• Après avoir promulgué à Lugdunum, la loi offrant la citoyenneté romaine aux peuples gaulois, Claude de retour à Rome était lassé des turpitudes de Messaline son épouse qui se comportait en véritable poutrône. Sans autre forme de procès, il la fit mettre à mort. Faut dire qu’en ce temps-là, le glaive vengeur frappait plus souvent que la racine d’Amérique (tavelle, trique) de Guignol. Mais le Glaude qu’était un chouia benoni, une vraie moitié de bugne, s’enticha de sa nièce qu’il épousa en 49, venant par chez nous pour pas défriser les prudes sénateurs romains. Comme il se doit, tout le monde se sont mis en dimanche aussi tant pour la noce que les festivités qui s’ensuivirent : Courses de char à Trion, pestacle de thiâtre à l’Odéon, combat de gladiateurs à l’amphithéâtre des trois Gaules… Hélas, l’Agrippine valait pas mieux que sa tantine, une vraie gourgandine, plus teigneuse qu’une bardane de pucier (puce de lit). Le pauvre gone était tombé de charipe en margaude. Je voulais mettre de Charybe en Scylla qui sont deux monstres marins, mais charipe et margaude c'est mieux des fillasses mauvaises.

    23 - Un empereur chasse l'autreElle le fit si tant tourner en bourrique avec son fils Néron né d’un premier mariage, un marque-mal qui lui causait bien du tracas, si bien qu’il songeait à prendre des mesures et mettre leurs valises sur le paillasson. En 54, Il envisagea même de désigner Britannicus, le nouveau frère de Néron comme successeur. Les deux mauvais en avaient pris la pétoche et Agrippine circonvint Halotus, le goutteur de Claude, un eunuque qu’avait plus ses choses de la vie et qui lui servit avec un saucisson chaud truffé pistaché et des pom’terres rissolées, un plat de cèpes empoisonnés ; c’est-à-dire qu’il lui fit le coup de la marâtre de Blanche-neige en lui présentant le côté qui craint et dégustant au préalable le côté sain. Ça ne fit pas un pli, comme une Fanny à la belote ; Claude défunta et partit fumer les mauves par la racine aux Champs Elyséens (pas à Lutèce mais dans les enfers où vont les héros pour gouter un repos bien mérité : le petit coin de paradis des enfers si vous préférez !). 

    23 - Un empereur chasse l'autreDites-donc les mamis, ça vous fait pas penser à une série ??? Mais si voyons ! Game of Thrones, quand la reine Cercei Lannister organise le meurtre de son mari le roi Eddard Stark pour pouvoir faire couronner, avant qu’il ne soit évincé, son fils Geoffrey, un salaupiot cruel.

    Les époques changent, mais c’est toujours le même bazar. La soif du pouvoir rend fou. Tandis que la souaffe de Gnafron (maladie héréditaire et congénitable qui pousse à consommer quelques pots de beaujolais) le rend sympathique.

    Alors je vous y dis :

    - Mieux vaut une cenpote de beaujolais que cent potes beaux mais jaloux…

     

    Le nouvel empereur se conduisit potablement les premières années de son règne ; il adoucit le sort des esclaves et introduisit plus de justice en promulguant des lois sur les affranchis et les débiteurs Mêmement qu’il fut beaucoup regretté du peuple et des provinces et que sa tombe fut fleurie pendant de nombreuses années. Il avait quand même les boyaux du cervelet un peu détrancané vusse que s’étant chipoté avec sa miman qui le menaçait de lui préférer Britannicus, il fit à ce dernier le coup du champignon pas frais, l’empoisonnant en 55 ; et comme ça s’arrangeait pas avec sa maternelle, il la fit zigouiller aussi en 59. Par contre, rien ne prouve que ce fût lui qui fut à l’origine de l’incendie de Rome en 64. Mais comme des manges-crottes dégoisèrent qu’il avait mis le feu à l’esqueprès, il prit le foutrau et refila la patate chaude aux chrétiens qui furent un peu plus massacrés qu’à l’habitude.

     

    Loin de cette agitation, à Lugdunum, le Tres provinciare Galliae (Conseil des trois Gaules) vota une subvention de quatre millions de sesterces pour la reconstruction de Rome. C’est bien la preuve que c’est de la médisance de dire que le Lyonnais il est rapiamus, près de ses sous et qu’il a un oursin dans sa cache-maille (tirelire). Un bienfait n’est jamais perdu et l’histoire le confirme. Peu de temps après, en 65, Lugdunum fut presque entièrement détruit par un incendie. « Tant de superbes monuments, dont chacun aurait suffi à la gloire d’une ville, il n’a fallu qu’une nuit pour les mettre à bas. » écrivit Sénèque (le Stéphane Bern de l’époque), dans sa Lettre à Lucilius. Néron renvoya le monte-charge (l’ascenseur n’existait pas) en octroyant aux gones,  un don identique à celui qu’il avait reçu.

     

    Parmi les drames occasionnés par cet incendie, il en est un qui me touche particulièrement. Fabulan était seul dans sa domus proche de la cohorte urbaine chargée de protéger l’atelier monétaire, c’est-à-dire à la hauteur des thermes de Fourvière (rue des Farges actuelle) car sa fenotte Fabianne et ses mômes étaient en visite à Briandas chez Alanis la sœur de Fabianne. Il fut réveillé par les lueurs des flammes qui se propageaient, alimentées par un vent d’ouest soutenu, et avaient atteint sa propre maison. Aidé de soldats, il parvint à circonscrire l’incendie qui avait noircit quelques pièces, et à son tour, il se joignit aux sauveteurs avec lesquels, ils parvinrent à extraire un grand nombre de personnes de leurs domiciles. A la petite aube, le spectacle qui se présentait à eux était affligeant. Une grande partie de la ville était détruite et couverte de suie. Mais heureusement les victimes étaient peu nombreuses. En retournant chez lui, Fabulan s’aperçut que sa bibliothèque avait complètement brûlée avec tous les rouleaux sur lesquels il avait écrit les pièces du répertoire de sa marionnette fétiche, laquelle était elle-aussi, transformée en un petit tas de cendre. Il était triste de ne pouvoir transmettre tout ceci à ses descendants, mais se dit que d’autres prendraient le relais. La marionnette sera toujours l’amie des enfants, la mienne n’était qu’éphémère, ainsi en ont voulu les dieux ! pensa-t-il.

    Un malheur n'arrivant jamais seul, en 68 le légat de la Lyonnaise Caîus Iulius Vindex d'origine gauloise se souleva contre le pouvoir de Néron mais les gones restèrent fidèles à l'empereur. Alors les Allobroges de Vienne ralliés à Vindex, se coltinèrent aux Ségusiaves de Lugdunum qu'ils assiégèrent. Vindex fut vaincu par les légions de Germanie et se suicida, mais Néron du s'enfuir de Rome et fut remplacé par le princeps Galba nouvel empereur. Néron se fit donner la mort par un affranchi en déclarant : " Qualis artifex pereo ! " Quel artiste le monde va perdre !

    Les Viennois s'en retournèrent chez eux obtenant les faveurs de Galba qui, pour punir Lugdunum de son attachement à Néron, se livra à une politique de confiscations.

    A Suivre...


    1 commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires