• 23 - La valse des empereurs

    Heureusement pour les gones, Galba ne resta empereur que quelques mois avant d’être renversé par Othon qui fut à son tour éliminé par Vitellius en janvier 69 lequel reçut un accueil triomphal à son arrivée à Lugdunum en février. Cette fois ce fut au tour des Viennois d’avoir à payer un tribut pour que la ville ne soit pas pillée. Pour fêter Vitellius, de grandes réjouissances furent organisées à l’amphithéâtre des trois Gaules. Les spectateurs assistèrent entre autres (un siècle avant que Blandine ne s’y colle) au sacrifice d’un dénommé Maricc qui devait servir de casse-croûte aux lions. Faut dire qu’il s’agissait d’un marque-mal un peu secoué de la cafetière et qui se prenait pour un envoyé des dieux, genre gourou si vous voyez ce que je veux dire ; il avait tout de même réussi à entraîner 8000 hommes à se révolter contre Rome avant de prendre la pâtée. Mais les lions sans doute allergiques aux illuminés, l’épargnèrent. Alors, pour pas casser l’ambiance, l’empereur le fit servir de cible à quelques légionnaires qui s’entraînaient justement au tir à l'arc, et le spectacle put reprendre.

    24 - La valse des empereursCette même année Vitellius fut assassiné sur ordre de Vespasien, chef des armées d’Orient et plébiscité par ses troupes pour prendre la toge impériale qu’il conservera dix ans. De mauvaises langues disent que s’il a instauré les édicules publiques c’est pas tant pour l’hygiène publique que pour rester en odeur de sainteté. 

    Soucieux de sa succession, dès 70, il avait fait installer Domitien son rejeton matru à Lugdunum en qualité de légat ce qui le plaçait en bonne position pour lui succéder. Ce fut toutefois son frère aîné Titus que l’on intronisa en 79. Ce dernier, comme Néron, commença en gérant correctement l'Empire, mais très vite tout partit en cacahuète car il vira bredin, les boyaux du cerveau tout détrancanés. Heureusement, en 81 il eût le bon goût d’aller fumer les pissenlits par la racine en fermant son parapluie.

    Domitien qu'était pas le mauvais bougre s’efforça de tenir la route. Au cours de son règne, il séjourna à Lugdunum à deux reprises. Tout d'abord en 83 avant d’aller se bigorner avec les Chattes (pas les minettes des greffiers mais les redoutables guerriers germains qui se laissaient pousser les cheveux et la barbe, avec un anneau dans l’oreille, jusqu’à tant qu’ils trucident leur premier ennemi) qui venaient incursioner en Gaule car ils étaient un peu pillards, paillards et ripailleurs. Il y revint en 89 pour mâter cette fois la rébellion d’Antonius Saturninus, gouverneur de Germanie Supérieure et qu’aurait bien voulu être calife à la place du calife. Domitien lui fit couper la tête ainsi que celles de ses copains qu’il exposa sur le forum à Rome ; il aurait alors déclaré " capita secare ! pedibus facerum est ! ", " coupez-lui la tête ! ça lui fera les pieds ! " mais c'est sous réserve. Ce qui est sûr, c'est que Bourvil a repris l'expression dans sa chanson les rois fainéants ". Hélas lui aussi devint parano... pas Bourvil... Domitien qui se la joua despote genre tyran et de surcroît persécuteur de patriciens, de sénateurs et de prétoriens, officiers de sa garde. Il se fit donc zigouiller à son tour comme de bien s’accorde.


    24 - La valse des empereursNerva âgé de 65 ans qu’était bien propre sur lui et dans sa tête, assura la transition de 96 à 98, préparant la place de Trajan qui régna dix-neuf ans en renforçant la romanisation des provinces et avant de rejoindre la grande faucheuse, il laissa l’Empire à son apogée territoriale. Hadrien de 117 à 138 consolida de son côté les frontières, notamment en Britannia où le mur de protection est resté aussi célèbre que l’est aujourd'hui la muraille de chine.

    Antonin le pieux qui lui succéda fut le seul empereur à régner en paix de 138 à 161, sans se chicorner urbi et orbi, consolidant lui aussi les frontières existantes. De ses quatre enfants, qu’il eût avec Faustina dite Faustine l’Ancienne, seule lui survécut Annia Galeria Faustina Minor, dite Faustine la jeune laquelle deviendra impératrice puisqu’elle avait épousé Marc-Aurèle.

    A l'incontraire des autres, Marc-Aurèle était philosophe stoîcien et il n'accepta la succession de son père adoptif que si Lucius Verus, lui aussi adopté par Antonin, partage la gestion de l'Empire. Il y avait eu des précédents et le sénat donna son feu vert pour que cohabitent deux empereurs.

    Pourtant malgré sa sagesse, c'est sous le règne de Marc-Aurèle que se produisit en 177 le drame... Mais c'est une autre histoire.

    A suivre


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