague, le Lapin Compte-Minute la réveille à la petite aube, sur le coup des six plombes et demi.

    Pour les ceusses qui s’interloquent, je précise qu’il s’agit d’un gros lièvre blanc, cousin germain du lapin anglais d'Alice, une momignarde de la gentry qui crèche au pays de la mère Veille. Celui-ci exerce les fonctions de réveille-matin car, à l'inverse de son cousin, il n’est jamais en retard. Il dispose, dans un  appartement, contigu à ceux de la marâtre, d'une petite pièce équipée d’un ensemble de trois sabliers. Le premier déverse son contenu en une heure, le deuxième en un quart d'heure, le troisième en trois minutes ; ce dernier ne sert d’ailleurs qu’à la cuisson des œufs à la coque dont le bestiau est particulièrement friand.
    Comme chaque soir, Il prend son poste un peu avant minuit, et attend que le pétzouille branché sur l'horloge du beffroi, commence sa patrouille, sa hallebarde à la main, en braillant : « il est minuit, dormez en paix braves gens !», dès cet instant, notre grandes-oreilles déclenche son chrono-sable. Après avoir tourné six fois le grand sablier et deux fois le moyen, il tire sur le cordon placé le long du mur mitoyen à la chambre royale. Ce cordon actionne de l’autre côté un pied articulé qui propulse d'un coup dans les miches, un petit oiseau, un coucou suisse, hors de son nichoir. Ce dernier réveillé brutalement et en colère, piaille au dessus du pucier royal, réveillant à son tour la Reine qui lui balance sa mule de vair, pour qu'il retourne dans sa boite.
    Je rassure les lecteurs, cette coutume barbare est désormais interdite par un décret inspiré, par la Société Protectrice des Emplumés dirigée par Frigide Darbot, une ancienne star du cinématographe.  
    La Reine après avoir pris son benco et s’être apprêtée, et pour éviter le risque d’un retour anticipé des mini-mineurs, se décabane et trace sur le ruban qui conduit à la chaumière des nains où elle arrive en fin de matinée. Elle est revêtue du costume ad hoc’ de la nurse, bitos et pébroque compris ; elle s’asperge le visage du spray de la mixture concoctée par Platt-Fuss. L’illusion est parfaite, elle est devenue le portrait craché de Mary Poppins. Elle toque à la lourde.      
    - Qui êtes-vous et que venez vous faire ici ? Demande Blanche-Neige.      
    Episode 12 – Mary Poppins et le peigne empoisonné- Je m’appelle Poppins, Mary Poppins, déclare la marâtre qui avait vu tous les films de James Bond ! Je dois signer un contrat avec les parents de Laura surnommée, la Marie pisse-trois-gouttes. Connais-tu  cette famille ? Puis-je entrer ? Nous serions mieux à l’intérieur pour en parler !      
    - Désolée ! Je ne peux délourder, mais approchez-vous de la fenêtre à main droite !

    La Reine se déplace vers la droite. Elle se retrouve pique-plante devant un fenestron qui certes peut laisser passer une personne, à la condition qu’elle soit de la taille d’un mannequin anorexique mais qui ne permet pas, à un intrus potentiel, même en se contorsionnant de pénétrer par effraction dans la maison. Elle n’en est pas contrariée car cette réaction était prévue ; le plan consiste à rester à l’extérieur pour endormir la méfiance de la princesse avant de lui porter l’estocade. Celle-ci a d’ailleurs ouvert la vitre et se montre curieuse d’en apprendre d’avantage.      
    - Vous ne gardez plus les enfants Banks ? Comment êtes vous arrivée jusqu’ici ? Je connais bien Caroline, la mère de Laura, mais elle ne m’a pas parlé de vous ? Pourquoi aurait-elle besoin d’une nurse ?     
    La fausse Mary Poppins sourit et prend la parole :      
    - Bigre ! Quelle déferlante de questions. Ne sommes nous pas dans une contrée qui d’ordinaire est plus calme qu’une cour de récréation en période de vacances scolaires ? J’ignore tes craintes mais ne te caille pas le raisin, je ne vais pas m’éterniser. Indique-moi seulement le chemin pour rejoindre ton amie. Mais tout d’abord, pour répondre à ta demande, je te précise que les enfants Banks sont en villégiature avec leurs parents et Caroline m’a sollicitée pour que Laura ne soit plus un garçon manqué et apprenne les bonnes manières du grand monde. Comment suis-je venue ? J’ai tout simplement utilisé un courant ascendant qui a poussé très rapidement mon parapluie jusqu’à ta chaumière. Le trajet a été si rapide que j’en suis toute décoiffée et mâchurée à cause de mon rimmel qui a coulé. Pourrais-je avoir un miroir pour me dépoutroner ?        
    Blanche-Neige fait rapidement fonctionner ses boyaux du cerveau :        
    - Tout le monde sait que Mary se déplace avec son trogne-pouce magique comme si elle est aux commandes d’un planeur. Ensuite, la momignarde de Caroline a effectivement besoin d’être recadrée car elle ressemble davantage à Petit Gibus le gamin de Longevernes, le village célèbre par sa fameuse bataille dite « Guerre des boutons », qu’à une vraie jeune fille. Enfin, la coquetterie de Mary est aussi légendaire que son habitude de se regarder dans les vitrines des magasins ; il est donc logique qu’elle me réclame un miroir. Je vais le lui apporter et faire un dernier test, conclut en pensée, la Princesse.       
    C’est ainsi qu’elle revient rapidement avec l’objet souhaité et dépose deux verres et un cruchon d’eau fraiche, sur le rebord du fenestron.       
    - Ne trouvez-vous pas qu’il fait soif ? Dit-elle négligemment.       
    - Tu as raison ma belle ! répond la travestie. J’ai toujours quelques sirops dans ma besace. Quel parfum désires-tu ?        
    - Pomme-cassis ! 
    - Parfait, approche ton verre !     

    La Reine affranchie par son sorcier de cousin avait eu la précaution de remplacer son sac Hermès par une imitation du sac, apparemment vide, de la gouvernante et duquel elle pouvait sortir une foultitude d’objets les plus divers ainsi que n’importe quel sirop qui corresponde aux demandes les plus farfelues. Le piège était donc en train de se refermer car la gisquette était maintenant persuadée d’avoir affaire à la véritable Mary Poppins.         
    Tout en retouchant son maquillage, la reine observe sa bru qui griffonne sur un papelard, sorti de son sac Vuitton, un plan, assorti d’indications, pour lui permettre de se rendre à la petite maison dans la prairie.        

    - Ce n’est plus le moment de pinailler, il faut que je profite de mon avantage. Un passage en force me semble réalisable ! décide la mauvaise. Elle pronnonce le mot magique :        
    - Supercalifragisticexpidélidocious ! provoquant à cet instant, un léger zéphyr qui se manifeste en soulevant quelques mèches de la chevelure bien ordonnée de Blanche-Neige, lesquelles viennent se positionner devant ses yeux. L’occasion est trop belle et la Reine s’empresse de la saisir.         
    - Ne te casse pas le bourrichon, j’ai un peigne dans ma trousse à maquillage, penches la tête, je vais te recoiffer !         

    « Fatalitas ! » Aurait-dit Chéri Bibi. En deux coups de cuillère à pot, le sort de la Princesse est scellé. D’un geste rapide la marâtre, écorche le cuir chevelu de sa belle-fille qui se redresse la respiration coupée sans pouvoir dire un mot s’abousant une fois de plus sur le carrelage de la cuisine. La reine arnouche la malheureuse qui git inanimée au sol. Elle aurait bien voulu s’assurer que la punaise a bien avalé sa chique, lorsqu’un bruit bizarre, une sorte de pétarade, qui allait se rapprochant, l’incite à se barrer pour ne pas se faire arquepincer. Elle calte vers son château en maugréant :
    - Gaston n’a pas intérêt à me faire poireauter pour me confirmer que j’ai enfin le ticket gagnant. Sinon je le renvoi en port du au calife de Bagdad
    .
     

    Fin de l’épisode, à suivre.

    Nos nerfs sont mis à rude épreuve, la deuxième tentative d’assassinat serait-elle la bonne ?

    Réponse A : Oui et la voiture qui rallège est conduite par « Le chasseur de sorcières » ; il va remplacer le cadavre de Blanche-Neige par celui d’un sosie chargé d’infiltrer le village de Storybrooke où, dans un monde parallèle, la méchante reine est le maire ; il pourra ainsi l’éliminer et mettre la fausse Blanche-neige sur le trône vacant. Ensuite... mais je déraille, je suis en train de dévoiler une nouvelle histoire.
    Réponse B : Blanche-neige ayant dévissé son billard, la marâtre après avoir eu confirmation de Gaston, va renvoyer ce dernier en Perse. Elle va investir Storybrooke où résident tous les personnages de contes pour se faire élire maire et grâce à sa magie les rendre amnésiques, bloquer le temps et rester éternellement la plus belle en étant toujours crainte et respectée par l’ensemble de ses administrés.
    Réponse C : Fabulgone est en plein délire et pétage de plombs. Revenons à la normalité. Ce sera Caroline qui sauvera in-extremis la vie de la princesse grâce à l’aspi-venin qu’elle garde toujours dans son sac à main Prada.
    Réponse D
     : L’ambulance vient d’arriver au domicile de Fabulgone. Deux infirmiers maous costauds le saisissent sans ménagement et lui mettent la camisole avant de l’embarquer pour Charenton. Fin du feuilleton !!!

    Glossaire :
    Se jeter dans les torchons, se pieuter : aller se coucher.
    Momignard, momignarde : garçon et fille enfants ; greluche, greluchon : fille et garçon adultes.
    Petzouille : homme du commun.
    Se cailler le raisin : s’inquiéter.
    Se dépoutroner : une poutrone est une femme de mauvaise vie, trop ou mal maquillée et donc se dépoutroner c’est reprendre un visage sans excès de maquillage.
    Trogne-pouce, ce mot était utilisé par la mère Cotivet pour désigner son parapluie. Notre pipelette lyonnaise, interprétée par Elie Perigot Fouquier, se produisait sur radio France Lyon de 1927 à 1971. Elle habitait au « cent moins n’un » 99 Montée de la Grand’Côte en bas des pentes de la Croix-Rousse.
    Pinailler : tergiverser, trop réfléchir avant d’agir.
    Se casser le bourrichon : réfléchir sur ce qu’il faut faire.
    Poireauter : attendre debout ; en parler lyonnais on dit être pique-plante. 


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  • On ne cesse pas de rire parce qu'on devient vieux
    On devient vieux parce qu'on cesse de rire

    Jean Nohain

    Où les cours de secourisme sauvent la princesse, avant que la Reine ne prépare sa sournoise et prochaine attaque. 

    Bouftou réagit illico. D’un coup de talon il écrase la télécommande ce qui bloque le processus de resserrement et ouvre le tiroir du meuble de la cuisine d’où il sort un couteau à désosser de son étui. En moins de temps qu'il n'en faut à une aubergine pour sortir son carnet de contraventions et aligner un gnasse, qui a posé sa caisse, sans s'allonger d'un ticket de parcmètre, il sectionne les lacets de la guêpière. Le résultat ne se fait pas attendre et notre minette reprend des couleurs, sans toutefois reprendre son souffle. Rêveur qui a son brevet de secouriste, roule à la gamine, un patin du genre pompier professionnel qui remet en route l'oxygène de ses deux soufflets, qu'elle a fort jolis d'ailleurs. Ses pommettes rosissent et ses mirettes retrouvent la teinte bleue et limpide d’une aigue-marine. Rêveur quant à lui rougit d'avoir, pour la première fois, pratiqué son art sur une drôlesse somme toute pas craignosse et il se retrouve planant sur un petit nuage.  

    Rêveur le fait redescendre sur terre par le truchement d'un léger coup de latte dans les chevilles et lui demande :

    - Pendant que la gosse se requinque, appelle Cosinus sur son portable pour l'affranchir. Je m'occupe du pif de Dandy ! 

    Inutile, je vois nos aminches ralléger au loin sur la route qui poudroie sous le soleil qui flamboie éclairant l'herbe qui verdoie. 

    Il me semble utile de préciser ici que notre ami a une cousine qui est nonne. Elle se prénomme Anne, et exerce la fonction de surveillante au château du roi Catodik, dont l’épouse espère toujours le retour de son fils. Anne, s’installe tous les matins dans l’échauguette à l’angle droit du pont-levis pour scruter la route et répondre plusieurs fois par jour aux demandes de la Reine.

    - Anne, sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

    Hélas, l’horizon reste désespérément vide. Mais revenons à notre histoire…

    Les quatre nains se pointent sur leurs bicyclettes, sifflotant et pédalant en danseuse, Cosinus en tête et lorsqu'ils pénètrent dans leur chaumière, Blanche-Neige est sortie du colletar ; elle a remis son corsage sur son corps sage et rangé son larfeuille dans son sac Vuitton. Elle est occupée à se  repoudrer son petit nazibus qui n'a rien à envier à celui de Cléopâtra, la jojolle de la pub qui prend son bain d'ânesse en vantant les mérites d'une savonnette.

    Tout le monde s'installe au salon ; une tournée de blanc est servie et en sirotant leurs godets, les sept Nains, esgourdent sans moufter le récit de la Princesse. Cosinus félicite Bouftou et Rêveur pour leur intervention rapide, énergique et efficace et il recommande à Blanche-Neige de ne plus délourder à personne. Grisbi et Dynamite, installent une serrure dotée d'un verrou inviolable qu'ils ont récupérée sur une ceinture de chasteté ayant appartenu à une des femmes de la Barbe Bleue. Ainsi, dès le lendemain, ils verrouilleront la lourde et garderont la clé quand ils tailleront au chagrin.

    La soirée se passe sereinement. Ils regardent à la téloche les infos de vingt heures qui déverse son flot habituel de délicieusetés : tsunami en Asie, guerre en Afrique, crise financière en Europe, fusillades, hold-up, attentats, accidents...  Hercule réfléchît tout haut :

    - Dire que chaque année, ils organisent une cérémonie pour délivrer un prix Nobel de la paix. C'est quoi la paix dans ce monde perturbé ? 

    - Ne te fait pas bouillir la cafetière lui sourit Blanche-Neige, les journaleux ne montrent que le côté obscur de la planète. C’est pour sacrifier à leur idole, l’audimat. 

    Petit retour arrière. 

    La Reine toute guillerette qui avait repris sa trombine habituelle trottine sur le ruban qui la ramène au château. Dès son arrivée, elle rejoint Platt-Fuss pour l'affranchir du succès de leur plan. Ensuite elle cavale dans sa piaule où, d'un coup de zapette magique, elle se branche sur son miroir et interpelle Gaston : 
    - Pourquoi arbores-tu cette face de carème ?

    Épisode 11 - Sauvée ! Mais la marâtre ne désarme pas.- Écoute ma poule, je trouve un peu gonflant et réducteur de toujours radoter dans le même registre. Pour changer et si ça te branche, je peux te fourguer les six bons numéros du loto avant qu’ils soient annoncés par Valérie Payet ou le fils Martin. En prime, je t'offre le ticket gagnant du quinté plus. Un pote à moi gratte dans les paddocks. Il est en cheville avec les bookmakeurs. T'alignes dix sacs et tu palpes une brique; c'est bonnard, non ! Vu que je suis le bon zigue, je te cloque gratos la solution de l'énigme du siècle: « Pourquoi la vache qui rit, rit- elle ? »... C'est parce qu'elle est olé au lait.

    Gaston se bidonne, mais il est vite arquepincé par la dure réalité de l'existence lorsque la Reine furibarde, lui souffle dans les bronches.

     - Tu me les brises menus avec tes fadaises, je t'ai posé une question et j'attends la réponse. Si tu tergiverse encore, je te fais mettre la tronche sur le billot et j'envoie un SMS à Charles pour qu'il s'amène avec sa hache.

    Cette perspective déplait au génie qui ne se voit pas jouer les hommes troncs, et il se résout à lâcher le morcif.

    - C’n’est pas Dieu posse que d'y croire, ma Grande, mais crois-moi, nous avons la scoumoune, la pestouille, le guignon, le bocal de cerise car la mignonne que j'arnouche est toute pimpante. Elle vient de sortir de son sac Vuitton une filoche, car demain elle accompagne Caroline aux soldes. Pendant qu'elles feront rougir la carte bleue, Charles débitera quelques stères de bois et je le vois en train d'affuter sa hache. De son côté... 

    - Arrêtes tes piapiateries, j'ai le palpitant qui s'emballe. C'est quoi cette embrouille ? Pourquoi la sale gosse n'est-elle pas calanchée ? 

    - A dire vrai, ma Reine, pendant que tu officiais auprès de la donzelle, cet ahuri de Dandy s'est éclaté le tarbouif. Il a fallu le rafistoler et les nains ont déhotté plus tôt du turbin afin de soigner le maladroit et aussi pour permettre que Grisbi fasse la déclaration d'accident du travail à la sécu. Tu venais à peine de tourner au coin du bois quand ils sont arrivés à la casbah. Bouftou s'est précipité pour décorseté Blanche -Neige qui commençait à fermer son parapluie puis il l'a réanimée. La belle bougresse s'est rétablie et donc, te voilà à nouveau première dauphine. Mais à part ça ma Reine, tout va très bien, tout va très bien ! 

    La Marâtre piaule au charron à en faire trembler le miroir. Le pauvre Gaston n'en mène pas large.
    - Es-tu bien sûr de n'avoir pas fumé la moquette ou quelques champignons hallucinogènes ? Es-tu bien branché sur le bon canal ? Ne peut-il pas y avoir gourance ? Questionne la Reine.
     

    - Que nenni, et tu sais bien que je suis programmé pour ne jamais mentir ! confirme Gaston. 

    La mauvaise, ivre de rage, déconnecte le miroir et débaroule en bougonnant, via l'ascenseur de sa piaule, jusqu'à son laboratoire secret. Le sorcier en la voyant cramoisie et fumant du bocal, reste planqué dans un coin, sans moufter, laissant passer l'orage. 

    Tout en ronchonnant, elle concocte fiévreusement un poison à base de poudre de pustules de crapaud, de viscères de fugu et de venin de scorpion qu’elle verse dans un petit creuset de cristal rempli à moitié de bave d’escargot. La préparation terminée, elle en badigeonne, les dents d’un peigne à chignon en corne (la corne est un produit naturel qui retient bien le poison dixit : Locuste empoisonneuse de Britannicus, Fransesca Giordano empoisonneuse des Borgia, La Brinvilliers, La Voisin... pour ne citer que les plus célèbres) qu’elle laisse sécher quelques minutes à l’air libre et, se retourne vers Platt-Fuss... 

    Fin de l’épisode, à suivre...

    Que va proposer la marâtre ? 

    Réponse A – Je vous sens impatients(es) de connaître la suite ! Pas de panique elle arrive bientôt car comme le dit Fabulgone : « rien ne sert de courir… si on n’est pas pressé ! »
    Réponse B – De nouveau transformée, la reine va réussir à écorcher le cuir chevelu de la princesse qui va en ravaler sa chique.
    Réponse C – Oui, mais Caroline va se pointer sur ces entrefaites pour accompagner son amie aux soldes. Elle va la sauver in-extrémis. 
    Réponse D – Pas du tout, Blanche-Neige va se transformer en crapaud (erreur de dosage du poison). La reine prenant le crapaud pour un prince va lui taper la bise ; elle va se retrouver transformée à tout jamais en sorcière la plus moche de tout le royaume tandis que le batracien part rejoindre la mare la plus proche.
     

    On n’est pas sorti de l’auberge ! 

    Glossaire
    Gnasse ou gniasse
     : quidam ordinaire
    Soufflets : les poumons et par extension seins, sachant que plus de cinquante mots d’argots désignent les seins féminins
    Un coup de latte : coup de pied chaussé puisqu’une latte est une chaussure ; par contre, latter c’est donner un coup de pied chaussé ou non.
    Sortir du colletar : se réanimer : coaltar, colletar ou coltar état d’ivresse ou d’évanouissement, voire situation embrouillée.
    Larfeuille : portefeuille, porte-cartes.
    Tailler au chagrin : aller au travail, le chagrin c’est l’emploi salarié ou non.
    Se faire bouillir la cafetière : c’est la vraie prise de tête.
    Partir de la caisse : être pris des bronches, pneumonie limite emphysème. 
    Cracher au bassinet : c’est avouer mais pas spontanément. 
    Arquepincer : se faire rappeler à l’ordre, se faire arrêter, interpeller en étant saisi. 
    Scoumoune, pestouille, guignon, bocal de cerise : quelques termes traduisant la malchance. 
    Arnoucher : scruter, regarder avec attention, du pur San-Antonio (son dictionnaire). 
    Filoche : sac pour les courses, filet à provisions en parler lyonnais. 
    Calancher, fermer son parapluie : mourir.
    Piauler au charron : hurler en s’énervant, monter sur ses grands chevaux. 
    Fumer du bocal : être rouge de colère. 
    Ravaler sa chique : agoniser
     


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